Sidi Said, un zélé du pouvoir qui s’attaque aux syndicats qui luttent

Sidi Said, un zélé du pouvoir qui s'attaque aux syndicats qui luttent

Crédit photo : DR | Abdelmadjid Sidi Said

Pour célébrer l’anniversaire de sa création, l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens) s’est associée aux autorités dans une grande messe qui s’est tenue à Oran. Ministres, responsables de grandes entreprises publiques étaient présents. Et, cerise sur le gâteau, un « message » du président de la République est venu « agrémenter » ce cérémonial « officiel ».

« Malheur dans les foyers de ces grévistes »

Comme lors des années précédentes, la célébration de cette journée coïncide, cette année, avec un mouvement de grève déclenché dans l’éducation nationale et d’autres segments de la fonction publique. Agacé par ces syndicats qui apparemment lui grattent de l’espace, le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd s’est permis un écart de langage. « Nous, en tant que syndicat, appelons à la stabilité et le dialogue. Les grévistes nous incitent, tels des ignorants, à la violence et aux troubles », a-t-il indiqué. Et de s’en prendre aux syndicalistes autonomes. Il implore Dieu d’« apporter le malheur dans les foyers de ces grévistes ».

Instrument pour casser d’autres mouvements sociaux

Ce langage reflète, en vérité, le statut de ce syndicat officiel. D’accompagnateur de la révolution armée dans les années 1950, l’UGTA s’est transformée, au fil des ans, en un instrument du pouvoir. Après avoir été une composante des fameuses organisations de masse sous le régime du parti unique, la Centrale syndicale a retrouvé, dans les années 1990, sa vocation syndicale. Mais vite, l’organisation est retournée dans les bras du pouvoir qui l’utilise comme un instrument pour casser d’autres mouvements sociaux. C’est ainsi que les filières de l’UGTA, syndicat officiel par excellence, ont appelé à cesser des grèves lancées par d’autres syndicats. Souvent sans succès.

Ami du pouvoir

Plus tard, Abdelmadjid Sidi-Saïd, l’inamovible secrétaire général de l’UGTA, a inventé un nouveau concept. Après avoir signé un « pacte de stabilité » avec les autorités, l’homme a indiqué qu’il exerce du syndicalisme «à l’Algérienne ». Autrement dit, un syndicat sensé être un contre-pouvoir, est devenu l’ami non seulement du pouvoir mais également des hommes d’affaires. Le pouvoir lui rend bien la monnaie, puisqu’il bénéficie de toutes les largesses qui en font un Etat dans un Etat.

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