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Politique

Procès de 17 manifestant ce lundi : les magistrats devant le fait accompli

Au moins 17 manifestants arrêtés pendant les marches du Hirak comparaîtront devant les juges ce lundi 11 novembre à Alger. Le tribunal de Sidi M’hammed sera ainsi le théâtre d’un procès historique une semaine après la fin de la grève des magistrats qui sont sortis pour revendiquer entre autre “une justice libre et indépendante. 

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Rassemblement des magistrats à la cour suprême le 04 octobre 2019 à Alger

Alors que les verdicts de deux procès de six manifestants à Sidi Mhammed, et 05 autres à Beb El Oued ( Bainem ) ne sont pas encore prononcés, au moins 17 manifestants passeront devant le juge à Alger dans les deux tribunaux de Said Hamdine et Sidi M’hamed. Ce procès historique  se déroulera un mois avant la présidentielle toujours contestée par les mêmes manifestants qui seront jugés.

Si le chef de l’état Major, Ahmed Gaid Salah, a clairement annoncé dans l’un de ses derniers discours que “les manifestants arrêtés en possession de drapeaux autres que le drapeau national ne seront pas relâchés”, les juges eux aussi, sont face à un procès décisif, une semaine après la suspension de leur grève qui a duré près de dix jours consécutifs.

“Libérer la justice

Les magistrats qui ont demandé le soutien de l’opinion publique pour “libérer la justice” ont clairement reconnu que “la justice n’est pas indépendante”. Ces derniers ont eu le soutien d’une bonne partie de la population surtout après l’affaire de la répression des magistrats à Oran à l’intérieur de  la cour par des gendarmes. Le mardi après cet incident, les étudiants ont apporté clairement leur soutien aux magistrats durant leur marche hebdomadaire  en leur assurant “qu’il faut se battre pour une justice libre et indépendante”.

Malgré l’annonce de la reprise du travail par le Syndicat National des Magistrats (SNM), les magistrats de la wilaya d’Oran n’ont pas repris le travail le lendemain comme dans les autres région du pays. Le club des magistrats s’est dit “surpris” par la décision du SNM qui a annoncé la mise en place d’un “atelier” pour l’indépendance de la justice après l’accord passé avec le ministère concernant le mouvement des magistrats contesté par le syndicat.

Après la marche du premier novembre, le juge d’instruction auprès du tribunal de Sidi M’hamed a placé 4 manifestants sous mandat de dépôt et 5 autres sous contrôle judiciaire pour la même affaire, qui est le port de l’emblème Amazigh. Mais la juge auprès du tribunal d’El Harrach, n’a pas ordonné de mise sous mandat de dépôt des deux manifestants arrêtés par la gendarmerie nationale pour le même motif.

” Ne pas appliquer les instruction extrajudiciaires “

Pour sa part, l’avocat et militant des droits de l’homme Mokrane Ait Larbi, a adressé une lettre aux magistrats qui ont enclenché une grève, dans laquelle il rappelle aux juges qu’ils “peuvent libérer la justice en appliquant la loi et ne pas appliquer les instruction extrajudiciaires”.

Les procès de ce lundi sont un vrai test pour ceux qui sont allés jusqu’à demander “le départ du ministre de la justice Belkacem Zeghmati”. Les manifestants seront-ils relâchés? En tous cas, le comité National pour la Libération des Détenus (CNLD) prépare déjà ses rangs pour ce procès historique. Selon le coordinateur Kaci Tansaout, “le procès peut durer plusieurs jours, et le tribunal de Sidi M’hamed sera pris d’assaut par les familles, avocats, journalistes et manifestants”.

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