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Economie

Un rapport de la Banque Mondiale accable l’économie algérienne

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La Banque Mondiale a rendu public à la fin décembre un rapport sur le suivi de la situation économique en Algérie et son redressement après la pandémie. Dans son rapport, long de soixante pages, la banque mondiale a prédit une « reprise fragile en l’absence d’une mise en oeuvre rapide de l’agenda des réformes ». Un constat qui a déplu à l’Algérie. Dans un article, l’agence de presse officielle, a qualifié le rapport d »erroné » et a estimé qu’il s’agit d’une « tentative de déstabiliser l’Algérie ».

« Le rapport est divisé en quatre chapitres. Le chapitre 1 présente les développements macroéconomiques en Algérie au courant de l’année 2021. Le chapitre 2 décrit les perspectives à court et moyen terme de l’économie algérienne. Le chapitre 3 présente l’évolution de la pauvreté non-monétaire en Algérie entre 2013 et 2019. Enfin, le chapitre 4 propose un survol des enjeux liés à la gestion des risques de catastrophe naturelle en Algérie », indique le sommaire du rapport.

« L’Algérie profite d’un répit temporaire alors que les prix des hydrocarbures atteignent de nouveaux sommets et que la pression de la pandémie de COVID-19 se relâche. L’envolée des recettes d’exportation d’hydrocarbures contribue à réduire nettement les besoins de financement extérieur, et permet de stabiliser à court terme les besoins croissants de financement domestique », analyse le rapport de la Banque Mondiale.

Et d’ajouter: « Dans le même temps, la reprise dans le segment hors hydrocarbures de l’économie s’est essoufflée, demeurant largement incomplète, tandis que les risques inflationnistes se concrétisent. Après une forte reprise au deuxième semestre 2020, portée par le rebond de l’investissement et de l’activité dans le secteur de la construction, le PIB s’est contracté aux premier et deuxième trimestre 2021, suivant l’essoufflement de l’activité dans les secteurs de la construction et des services. Au premier semestre 2021, le PIB et le PIB hors-hydrocarbures demeuraient ainsi 3,1 % et 3,9 % inférieurs à leur niveau antérieur à la pandémie, respectivement ».

Pour les services de la BM, « en l’absence d’une mise en œuvre rapide de l’agenda de réforme, la reprise sera fragile et les soldes budgétaire et extérieur se détérioreront à moyen terme. Nous prévoyons que la croissance du PIB réel atteindra 4,1 % en 2021, puis diminuera progressivement à moyen terme, compte tenu de la nature progressive de la mise en œuvre de l’agenda de réformes structurelles annoncé pour relancer l’investissement et la croissance dans les segments hors hydrocarbures de l’économie. En parallèle, la santé et l’éducation sont devenues des dimensions de plus en plus importantes de la privation, mettant en évidence les priorités politiques en vue du développement humain du pays ».

Dans le chapitre de l’évolution de la pauvreté non monétaire et des inégalités, la Banque Mondiale résume que « les pauvres se concentrent dans la région pauvre des Hauts plateaux Centre (32 % d’entre eux), mais aussi dans les régions moins pauvres du Nord-Centre et Nord-Ouest (voir Tableau 2). Ils vivent principalement dans les zones rurales et ont souvent des familles plus nombreuses que les Algériens plus aisés. Le niveau d’éducation d’un chef de ménage pauvre est probablement très faible, voire nul. Les pauvres n’ont toujours pas accès à Internet et manquent de biens
importants, tels qu’une voiture ».

D’un point de vue général, la Banque Mondiale conclut que les conditions de vie « se sont améliorées, mais la connectivité reste à la traîne ».

« Le taux de possession d’une voiture a augmenté, et les Algériens vivent aujourd’hui dans des logements moins exigus, mais la connectivité Internet reste toujours à la traîne », peut-on lire dans le rapport.

Dans le volet des catastrophes climatiques, la BM analyse que « l’Algérie a progressé de façon significative
dans la gestion des risques climatiques et de catastrophe. Le rapport souligne, toutefois, qu’il « existe une grande quantité de données sur les risques climatiques et de catastrophe, mais
des lacunes subsistent en termes de normalisation et de partage de l’information ». Il ajoute qu’en ce qui concernent le financement de l’assurance des risque, « les dépenses en cas de catastrophes restent faibles par rapport à celles allouées à la réponse et à la reconstruction ».

« Rapport erroné »

Ce rapport rendu public le 22 décembre a fortement déplu à l’Algérie. Dans un article intitulé « rapport erroné de la BM: une tentative de déstabilisation de l’Algérie », l’APS a estimé que ce rapport « dénote une forte tendance à voir l’Algérie en noir ».

« Dans un rapport sans aucune valeur, qui n’a rien de financier, visiblement rédigé sur instigation de certaines parties connues pour leurs hostilités à l’Algérie, la Banque mondiale s’en prend à l’Algérie », peut-on lire sur l’article de l’APS.

L’agence de presse ajouté: « Et pourtant, la pauvreté a une adresse dans la région. Mais, la BM n’en parle pas, il n’est pas question de rapporter des vérités et donner les vrais chiffres de la pauvreté au Maroc. Il faut protéger ce royaume du mal et de la misère chuchoté par les patrons de l’institution de Bretton Woods ».

La banque Mondiale a elle précisé d’emblée, dans la première page suivant la couverture du rapport, que les « opinions qui y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues de la banque mondiale, de son conseil des Administrateurs ou des pays que ceux-ci représentent ».

« La Banque mondiale ne garantit pas l’exactitude des données citées dans cet ouvrage. Les frontières, les couleurs, les
dénominations et toute autre information figurant sur les cartes du présent ouvrage n’impliquent de la part de la Banque mondiale aucun jugement quant au statut juridique d’un territoire quelconque et ne signifient nullement que l’institution
reconnaît ou accepte ces frontières », est-il ajouté.

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