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Economie

Tomate industrielle : les inquiétudes des conserveurs

Mouloud Bouyahia

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En dépit d’une production nationale satisfaisante Le concentré de tomate toujours importé

Les conserveurs de la région Nord-Est du pays (Annaba, Tarf, Guelma et Skikda) où sont concentrées 70%s des capacités de production et de transformation sur près de 10% de la Surface agricole utile (SAU), s’interrogent sur les raisons pour lesquelles l’interdiction des produits importés ne touche pas le concentré de tomates importées de Chine et de Turquie. Pour être ensuite mélangé au produit local afin de contourner l’obligation de faire figurer l’origine réelle sur les étiquettes du conditionnement.

 

Les pouvoirs publics et à leur tête le Premier ministre, A. Ouyahia, avaient justifié cette liste des produits interdits à l’importation dite des 1000 produits (sur laquelle il y a quelques modifications en cours) comme une des actions centrales pour booster la production nationale et réduire la dépendance aux hydrocarbures. La liste ne fait barrage qu’au double concentré de tomate (DCT) en boîte de 1 kg. C’est qu’elle n’interdit pas l’importation de double et triple concentré (DCT et TCT) qui a atteint en 2016, 52 000 tonnes. À 1200 dollars la tonne, faites le calcule. Payables bien entendu sur fonds publics détenus par des banques publiques.

 

Des actions publiques ministérielles, des financements, en direction des producteurs et des conserveurs ont pu sortir la filière de la tomate industrielle de la crise. D’ailleurs, les importions massives de DCT et TCT des années 2000 et rétablir la confiance indispensable dans les relations entre les producteurs et les conserveurs. En effet, les importations massives avaient poussé à la fermeture les 25 conserveries que compte la région. Mis sous la paille leurs exploitants et bien entendu décourager les producteurs qui n’ont pas été payés et contraints de chercher d’autres activités. Cette crise qui a profité aux importateurs qui ont atteint le seuil des 100 000 tonnes de DCT soit la totalité des besoins nationaux.

 

Depuis 2009-2010, la filière a réussi à relever la tête et les producteurs ont repris confiance. Cependant, les importations n’ont pas cessé pour autant et permettre ainsi à la production nationale de reprendre et d’atteindre les niveaux qui, assurent les conserveurs, pourraient aisément couvrir la totalité des besoins nationaux et exporter dans grande difficulté au vu de la qualité avérée du produit national. Il y a encore plus de 50 000 tonnes de TCT débarquées annuellement sur le port d’Annaba et les conserveurs se plaignent de leurs stocks d’invendus qui ont atteint jusqu’à 70% de leur production pour certains d’entre eux.

 

À la question de savoir pourquoi l’importation du CT n’a pas été interdite, le ministre de l’Agriculture en visite de travail dans la région a répondu à un confrère que pour ce qui concerne son secteur, tous les acteurs concernés ont été associés à la confection de la liste des produits agricoles et agroalimentaires interdits dorénavant à l’importation. Faux ont répondu les conserveurs de la région. Aucun d’entre nous n’a été contacté ni inviter. Par contre pour eux il y a de fortes probabilités que ce sont des membres influents du FCE, transformateurs de tomates certes mais aussi les principaux importateurs qui ont été associés par le ministère de l’agriculture. Ils sont connus de tous mais leur proximité avec les tenants du pouvoir les a rendus incontournables.

 

Selon les services agricoles des wilayas du nord-est, les superficies réservées à productions de tomate industrielle vont doubler la saison prochaine pour atteindre 20 000 ha soit une production de 120 millions de quintaux qui est attendue soit 120 000 tonnes de tomate fraiche qui donneront à leur tour 60 tonnes de CT. Les 2/3 des besoins nationaux.

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Economie

Economie : « on efface tout et on recommence » en guise de stratégie

Melissa NAIT ALI

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La facture d'importation des collections CKD destinées à l'industrie de montage des véhicules de tourisme a atteint près de 3 milliards de dollars en 2018 contre 1,67 milliard de dollars en 2017, a appris l'APS auprès du Centre national des transmissions et du système d'information des Douanes (Cntsid).
© DR | Usine de montage de vopitures Algérie

Fermeture des usines de montage automobile, suppression des importations des kits SKD-CKD menaçant l’existence même de l’embryon industriel existant et rejet de tout ce qui a été mis en place par les gouvernements dits de la « issaba » (la bande)… Le pouvoir en place, dans une tentative de prouver à l’opinion qu’il « est capable » de changer l’ordre établi précédemment, veut « jeter le bébé avec l’eau de bain ».

