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Selon Benjamin Stora: ce que veut Tebboune au sujet de la mémoire

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L’historien français Benjamin Stora a révélé la teneur des discussions qu’il a eues avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lorsque ce dernier l’a reçu, mercredi 6 juillet, au Palais d’El Mouradia.

Porteur d’une lettre du président français Emmanuel Macron à son homologue algérien, l’historien a été reçu plus d’une heure durant. «C’est la première fois qu’il y avait une discussion (dans le) fond (Du coté algérien, Ndlr)», a expliqué Stora dans des déclarations à l’AFP.

L’historien ira jusqu’à décrire un entretien avec le Président Tebboune qui témoigne d’un  «réchauffement en cours» des relations entre Alger et Paris, après plusieurs mois de froid, suite à une polémique née en septembre 2021, de propos tenus par Macron et jugés «inacceptables» par les responsables algériens.

Discussion dans le fond

«Je pense qu’il y a une volonté, de relancer je ne sais pas si c’est le mot, mais de poursuivre un dialogue», estime Benjamin Stora qui note un « changement de ton » entre Paris et Alger.

Toujours selon lui, le chef de l’Etat a développé sa vision du travail qui devrait être accompli afin de décomplexer les relations bilatérales.  Le président Tebboune a expliqué «l’importance majeure d’un travail de mémoire sur toute la période de la colonisation», c’est-à-dire qui remonte à la période d’avant la guerre de libération nationale (1954-1962). Un avis que Stora dit «partager », car «la guerre de conquête a été très longue et très meurtrière. Elle a duré pratiquement un demi-siècle», de 1830 à 1871, rappelle-t-il.

Un travail sur toute la période de colonisation

Il s’agit d’une phase qu’il ne faut pas ignorer facilement puisqu’elle a été marquée par une «dépossession foncière et identitaire -lorsque les gens perdaient leur terre, ils perdaient leur nom-» et par la mise en place de ce qu’il qualifie de «colonie de peuplement », avec au final un million d’Européens sur neuf millions d’habitants.

Relevant toute la difficulté des relations algéro-françaises, à cause justement de ces traumatismes, l’historien regrette que «les gens ne connaissent pas ce qu’il s’est passé. C’est le problème de la transmission aux jeunes générations et du travail en commun».

De plus, «en Algérie, a-t-il expliqué, l’accent a été mis essentiellement sur la guerre de libération nationale. Il y a eu en France comme en Algérie une polarisation extrême sur l’unique séquence de la guerre et même de la fin de la guerre, les années 1960 à 1962». Avec en toile de fond, Poursuit Stora, les «affrontements de groupes mémoriels» autour des différents massacres, l’exode des pieds noirs, les luttes de pouvoir à l’intérieur du nationalisme algérien. 

Regards vers l’avenir

C’est pourquoi, «il faut élargir le champ de réflexion » et « ne pas rester prisonnier de la seule date de 1962 », plaide-t-il.

Quoi qu’il en soit, l’historien a donné une impression très positive de sa rencontre avec le Président Tebboune. D’ailleurs, ce dernier a évité de revenir sur la brouille suscitée par les propos controversés de Macron. Preuve que les regards des deux pays sont braqués vers l’avenir, surtout que les deux présidents ont repris le contact permanent et ont d’ores et déjà convenu d’un déplacement du locataire de l’Elysée «prochainement» en Algérie.

Avec AFP

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