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Politique

Situation des droits de l’Homme en Algérie: « l’accusation du terrorisme largement instrumentalisée »

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© Interlignes, photo archive| Arrestation des étudiants lors des manifestations contre le pouvoir et la désignation de Bensalah à la tête de l'Etat
© Interlignes, photo archive| Arrestation des étudiants lors des manifestations contre le pouvoir et la désignation de Bensalah à la tête de l'Etat

A la veille du 73e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), des associations et personnalités algériennes ont dénoncé, à travers une déclaration commune, les restrictions imposées à l’exercice des libertés et des droits fondamentaux.

« Tandis que l’ensemble de la société est confronté à une crise sociale, économique et sanitaire aigue. plus de 500 personnes ont été mises en détention et plus de 7000 mille personnes ont été interpellées dans la seule année de 2021 juste pour le fait d’avoir exercé leurs droits fondamentaux d’opinion, d’expression et de manifestations pacifiques, pourtant garantis par la loi. Le nombre de personnes qui sont en poursuites judiciaires dépasse les 2500 », peut-on lire sur la déclaration signée par des associations, des défenseurs des droits de l’Homme, des universitaires, des personnalités politiques et des journalistes.

« Encore une fois, ce 10 décembre marque une année sombre pour les Droits de l’Homme en Algérie. Après des mois d’une mobilisation populaire pacifique, d’un Hirak qui a suscité un grand espoir pour établir un Etat de droit démocratique garantissant les droits de l’Homme, l’action des autorités se caractérise par une volonté affichée d’étouffer tous les espaces civiques autonomes et de criminaliser l’action politique des voix critiques », constate les signataires parmi lesquels figurent la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH), la cheffe du parti des Travailleurs Louisa Hannoune, la résidente de l’Union pour le Changement et le Progrès (UCP) Zoubida Assoul ainsi que le défenseur des Droits de l’Homme, Mostefa Bouchachi.

L’accusation de terrorisme « largement instrumentalisée »

La déclaration commune ne passe pas outre l’article 87 de l’ordonnance n° 21-08 du 8 juin 2021 et a estimé que « l’accusation de terrorisme » est « largement instrumentalisée » par « les autorités à des fins politiques ».

« Le simple soupçon d’appartenance à une organisation classée terroriste par les autorités selon des critères obscurs suffit pour l’engagement de poursuites pénales. Les arrestations pour terrorisme se multiplient à travers le pays dans le cadre d’opérations qui ressemblent fort à de l’intimidation par leur mise en scène, notamment dans plusieurs villages de Kabylie », a-t-on dénoncé.

« 73 ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et 59 ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, les libertés les plus élémentaires consacrées par la Déclaration sont vidées de leur substance par la législation et les pratiques », a-t-on conclu.

Ainsi, intervenant à la veille de la date symbolisant la défense des droits de l’Homme, les signataires de la déclaration ont engagé les autorités à cesser « la répression » et à lever « toutes les restrictions à l’exercice des libertés et des droits fondamentaux ».

« Nous signataires , défenseurs des droits humains et organisations, interpellons le pouvoir au respect de ses engagements internationaux contenus dans les traités et conventions internationales des droits humains ratifiées », ont-ils appelé, tout en formulant la demande « pressante pour la libération inconditionnelle de l’ensemble des détenus d’opinion , des journalistes, défenseurs des droits humains et avocats ».







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