Trucage des matchs dans le foot algérien : France football dévoile les montants de la corruption

La FIFA se saisit de l’affaire

Crédit illustration : DR

Des montants qui donnent le tournis ! Le phénomène de la corruption dans le foot algérien a atteint des proportions alarmantes. Les championnats, ligue 1 et ligue 2 notamment, sont gangrénés. Tout s’achète: joueurs, arbitres et matchs au prix fort.

En effet, quelques semaines après la diffusion de l’enquête de la BBC sur le trucage des matchs en Algérie, le magasine sportif français, France Football dévoile des détails de ce travail.

Sous le titre évocateur, « Algérie : bienvenu au pays de la corruption », le journal a donné, sur deux pages pleines tous les détails concernant ce phénomène. Les «transactions» et « les arrangements des matchs » se font, explique la même source, selon un barème fixé … par des intermédiaires certainement.

Selon France Football, en ligue1, les victoires à l’extérieur sont vendues à 58 500 euros, un match nul à 14500 euros, tandis qu’un Penalty accordé par l’arbitre couterait entre 7000 et 14 000 euros.    

Même chose au niveau du championnat de ligue 2, réputé comme le plus dure en raison des coulisses. Les victoires à l’extérieur dans cette division se négocient entre 6000 et 7000 euros durant la phase aller. Mais le prix est multiplié durant la phase retour pour atteindre les 2900 euros.

Les matchs nuls à l’extérieur se négocient, selon la même source, à 2900 euros lors de la première moitié de la saison, et à 7000 € en fin de saison. Un penalty accordé à l’extérieur vaut aussi 3700 lors de la première moitié de la saison et entre 6000 et 7000 euros en fin de saison.

La FIFA se saisit de l’affaire

Selon France Football qui a eu un accès exclusif aux informations recueillies par la radio britannique (BBC), le document a été transmis à la FIFA, laquelle a saisi sa commission d’éthique et sa commission de discipline.

« Le plus choquant n’est peut-être pas d’ailleurs le nombre de matches suspectés d’avoir été arrangés – selon nos sources, au moins un par semaine lors de la seconde moitié de la saison dans les deux divisions supérieures de la Ligue algérienne –, mais le fait que tous les acteurs de ce drame savent que ces «arrangements» ne relèvent pas de la fiction, et qu’on en parle même ouvertement entre fans et dans les médias locaux sans que les autorités fassent autre chose que s’en émouvoir, quand elles ne nient pas ce qui est une triste évidence pour tous les autres », précise le journal.

Ce sont les présidents des clubs qualifié « de voleurs et d’escrocs » qui, selon la même source, se servent de leur position pour faire prospérer leurs affaires». « Les joueurs et les arbitres, eux, sont des proies faciles. Le football algérien a pu embrasser le professionnalisme en 2010, il n’en est pas devenu riche pour autant. Beaucoup de clubs se refusant à rendre leurs comptes publics, il est presque impossible de déterminer avec précision quelle est leur surface financière », explique la même source, estimant que le président de la FAF, Kheireddine Zetchi « est dans le tourmente ».

 

 

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