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Politique

41e vendredi du Hirak : « Faire annuler la présidentielle est un devoir national »

Le mouvement populaire ne faiblit pas. A deux semaines de la présidentielle contestée du 12 décembre prochain, le Hirak est déterminé à l’avorter.

Bouzid ICHALALENE

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Manifestation 29 novembre 2019 à Alger

« Isqat el intikhabat wajeb watani (faire tomber la présidentielle est un devoir national) », lancent les foules imposantes de manifestants qui ont battu le pavé, pour l’acte 41, dans les rues de plusieurs villes du pays.

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A Alger, à Annaba, à Constantine, à Sétif, à Bejaia, à Tizi Ouzou, à Bouira, à Blida, à Tipaza, à Oran, à Tiaret…, des centaines de milliers de manifestants sont sortis, toujours déterminés, pour dire « non à cette élection présidentielle » qui vise seulement à régénérer le système.

Ils n’ont d’ailleurs pas mordu à « l’ingérence étrangère », brandi par les tenants du pouvoir après l’adoption, jeudi dernier, par le parlement européen d’une résolution condamnant les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme en Algérie.

« Vous n’allez pas nous tromper avec la décennie noire, nous avons vécu dans la misère » et « nous sommes nés entre les bombes, rien ne nous fera peur » scandent en chœur les manifestants, non seulement, à Alger mais aussi dans toutes les villes où il y a eu des manifestations.

Plusieurs arrestations à Alger

Dans la capitale qui a connu, comme c’est le cas depuis plusieurs semaines, plusieurs marches démarrant de différents quartiers pour aboutir à Alger-Centre, les manifestants ont subi une intervention policière musclée.

dans la matinée, les agents de police, en civil et en uniforme, ont procédé à des arrestations de manifestants. Ils ont même fait usage, sans que cela ne soit justifié, de gaz lacrymogène contre les manifestants pacifiques à la rue Didouche Mourad.

Mais cela n’a pas dissuadé les foules de sortir massivement, peu avant 14heures, pour dénoncer le régime en place et s’en prendre aussi violemment au commandement militaire, dont le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.

« Bye bye Gaid Salah, had el 3am makench el vote (bye bye Gaid Salah, cette année il n’y aura pas d’élection) » et « les généraux à la poubelle et el Djazair teddi el istiqlal (exit les généraux et l’Algérie recouvrera son indépendance) », scandent les manifestants devant des haies de policiers, présents en force dans les différentes rue et ruelles de la Capitale.

Les manifestants entonnent encore les slogans hostiles à l’élection. « Makench itikhabat m3a el 3issabat (il n’y aura pas d’élection avec les bandes » et « main dans la main, on obtiendra l’indépendance », lancent les protestataires. Ces derniers n’ont pas également oublié les détenus politiques et d’opinion et appellent à leur libération inconditionnelle. Ils ont alors brandi les portraits des détenus, dont Lakhdar Bouregaâ, Karim Tabbou et Foudil Boumala.

Politique

Le CNLD appelle un à un rassemblement demain devant le tribunal de Sidi M’hamed

Achour Nait Tahar

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© DR | Rassemblement devant le tribunal Sidi M'hammed en soutien aux militants arrêtés durant les manifestations
© INTERLIGNES | Rassemblement de soutien aux détenus d'opinion devant le tribunal Sidi M'hamed à Alger

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), appelle à un rassemblement, demain dimanche 19 janvier, devant le tribunal de Sidi M’hamed, pour demander la libération immédiate des manifestants arrêtés hier à Alger lors de la 48e marche du Hirak.

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15 personnes ont été interpellées hier 17 janvier, à Alger, lors du 48e vendredi du Hirak. Placés en garde à vue, ils seront présentés demain, devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed.

Il s’agit de : « Amine Ben Said, Farid Boughida, Kamel Nemiche, Mokrane Laouchdi, Mustapha Atoui (président de l’ANLC), Zoheir Kaddam, Djamel Sellami, Docteur Djamel Eddine Oulmane, Missoum Zerrouk, Yacine Benmessaoud, Bilal Khouache, Said Belkaid » a précisé le CNLD.

Parmi les manifestants arrêtés, figurent également « les deux détenus Hakim Mouhoubi (Tiroual) et Reda Bouarissa, libérés le 2 janvier d’El Harrach » précise le CNLD.

