Appel à manifester contre le 5e mandat : panique chez les partisans de Bouteflika

Le temps est à la panique dans le camp des partisans du 5e mandat du président Bouteflika. L’appel à la manifestation, le 22 février prochain, contre la reconduction d’un chef d’Etat impotent, les fait trembler. Croyant pouvoir reproduire les mêmes scénarios qu’en 2009 et 2014, ils se sont heurtés à un rejet quasi-unanime de leurs discours et de leurs choix.

Crédit photo: DR | Manifestation à Alger en 2012 (Photo archives)

Le temps est à la panique dans le camp des partisans du 5e mandat du président Bouteflika. L’appel à la manifestation, le 22 février prochain, contre la reconduction d’un chef d’Etat impotent, les fait trembler. Croyant pouvoir reproduire les mêmes scénarios qu’en 2009 et 2014, ils se sont heurtés à un rejet quasi-unanime de leurs discours et de leurs choix.

 

Les manifestations enregistrées, déjà, dans plusieurs wilayas du pays, leurs fontt craindre le pire des scénarios, lors de la probable mobilisation de vendredi prochain. La peur est perceptible en tout cas dans leurs discours de ces derniers jours.

Ils se mettent ainsi à alterner entre menaces et appel au calme. Depuis mercredi dernier, des membres du gouvernement sont montés plusieurs fois au créneau pour alerter contre « les risques de déstabilisation » du pays.

Le premier à s’exprimer sur ce sujet est le chef d’Etat-major et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah. Ce dernier a adopté un ton menaçant en criant « aux ennemis intérieurs et extérieurs » qui guetterait l’opportunité pour « ébranler la stabilité du pays ». Le ministre de l’intérieur, Nourredine Bedoui a emboité le pas à Gaïd Salah, en menaçant lui aussi ces « ennemis intérieurs ».

Ce dernier a multiplié les déclarations, depuis le début de la semaine en cours. Il est revenu à la charge, ce mardi encore, en dénonçant « des tentatives de semer le doute et de gâcher l’élection présidentielle ».

« Nous le disons toujours, à chaque rendez-vous national dont nous voulons faire une fête, certains essaient de semer le doute et de la gâcher aux dépens de l’Algérie. Mais attention, nous sommes dans notre Etat, ancrés dans notre Algérie, nous construisons notre force sur celle de nos institutions », lance-t-il.

« Il n’est pas nécessaire de marcher »

Le directeur de campagne du chef de l’Etat, Abdelmalek Sellal a, lui aussi, mis en garde contre le recours à la rue. « Nous acceptons les opinions différentes. Chacun peut exprimer son opinion, mais de manière pacifique. Il n’y a aucun problème. Il n’est pas nécessaire de marcher », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Il faut qu’un jour nous puissions arriver à discuter entre nous ».

Ces menaces et ce discours seront-t-ils entendu par les opposants au 5e mandat ? La réaction de la rue est imprévisible. C’est la grande inconnue, dans la situation actuelle. Ce qui s’est passé hier à Khenchela, la mobilisation de Kherrata (Bejaia) et les manifestations d’Oran, de Belabbas, de Chlef, de Bordj Bou Arreridj et Jijel est mauvais présage pour les tenants du pouvoir qui craignent un nouvel octobre 1988.

C’est pourquoi d’ailleurs, des médias publics et « parapublics » sont instruits de mener campagne contre la manifestation du 22 février. Un responsable au ministère de la communication a même appelé, selon des sources, les responsables des journaux financés par l’argent de l’agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) leur demandant de dénigrer cet appel à mobilisation contre le 5e mandat.

Adsence Milieu article