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Zoubida Assoul : “on est toujours dans la feuille de route de Bouteflika sans Abdelaziz”

Bouzid ICHALALENE

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Zoubida Assoul, avocate, présidente de l’UCP (Union pour le changement et le progrès) et porte-parole de mouwatana réponds à nos questions concernant le procès en cours de Abdou Semmar et Marouane Boudiab de la rédaction Algérie Part.

L’avocate et la présidente du parti Politique Zoubida Assoul revient dans cet entretien sur les faits reprochés aux manifestants mis sous mandat de dépôt pour avoir brandi un drapeau Amazigh. Elle nous explique aussi que la justice ne peut pas être indépendante sans qu’il y ait des changements radicaux au sein de l’appareil judiciaire.

 

16 manifestants sont mis sous mandat de dépôt par la justice pour avoir brandi un drapeau amazigh. Est ce que l’accusation est adéquate à l’article appliqué ?

Depuis le 22/2/2019 il y’a tjrs eu des drapeaux de l’identité amazigh, la question est pourquoi en faire aujourd’hui un problème et même une infraction pénale ? Je pense que c’est une tentative pour casser cette révolution et la dévier de ses objectifs politiques revendiqués depuis 4 mois d’affilée. Maintenant il n’y a aucun article dans le code pénal qui porte cette qualification à ce geste. Donc les poursuites sont d’ordres politiques et n’ont rien de légal. Il faut juste signaler que le nombre de prévenus à Alger a atteint 24 personnes entre le tribunal de Abane et celui de Bab El Oued.

 

Le chef de l’état-major, Ahmed Gaid Salah a menacé les manifestants le jeudi. La police les a arrêté le vendredi et la justice les a condamné le dimanche. Comment expliquez vous cela, vous qui connaissez le fonctionnement de la justice ?

En effet le chef d’état-major a lui-même annoncé dans son dernier discours qu’il avait donné dès instructions fermes aux services de sécurité d’empêcher toute personne de brandir autre drapeau que le drapeau national alors que la police ne dépend pas de l’armée mais plutôt du DGSN qui est sous l’autorité du ministre de l’intérieur. Quant à la réaction de la justice, je rappelle que depuis le début de la révolution j’avais dis que l’indépendance de la justice est un processus qui exige d’abord une volonté politique d’un pouvoir politique légitime mais aussi d’un changement de tout l’arsenal juridique dont la constitution, le statut des magistrats, la politique pénale afin de l’extraire de l’emprise du pouvoir exécutif où tout autres pouvoir, ce qui n’est pas encore le cas.

 

Pensez-vous que la justice est mobilisée pour appliquer la feuille de route de l’actuel gouvernement ?

je crois que le gouvernement n’a pas de politique, ni de présence sur la scène politique du pays d’ailleurs le premier ministre est inexistant politiquement En plus on est toujours dans la feuille de route de Bouteflika sans Abdelaziz.

 

Vous, avocats, vous avez soutenu les juges lors de leurs manifestations pour revendiquer l’Independence de la justice. Les magistrats ont-ils trahi ?

Effectivement j’ai tjrs lutté pour l’indépendance de la justice et je ne peux que soutenir toutes actions qui va dans ce sens, sauf que cette indépendance ne peut être l’émanation d’un discours ou d’un slogan ou instruction, c’est un processus qui exige du temps et tous les préalables que j’ai évoqué avant.

 

Allez-vous mener des actions sur le terrain pour revendiquer encore une fois l’Independence de la justice ?

L’indépendance de la justice est une revendication de la révolution pacifique du peuple algérien puisqu’elle est le seul garant des libertés individuelles et collectives des citoyens que nous sommes et de la protection de leurs biens. C’est un combat que nous devons tous et toutes mener jusqu’à sa concrétisation effective sur le terrain.

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