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Tunisie – Etats-Unis: Washington critique la Constitution de Saïed, Tunis dénonce une «ingérence»

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Entre la Tunisie et les Etats-Unis, la relation n’est pas au beau fixe. La réaction du secrétariat d’Etat américain au référendum du 25 juillet sur la nouvelle Constitution de Kaïs Saïed, n’est pas appréciée au palais Carthage.

Tout est allé trop vite, vendredi 29 juillet, quant le secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères, Anthony Blinken, a appelé les autorités tunisiennes à adopter une loi électorale «inclusive» à même de garantir une «participation élargie» aux législatives prévues en décembre prochain. Une loi qui devrait inclure aussi bien «les opposants que les boycotteurs» du dernier référendum, a-t-il insisté dans une déclaration publiée sur le site web de l’ambassade américaine à Tunis.

Des propos qui n’ont pas été du goût du président tunisien, Kaïs Saïed, surtout que Blinken est allé jusqu’à évoquer «une faible participation des électeurs» au dernier référendum, exprimant ses   préoccupation face aux «risques» de voir la nouvelle Loi fondamentale «fragiliser la démocratie en Tunisie et porter atteinte au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales».

La chargée d’affaires de l’ambassade US convoquée

En réaction, le ministre tunisien des Affaires étrangères a convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade américaine à Tunis, Natasha Franceschi. Selon des médias locaux, le ministre, Othmen Jerandi, a exprimé à la chargée d’affaires de l’ambassade US «la stupéfaction de la Tunisie de ces déclarations et du communiqué qui ne reflète pas la réalité de la situation en Tunisie où des efforts déployés depuis le 25 juillet 2021». «Ces positions américaines ne reflètent en aucune manière les liens d’amitié qui unissent les deux pays et les relations de respect mutuel entre eux, et qu’il s’agit d’une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures nationales», écrit le MAE dans un communiqué.

Même le président, Kaïs Saïed a exprimé sa désapprobation, rappelant lors d’une audience qu’il a accordée à son ministre des AE, que la Tunisie est un Etat souverain qui refuse toute ingérence.  «La Tunisie est un Etat libre, souverain et indépendant. Son indépendance et sa souveraineté sont au dessus de toute autre considération», a-t-il déclaré.

Crise à l’horizon ?

Ce samedi, des observateurs politiques en Tunisie, se demandent d’ores et déjà, jusqu’où pourrait aller cette brouille entre Tunis et Washington ? Surtout que la Tunisie, en proie depuis des années à une crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, dépend du soutien international, en particulier des Etats-Unis.

Le coup de force de Kaïs Saïed de juillet 2021, et la faible participation au dernier référendum, a poussé l’administration américaine à changer de ton et à l’appeler au respect du processus démocratique.  

Les propos de Blinken sonnent comme un avertissement. Le partenariat entre les Etats-Unis et la Tunisie sera «plus solide» en présence d’un «engagement commun» en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, a-t-il estimé.

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