Effacer tout pour engager un éternel recommencement. C’est du moins ce que l’on peut déduire, des déclarations et des décisions du président Abdelmadjid Tebboune et des membres du gouvernement d’Abdelaziz Djerrad.

A chacune de leurs sorties, de mesures sont annoncées. Et elles inquiètent plus qu’elles ne rassurent. La première mesure concerne d’abord la suspension de l’importation des kits SKD-CKD pour les usines de montage automobile.

Sous le prétexte, justifié ou non, d’absence de valeur ajoutée de ces unités de montage appartenant à des hommes d’affaires, actuellement en détention, le nouvel exécutif envisage visiblement d’enterrer toute cette industrie.

Mais sans tenir comptes des investissements engagés depuis plus de quatre ans et des emplois qui seront définitivement perdus, propulsant ainsi des centaines de milliers de personnes au chômage. « C’est tout le tissu industriel qui risque d’être détruit. Si cela se poursuit, on se retrouvera avec plus de 1 million de nouveaux chômeurs », s’alarme une source proche du milieu de l’industrie. 

Des conséquences désastreuses

L’industrie de l’automobile n’est pas la seule à subir les inconséquences des décisions à la hussarde de l’actuel pouvoir. L’annulation des avantages accordés à la filière électroménager et le blocage de la matière première importée par les différents opérateurs activant dans ce domaine pénalise, de plus en plus, cette industrie.

Au début du mois de février en cours, le Forum des chefs d’entreprise (FCE) affirme l’électroménager a déjà perdu 20% des emplois.   

« Plus de 20% des employés de la filière ont été mis au chômage et ce taux est appelé à augmenter dans le cas où des mesures urgentes ne sont pas prises par les pouvoirs publics, au moins, pour stopper la dégradation de la situation en attendant de redynamiser le secteur productif dans le cadre d’un plan de redressement économique ambitieux et réaliste », alerte la même source.

 Le FCE cite l’ensemble des entreprises en difficulté, dont l’ENIEM, Condor, Iris, Sacomi-Thomson, Bya Electronics, Brandt, Starlight et Géant. « Le Forum constate avec inquiétude la dégradation de la situation des entreprises nationales publiques et privées et exprime sa préoccupation quant à l’avenir de leur situation et de celle de leurs employés. La dégradation s’est accentuée au cours des derniers jours selon les déclarations des entreprises », précise le FCE.

L’agroalimentaire pourrait être le prochain secteur qui sera frappé de plein fouet par les décisions déjà annoncées, notamment par le chef de l’Etat. En tout cas, le dernier communiqué du FCE, rendu public aujourd’hui, rappelle les errements économiques du pays de 1988 à 2016.

« En moins de trois décennies, 7 cadres juridiques régissant l’investissement ont été adopté. De 1988 à 2016 cinq dispositifs d’investissements et deux réformes lourdes dont celui ayant précédé le cadre actuel, ont été essayés. Tous ont été déclarés insatisfaisants au motif qu’ils n’auraient pas produit les effets escomptés en termes de volume d’investissements, de nombre de projet, de transfert de technologie, de création d’emploi ou de croissance et, d’avoir, pour certains, été à l’origine de pratiques négatives », souligne le FCE.

Selon la même source, les dispositifs juridiques ont été, à chaque fois, abrogés et remplacés par un nouveau dispositif « censé être plus efficient et porteur de la réponse la plus adéquate aux préoccupations de l’heure ». Mais en 30 ans, aucune solution n’est imaginée pour lancer, sur des bases sérieuses, la machine économique. Visiblement, le nouvel exécutif est en passe de lancer une nouvelle formule dans ce champ d’expérience infertile. 

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Economie

Inflation : une moyenne annuelle de 1,9% en janvier 2020

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Le taux d’inflation annuel en Algérie a atteint 1,9% en janvier 2020, rapporte, dimanche, l’APS citant l’Office national des statistiques.

