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Politique

Abdelmadjid Tebboune “viole la présomption d’innocence” du journaliste Rabeh Karèche

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Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé sur le cas du journaliste incarcéré Rabèh Karèche. Dans un entretien accordé au magazine français “Le point” paru mercredi 02 juin, Abdelmadjid Tebboune a qualifié le journaliste “de pyromane”. Une déclaration qui a suscité la colère de ses avocats qui ont dénoncé une “violation de la présomption d’innocence” et une “tentative d’influencer la justice”.

Alors que le procès du journaliste Rabah Karèche en détention provisoire à Tamanrasset n’a pas encore été programmé, le président de la République s’est exhibé en procureur pour charger le journaliste Rabah Karèche alors que son affaire est toujours en instruction.

Questionné sur la mise sous mandat de dépôt de Rabah Karèche alors que la constitution algérienne interdit l’emprisonnement d’un journaliste pour l’exercice de ses fonctions, le chef de l’État a brièvement répondu: « Il a joué à tort au pyromane sur un sujet très sensible. Très grave. ». Ainsi, le premier magistrat du pays avoue directement que le journaliste est en prison pour ses articles de presse liés au nouveau découpage administratif dans la région de Tamanrasset.

Les avocats du journaliste en détention depuis le 19 avril n’ont d’ailleurs pas tardé à dénoncer une “violation de la présomption d’innocence” et une “tentative d’influencer le cours de la Justice”.

“Qualifier le journaliste du quotidien Liberté, Rabèh Kareche, de pyromane et une condamnation anticipée, un piétinement de la présomption d’innocence et une influence flagrante sur les décisions de la Justice. Cela montre que l’interférence de l’exécutif dans le travail de la Justice est devenue publique”, a écrit l’avocat Abdelghani Badi, membre du collectif de la défense des détenus d’opinion.

“Le chef de l’état Tebboune vante l’indépendance de la justice espagnole et interfère ds la justice Algérienne pour enfoncer le journaliste Rabah kareche en violation de la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs”, a dénoncé l’avocate Zoubida Assoul.

L’avocat Bakouri Amirouche a de son côté remis les pendules à l’heure et a rappelé que “ce monsieur n’est pas un pyromane, c’est un journaliste, un journaliste traite tout les sujets, même les plus sensibles, c’est ça le journalisme dans un État de droit. Mais on n’est pas dans un État de droit.
Dans une dictature un journaliste n’est qu’un pyromane, pire que ça un Khabarji”.

Khabardji

Ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat se prononce sur une affaire encore en cours devant la Justice algérienne. Lors d’une de ses rencontres avec les représentants des médias nationaux en mai 2020, Abdelmadjid Tebboune a accusé le journaliste Khaled Drareni “d’intelligence avec l’étranger” en le qualifiant de “Khabardji”. Le ministre de la Communication, Amar Belhimer, s’était lui aussi prononcé à maintes reprises sur le dossier du journaliste Khaled Drareni avant son jugement.

“Les déclarations de responsables assumant de hautes fonctions dans l’Etat avec qualité de ministre et de président de la république sur les affaires soumises à la justice constituent des jugements préétablis,  une immixtion autoritaire directe et une pression sur le travail des juges, pratiques interdites par l’article 147 du code pénal”, avaient dénoncé les avocats de Khaled Drareni à l’époque.



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