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Le PAD appelle à la tenue des « assises nationales pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire »

Achour Nait Tahar

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Crédit photo:DR | Rencontre des forces de l'alternative démocratique au siège du RCD
Crédit photo:DR | Rencontre des forces de l'alternative démocratique au siège du RCD

Les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), ont appelé à la tenue des Assises nationales pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire le 25 janvier 2020 à Alger, écrit un communiqué du PAD parvenu à notre rédaction ce 18 janvier.

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Les rédacteurs de l’appel estiment que « Ces assises, dont l’urgence est évidente, répondent avant tout aux exigences de millions d’algériens et d’algériennes qui expriment, depuis près d’une année et par une mobilisation sans précédent depuis l’indépendance du pays, leurs aspirations démocratiques et sociales dont la réalisation passe par une rupture radicale avec le régime et son système autoritaire et prédateur », estiment-t-ils.

Le document rappelle le chemin parcouru par le PAD, qui a été « initié lors de la rencontre du 26 juin, et conforté par la convention du 09 septembre 2019, le Pacte de l’Alternative Démocratique se traduit déjà sur le terrain des luttes démocratiques et sociales ». Tout en précisant que les « revendications d’une transition démocratique entrainant le démantèlement du système honni, ainsi que le recouvrement de la souveraineté populaire à travers un processus constituant souverain, sont portées par une majorité de notre peuple en lutte contre la continuité du régime ».

Les signataires du document insistent sur l’impératif de trouver « un nouveau rapport de force politique permettant en priorité l’annulation de tous les dispositifs et l’arrêt de tous les actes de répression, la libération définitive de tous les détenus politiques et d’opinion et la levée de toutes les entraves à l’exercice effectif des libertés démocratiques », souligne le document.  

Les forces du PAD « appellent solennellement toutes les forces politiques, syndicales, étudiantes, associatives ainsi que les ligues des droits de l’Homme, les personnalités nationales et les organisations de la société civile,  qui se reconnaissent dans les principes et les valeurs démocratiques du PAD,  à un sursaut historique à la mesure de la gravité de la situation politique et ses implications pour l’avenir de nos enfants et de notre pays», conclut le communiqué.

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Hirak : 15 manifestants seront présentés demain devant le procureur à Alger

Bouzid ICHALALENE

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© Interlignes | Arrestation des étudiants lors des manifestations contre le pouvoir et la désignation de Bensalah à la tête de l'Etat
© Interlignes | Arrestation des étudiants lors des manifestations contre le pouvoir et la désignation de Bensalah à la tête de l'Etat

15 manifestants interpellés hier 17 janvier lors du 48e vendredi de mobilisation consécutif sont maintenus en garde à vue au commissariat Cavaignac à Alger-centre, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus ( CNLD ).

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Parmi les manifestants arrêtés,  » figurent les deux détenus Hakim Mouhoubi (Tiroual) et Reda Bouarissa, libérés le 2 janvier d’El Harrach » précise le CNLD.

Selon la même source, les manifestants arrêtés en plus des 2 détenus cités précédemment sont « Amine Ben Said, Farid Boughida, Kamel Nemiche, Mokrane Laouchdi, Mustapha Atoui (président de l’ANLC), Zoheir Kaddam, Djamel Sellami, Docteur Djamel Eddine Oulmane, Missoum Zerrouk, Yacine Benmessaoud, Bilal Khouache, Said Belkaid ».

Said Salhi, vice président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de L’homme (LADDH), estime que « le pouvoir tente à chaque vendredi d’interdire et de mater la marche en mettant en place tous les stratagèmes ».

Pour lui, le pouvoir « veut aussi réduire les espaces ainsi que l’itinéraire de la marche et empêcher les connexions entre les points focaux de la marche, les quartiers populaires et les mosquées, une grande pression s’exerce à la rue Didouche Mourad autour de la mosquée Errahma, siège du RCD, Bab El oued et les quartiers d’Alger » précise Said Salhi qui estime que « ces arrestations enregistrées pour la première fois après l’élection du 12 décembre contredisent le discours et les engagements affichés, notamment l’apaisement et le dialogue ».

Pour le vice président de la LADDH, « le pouvoir veut une ouverture contrôlée, et à pas forcés, car les arrestations vont au contraire, galvaniser le Hirak et maintenir la mobilisation, comme on l’a vu à la marche d’hier » conclut Said Salhi.

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