L’ONS fait savoir que l’évolution des prix à la consommation en rythme annuel à janvier 2020, est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois, allant de février 2019 à janvier 2020 par rapport à la période allant de février 2018 à janvier 2019, ajoutant que la variation mensuelle des prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice du prix de janvier 2020 par rapport à celui du mois de décembre 2019, a connu une légère baisse de 0,1%.

Allant dans le détail, l’ONS indique que les produits agricoles frais ont également reculé de 0,9%. En dehors des fruits et légumes qui ont enregistré des augmentations respectives de 6,1% et de 1,2%, le reste des produits ont affiché des diminutions, notamment la viande de poulet (-16,6%), les œufs (-5,4%) et la pomme de terre (-1,3%). Quant aux produits alimentaires industriels, la même source précise que les prix ont évolué de +0,1% par rapport au mois écoulé.

s’agissant des produits manufacturés, l’ONS constate que les prix ont enregistré une augmentation de 0,5%, au moment où les prix des services ont connu une baisse de 0,7%.

Ainsi et par groupe de biens et de services, les prix des produits de l’habillement et chaussures ont augmenté de 1,1%, ceux du groupe divers (+0,8%), le groupe éducation et culture, quant à lui, a accusé une baisse de 3%, alors que le reste des biens et services se sont caractérisé par des stagnations, souligne l’ONS rappelant qu’en 2019, le taux d’inflation en Algérie a atteint 2%.

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En hausse de 34,81% : Le déficit de la balance commerciale se creuse davantage

Melissa NAIT ALI

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Restrictions à l’import : le déficit commercial ne baisse que grâce au pétrole
© DR |Le déficit de la balance commerciale se creuse

Le déficit de la balance commerciale de l’Algérie continue de se creuser. Selon les statistiques, rendues publiques aujourd’hui par la direction générale des Douanes (DGD), il s’est établi, en 2019, à 6,11 milliards de dollars, contre un déficit de 4,53 milliards de dollars en 2018, soit une hausse annuelle de 34,81%.

Cela s’explique par la différence importante entre les revenus des exportations algériennes sur l’année précédente et le montant des importations durant la même période. Selon la DGD, les exportations algériennes ont atteint 35,82 milliards de dollars (mds usd) en 2019, contre 41,79 mds usd en 2018, enregistrant une baisse de 14,29%.

Certes, la facture des importations a sensiblement baissé, mais l’économie nationale souffre de sa dépendance des hydrocarbures, dont les prix ont connu une chute sensible. Les importations, explique la même source, ont, pour leur part, totalisé 41,93 mds usd, contre 46,33 mds usd, en baisse de 9,49%.

 En 2019, les exportations ont ainsi assuré la couverture des importations à hauteur de 85,43%, contre 90,22% en 2018. « Les hydrocarbures ont représenté l’essentiel des exportations algériennes l’année dernière, soit 92,80% du volume global des exportations, en   s’établissant ainsi à 33,24 mds usd, contre 38,87 mds usd, en 2018, enregistrant un recul de 14,48% », note encore la DGD.

Faible volume des exportations hors hydrocarbure

Parallèlement au recul des recettes des hydrocarbures, celles des exportations hors hydrocarbure ne décollent pas. Les revenus en dehors de l’Or noir restent toujours marginaux, avec 2,58 mds usd, ce qui représente 7,20% du volume global des exportations.

Ils ont même régressé de 11,80% par rapport à 2018, où ils étaient de 2,92 milliards de dollars. Les exportations hors hydrocarbures étaient composées des demi-produits,   avec 1,95 md usd contre 2,33 md usd, en baisse de (6,21%), des biens alimentaires avec 407,86 millions usd contre 373,77 millions usd (+9,12%) et des biens d’équipement industriels avec 82,97 millions usd contre 90,1   millions usd (-7,92%).

Pour combler ce déficit, l’Etat continue de puiser dans les réserves de change, dont le volume a aussi fondu. Cette situation augure, en tout cas, des lendemains sombres pour l’économie algérienne. L’on se demande d’ailleurs quelle sera la recette du gouvernement pour éviter un retour rapide à l’endettement extérieur à court terme.

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