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Société

Séisme à Béjaïa: récit d’une nuit cauchemardesque

Feriel Bouaziz

Publié

le

© DR | Tremblement de terre à Béjaïa

La nuit de mercredi à jeudi était très longue pour les habitants de Béjaia. Un séisme d’une magnitude de 5,9 sur l’échelle de Richter a secoué la ville vers 1 heure du matin. “Si la catastrophe naturelle n’a pas engendré de dégâts humains, d’importants dommages matériels y ont été enregistrés”. Récit d’une nuit pas comme les autres.

L’immeuble faisait un gros bruit (…) je me suis mise à courir sous la table, j’entendais beaucoup de cris, j’ai sincèrement cru qu’on allait y passer cette fois ici“. Sally Lainceur, jeune étudiante de 20 ans habitant la ville de Béjaia. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la ville de Béjaia a été secouée par un violent tremblement de terre de magnitude de 5,9 sur l’échelle de Richter, localisé à 28 kilomètres au nord de Cap Carbon.

Au début avec la première secousse j’étais assez calme elle n’était pas très violente”. “Ensuite aux alentours de 1h09, une deuxième arrive, mais beaucoup plus forte, elle a duré assez longtemps…J’ai cru que ma maison s’écroulait, les murs qui tremblaient, les animaux été perturbés, j’ai senti mon lit, la vaisselle, la télévision, les portes, trembler” raconte la jeune étudiante encore sous le choc.

Surpris dans leur sommeil, femmes, hommes et enfants se sont précipités à l’extérieur de leurs demeures menacés par l’effondrement des secousses.”On est monté dans la voiture et on est parti avec ma famille, on circulait dans les rues de la ville.Tout le monde était dehors, en panique, certains en pleurs , énormément de cris, c’était horrible, de nombreuses maisons se sont effondrées..j’ai passé la nuit dans la voiture jusqu’à 6h du matin, mais la peur est toujours présente, c’était terrifiant“, poursuit Sally.

Choc et peur

Djamel, journaliste pour El Watan dans la wilaya de Béjaîa confirme la situation cauchemardesque. “La ville de Béjaïa a également fait face à une circulation automobile ahurissante engendrant des bouchons interminables. Des citoyens qui ont connu des blessures superficielles ainsi qu’un choc psychologique se sont précipités vers les structures hospitalières de la ville” .

De son coté, Nora Yakoubi 28 ans étudiante en Master 2 option Toxicologie Industrielle et environnementale, résidente à l’Universitaire Targa Ouzemour, nous raconte à son tour son vécu durant cette nuit. “De 1h du matin jusqu’à 6h, nous avons passé la nuit en dehors des blocs“. Nous étions “en plein choc et peur, les filles pleuraient et criaient”.”On étaient très inquiètes en imaginant ce qui pouvait se passer d’un moment à un autre, d’ailleurs, aujourd’hui, on ressent les répliques toute la journée. Psychiquement ça ne va pas être facile à oublier” nous confie-t-elle.

Cette situation a impacté les transports de la ville. Anissa, 44 ans est cadre à la wilaya de Béjaia. Mais ce matin elle n’a pas pu se rendre au travail car son bureau est situé en “zone rouge“.

Répliques

Hormis Béjaia, d’autres wilayas ont également ressenti le tremblement qui à sévi dans la nuit du 18 mars. Du coté de la capitale, “nous avons ressenti une forte secousse qui a duré presque 10 secondes, suivie de maintes répliques“, témoigne Lisa, Professeur de langue française.

Ce matin, les Bougiotes sont encore sous le choc, constatent amèrement les pertes matérielles engendrées par le séisme. Déboussolés, ils s’arment de patience en attendant une éventuelle prochaine réplique.

La protection civile n’a déploré aucune perte humaine dans la ville des Hamadites, mais la nuit de ce jeudi au vendredi risque d’être lente avec les répliques qui ont été enregistrées en fin de journée.

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