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Politique

Situation sanitaire et rassemblements : interdit pour le Hirak, permis pour la Constitution

Melissa NAIT ALI

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© DR | Meeting du RND pour la nouvelle constitution, aucun respect pour les mesures sanitaires


Tout pour empêcher un éventuel retour du Hirak ! Tel est, visiblement, le principal objectif du pouvoir en place. Pour le réaliser, de l’avis de tous les observateurs, il exploite à fond la situation sanitaire induite par la propagation du nouveau coronavirus. Tous les moyens, sécuritaire notamment, sont ainsi mobilisés pour empêcher toute tentative de marche et de rassemblement.

Le décor et le même chaque vendredi. Dans toutes les villes du pays on assiste à un déploiement important des services de sécurité, police et gendarmes, qui quadrillent l’ensemble des places et rue qui abritaient par le passé les grandioses marches du Hirak.

On procède alors à des arrestations massives de tous ceux qui s’aventurent sur la voie publiques pour y organiser une marche. Mais pas seulement. Les personnes arrêtées sont, systématiquement, maintenues en garde à vue avant d’être présenté devant la justice qui les poursuit pour entre autre « violation des règles de sécurité décidée par les autorités dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 » et « exposition de la vie d’autrui au danger ».

Plusieurs dizaines d’activistes et de militants politiques sont ainsi condamnés à des peines d’emprisonnement où placés sous mandat de dépôt pour attendre la programmation de leurs procès. Et la liste ne cesse de s’allonger. Paradoxalement, le même argument sanitaire avancé pour justifier la répression des « hirakiste », disparait quand il s’agit de la campagne électorale pour défendre le projet de la révision constitutionnelle.

Depuis vingt jours, des chefs des partis proches du pouvoir, des organisations et même des ministres sillonnent le pays pour animer des meetings regroupant des foules de participants. Ces actions se déroulent, souvent, sans le respect de la moindre mesure de sécurité : ni distanciation sociale, ni masque de protection et sans moyens de désinfection.

Ce constat est confirmé à plusieurs reprises par des vidéos et des photos montrant des acènes abracadabrantes où animateurs de meetings et participants s’entassent dans des salles fermées. Sur ces clichés on voit aussi des participants s’adonner à des accolades et des embrassades comme si le coronavirus n’a jamais existé.

Curieusement, aucune autorité n’intervient pour, ne serait ce pour dénoncer le non respect de la distanciation sociale. Deux poids, deux mesures !

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