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Politique

Censure des médias en Algérie: “Une atteinte au droit à l’information”

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

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La censure a fait des nouvelles victimes en Algérie. En plus de ceux déjà bloqués, l’accès à au moins trois sites d’information a été interdit mercredi. Cette censure collective a suscité une forte indignation sur la Toile algérienne qui a appelé à cesser “les intimidations contre la presse en Algérie dont les médias électroniques”.

Dès que les rédactions respectives des médias impactès dont Twala, Tariq News et Casbah Tribune ont fait part de leur blocage, plusieurs partis et personnalités politiques et des citoyens lambda ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié d'”atteinte à la liberté de la presse” et “au droit à l’information”.

Sur Facebook Said Salhi, vice-président de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) a dénoncé “une nouvelle attaque contre la presse électronique”.

“Les radios et site électroniques: Radio M, Maghreb Emergent, Casbah Tribune, Tariq News, Twala, TSA, Interlignes, Ultra Sawt, Ameslay, chihab, sont censurés ce mercredi 02 décembre 2020 et inaccessibles depuis l’Algérie !Encore une attaque contre la liberté de la presse et d’expression”, a dénoncé Said Salhi.

“Ces mesures arbitraires sont une atteinte flagrante au droit à l’information, à la liberté d’expression et de communication à quelques jours de la journée internationales des droits humains”, a condamné de son coté l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ).

A travers le même canal de communication, le Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a dénoncé une campagne de “cybercensure” et a estimé qu’avec ces pratiques “le pouvoir amplifie la colère citoyenne”.

Pour le chef de parti “par ces pratiques, le pouvoir amplifie la colère citoyenne et rajoute des ingrédients pour accélérer le retour des manifestations de rue”.

“À vos VPN”, a-t-il conclu en référence aux applications de Réseau privé virtuel qui permettent l’accès aux médias censurés en Algérie.

En plus des partis et personnalités politiques, des citoyens lambda ont appelé à la lever de la censure imposée à ces médias, dénonçant “la violation” à leur “droit à l’information”.

Une “volonté de verrouiller le paysage médiatique dans le pays”

Au delà des réactions au plan national, l’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF) a estimé jeudi qu’avec le récent blocage de plusieurs sites d’information, “les autorités algériennes confirment leur volonté de verrouiller le paysage médiatique dans le pays”.

Qualifiant ces censures d‘”entraves à la liberté de la presse”, RSF a appelé le gouvernement algérien à “respecter ses engagements internationaux”.

“L’Algérie figure à la 146e place sur 180 pays du Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu cinq places par rapport à 2019 et 27 par rapport à 2015″, a rappelé l’ONG.

Outre les médias bloqués depuis des mois en l’occurence Interlignes, Radio M, TSA et Maghreb Emergent, entre autres, d’autres médias se sont vus ajouter à la liste mercredi. Avec les nouvelles victimes notamment Twala.info lancé en octobre 2020, Tariq News et Casbah Tribune fondé par le journaliste incarcéré Khaled Drareni, les lecteurs se retrouvent interdits d’accéder à une dizaine de sites d’information en Algérie.

Cette série de blocage, faut-il noter, s’inscrit dans un climat de répression qui vise les militants du Hirak malgré la suspension, depuis mars dernier, des marches hebdomadaires en raison du coronavirus, mais aussi les journalistes.

En effet, le journaliste Khaled Drareni a été condamné le 15 septembre à deux ans de prison ferme pour “atteinte à l’unité nationale” et “incitation à attroupement”. Il a été arrêté en mars dernier alors qu’il couvrait une manifestation populaire. Depuis, il n’a pas été libéré.

D’autres journalistes sont dans le viseur de la Justice algérienne dont Said Boudour, condamné le 24 novembre par défaut à un an de prison ferme.



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