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Politique

Censure et emprisonnement: Amnesty appelle les autorités algériennes à mettre fin au harcèlement des journalistes et des médias

Yasmine Marouf-Araibi

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L’organisation non gouvernementale, Amnesty International, a appelé, jeudi, les autorités algériennes à cesser “immédiatement” d’harceler les journalistes et les médias indépendants en Algérie.

“Les autorités algériennes doivent immédiatement mettre un terme à la campagne de plus en plus offensive de harcèlement des médias, dans le cadre de laquelle deux journalistes de premier plan ont récemment été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir simplement exprimé leurs opinions ou couvert des manifestations“, a déclaré Amnesty international dans un nouveau rapport.

« Les autorités algériennes sont prêtes à tout pour réduire au silence les voix critiques. Des journalistes ont récemment été emprisonnés pour avoir partagé des vidéos, critiqué le président et exprimé leur soutien à des mouvements de protestation », a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Ces déclarations interviennent quelques jours après la condamnation du journaliste et militant Abdelkrim Zeghileche à deux ans d’emprisonnement pour “offense à la personne du président”, entre autres accusations.

Le 24 août, un tribunal de première instance de la ville de Constantine a condamné le journaliste et militant Abdelkrim Zeghileche à deux ans d’emprisonnement en raison de deux de ses publications sur Facebook. Abdelkrim Zeghileche est le directeur de la station de radio indépendante Radio Sarbacane”, indique Amnesty International.

“D’après l’un de ses avocats, la première publication qualifiait le président algérien Abdelmadjid Tebboune d’« imposteur placé au pouvoir par l’armée » et est à l’origine des poursuites pour « atteinte à la personne du président de la République »“, poursuit-elle.

Mais Abdelkrim Zeghileche n’est le premier journaliste à être condamné à une lourde de peine d’emprisonnement. Khaled Drareni, journaliste et correspondant de TV5Monde et Reporters sans frontières (RSF) en Algérie et fondateur du site d’information Casbah Tribune a été condamné le 10 août à 3 ans de prison ferme. Poursuivi pour “atteinte à l’unité nationale” et “incitation à attroupement non armé”, Khaled Drareni a été “déclaré coupable en même temps que Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, qui ont tous deux été condamnés à une peine de deux ans de prison avec sursis”, rappelle l’ONG. Son procès en appel est programmé pour le 8 septembre à la Cour d’Alger.

D’autres journalistes font l’objet d’harcèlement judiciaire dont le journaliste Mustapha Bendjama, rédacteur en chef du journal régional Le Provincial , qui “a été interrogé à Annaba, dans l’est du pays, pendant environ 90 minutes, en raison d’une publication qu’il avait partagée sur sa page Facebook demandant la libération d’un militant du Hirak détenu”, condamne l’organisation.

De ce fait, « Amnesty International appelle les autorités à mettre fin au harcèlement judiciaire systématique des journalistes et à respecter le droit à l’information”.

Amnesty International évoque également le blocage qui a touché à plusieurs médias en ligne, dont notre site Interlignes qui a été bloqué à deux reprises en 2019 puis en 2020, et appelle les autorités à “lever le blocage imposé” à ces sites d’information.

“Plusieurs autres sites Internet d’information bien connus pour leur position critique à l’égard du gouvernement voient leur accès bloqué sur les réseaux algériens. Par exemple, les sites Tout sur l’Algérie (TSA) et Interlignes sont presque systématiquement inaccessibles depuis 2019.Le site Internet d’information L’Avant-Garde Algérie est inaccessible depuis le 23 août 2020”, indique le rapport d’Amnesty.

L’organisation affirme avoir “fait une évaluation technique le 26 août 2020. Celle-ci a révélé qu’il était possible d’accéder aux trois sites Internet depuis l’étranger ou en utilisant un réseau privé virtuel (VPN) en Algérie, mais qu’il était impossible d’y accéder depuis l’Algérie en utilisant l’opérateur de télécommunications national Algérie Télécom”.

Amnesty International appelle, donc, “les autorités à mettre fin au harcèlement judiciaire systématique des journalistes et à respecter le droit à l’information, en levant le blocage imposé à des sites d’information”.

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