Défiant la menace de Gaid Salah, le peuple exige un « Etat civil et non militaire »

Les manifestants à Alger brandissent une banderole sur laquelle est inscrit : Libérez les détenus d'opinion

Crédit photo : INTERLIGNES | Les manifestants à Alger brandissent une banderole sur laquelle est inscrit : Libérez les détenus d'opinion

Grande mobilisation et toujours la même détermination. Le mouvement populaire a démontré, aujourd’hui encore à l’occasion du 21e vendredi du Hirak, qu’il ne recule pas devant les menaces et les intimidations. Deux jours après le discours très musclé du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, les Algériens lui répondent massivement et dans l’ensemble des wilayas du nord du pays.  

 

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« Libérez l’Algérie », « Chaab yourid El istiqlal (le peuple veut son indépendance) », « Daoula Madania machi 3askaria (pour un Etat civil et non militaire) », lancent les centaines de milliers de manifestants qui ont marché à Alger et dans plusieurs villes du pays.

Défiant la chaleur caniculaire et les intimidations policières, les manifestants sont sortis en masse pour exprimer leur aspiration à vivre dans une véritable démocratie. Ils reprennent en chœur les mêmes slogans et affichent leur engagement à poursuivre le combat engagé, depuis le 22 février dernier.

En effet, à Alger, comme ce fut le cas depuis trois à quatre semaines, un important dispositif policier a été déployé au cœur de la capitale dès les premières heures de la matinée pour tenter dissuader les manifestants de marcher.

Huile usagée

Les agents en civil et en uniforme ont envahi les principales places qui accueillent les manifestants depuis le début du mouvement populaire. Ils réduisent les espaces à l’aide de centaines de fourgons cellulaires et ils procèdent à l’interpellation des premiers manifestants qui arrivent tôt.

Afin d’empêcher les manifestants de s’asseoir sur les marches, ils ont même versé dessus de l’huile, usagée, pour voitures. Un procédé nouveau qui donne une idée sur les intentions des tenants du pouvoir qui semblent avoir axé leurs efforts sur Alger en mobilisant le gros des effectifs de police dans cette ville afin de mettre un terme au mouvement populaire qui dure depuis quatre mois.

Mais tous ces procédés se sont avérés inefficaces. Les manifestants étaient au rendez-vous. Ils sont venus des quatre coins de la wilaya pour organiser plusieurs marches. La première s’est ébranlée à partir le place du 1er mai. Une foule importante composée de femmes, d’hommes, d’enfants et de vieux s’est rassemblée peu avant 14h00 pour rejoindre Alger-centre, où de nombreux manifestants étaient déjà rassemblés depuis le début de la matinée.

Tentation autoritaire

Ils reprennent les mêmes slogans hostiles au chef d’état-major de l’ANP et réclamant « un Etat-civil ». Une autre marche a été organisée à partir de la place des Martyrs vers la Grande poste. « Dites à Gaïd de Salah de se débrouiller une carte Chiffa, nous sommes éveillés et nous avons chassé Bouteflika », lancent les manifestants.

Les foules de manifestants ont convergé, par la suite, vers la Grande poste et la place Maurice Audin ont vibré pendant plusieurs heures au rythme des slogans revendicatifs habituels. Les protestataires ont aussi brandi des pancartes dénonçant la tentation autoritaire des tenants du pouvoir, refusant un « Etat militaire ».

Certains manifestants ont même fait le lien avec le match de l’équipe nationale de football qui s’est qualifiée, la veille, au dernier carré de la CAN 2019. « Lbarah Echaab m3a El Fariq et El youm dhid el Fariq (hier le peuple était avec l’équipe nationale et aujourd’hui le peuple est contre le chef de corps d’armée) », peut-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant à la place Audin.

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