Autiste, le pouvoir manœuvre pour affaiblir la mobilisation populaire

Des femmes manifestent contre le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika

Crédit photo : Ferhat Bouda | Des femmes manifestent contre le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika

La mobilisation historique du peuple Algériens contre la candidature président Bouteflika et pour le « chute du système » a ébranlé fortement la tour d’ivoire du régime. C’est un fait indéniable. Après plus de 10 jours de protestation de plus en plus forte dans la rue algérienne, le pouvoir donne l’impression d’être sur la défensive.

 

En l’absence du premier contesté, en l’occurrence le chef de l’Etat, toujours hospitalisé à Genève en Suisse, plus aucun représentant du régime ne s’affichent publiquement. Ils font le dos rond dans l’espoir de voir la tempête qui souffle trop fort des quatre coins du pays s’estomper.

En effet, le premier ministre, Ahmed Ouyahia, est absent des radars depuis le 28 février dernier, date de son apparition à l’APN pour répondre aux députés à l’Assemblée populaire nationale (APN). Le ministre de l’intérieur, Nouerddine Bedoui, lui aussi, ne fait que quelques visites à l’hôpital pour s’enquérir de l’état de santé des blessés des manifestations.

Les promoteurs du 5e mandat, trop bavards avant le début des manifestations populaires, sont aux abonnés absents. Ni Mouad Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, ni Amara Benyounes, secrétaire général du MPA et ni Amar Ghoul, président du parti TAJ n’ont signé une réaction, notamment après les raz-de-marée humains qui ont déferlé sur les rues du pays.

Un silence radio qui traduit parfaitement le malaise dans lequel se trouvent ces « dignitaires » du régime, dont l’arrogance aveuglante leur a fait oublier que « le peuple n’est pas encore mort ». Mais malgré le verdict sans appel de la rue, ils continuent de manœuvrer en vue de sauver les meubles dans le temps additionnel de cette partie qui est loin d’être finie.

Tahar Hadjar, le manœuvrier

Leur première tentative d’affaiblir le mouvement est signée par le ministre de l’enseignement supérieur, Tahar Hadjar. Ce cacique du FLN, membre du gouvernement d’Ahmed Ouyahia, a signé, hier, une décision surprenante.

Dans une tentative de couper les étudiants et les enseignants du mouvement en cours, il vient d’établir un nouveau calendrier des vacances. Tahar Hadjar décide de fermer les universités du pays à partir de ce dimanche et jusqu’au 4 avril prochain. Une première dans les annales, qui suscite la colère de la communauté universitaire.

Ayant compris le sens de cette décision étrange, les étudiants et les enseignants ont vite réagi pour refuser ce « cadeau empoisonné » du ministre. Ils décident, à l’unanimité, de dire non à cette décision, en affirmant leur volonté d’occuper les campus, dès ce matin. La manœuvre est-elle déjouée ? On le saura, peut-être, dès ce matin.

Mais la colère est à son paroxysme. Le CNES qualifie « malheureuse cette manœuvre » du ministre. « Encore une fois, face à la protestation sans précédent des algériens, les gouvernants se rendent coupables d’une décision illégitime en fermant les universités avant la date prévue pour les vacances universitaires », explique l’organisation des enseignants du supérieur.

« Il s’agit d’une manœuvre obsolète, voire ridicule, à travers laquelle il montre son mépris pour la jeunesse de son pays et son aveuglement face à la maturité politique dont elle a fait preuve depuis le début du mouvement de protestation. Aussi, nous enseignants du supérieur, dénonçons la façon dont les résidents sont renvoyés des cités universitaires », soutient le CNES.     

En tout cas, cette manœuvre confirme les intentions du pouvoir qui ne semble pas être prêt à céder facilement à la pression populaire. Autiste, comme le qualifie l’ensemble des acteurs de l’opposition, il se montre déterminer à pousser au pourrissement. Le caractère pacifique des manifestation le dérange visiblement.