Santé : mon enfant est obèse, comment réagir ?

Santé : mon enfant est obèse, comment réagir ?

Crédit photo : DR | Enfant obèse

Des médecins réunis aujourd’hui à Oran, ont tiré la sonnette d’alarme : Que faire devant le fléau de l’obésité qui prend de l’ampleur chez les enfants ? Lors d’une étude menée récemment à Oran, les enquêteurs épidémiologistes ont recueilli des chiffres qui donnent froid dans le dos. «9% des enfants scolarisés sont obèses et 12 % ont un surpoids », a révélé Dr Boukhari, chef de service de la prévention et chargé de la communication auprès de la direction de la santé d’Oran. Ces chiffres ont été communiqués lors d’une session de formation sur l’obésité chez l’enfant et l’adulte et ayant ciblé une soixantaine de médecins généralistes de différentes unités de dépistage et de santé scolaire (UDS) et des différents établissements de santé publique d’Oran. « Le surpoids et l’obésité constituent un problème majeur de la santé. L’obésité est principalement due à une alimentation trop riche et une activité physique faible. Dans certains cas, l’obésité s’explique par des prédispositions familiales et donc génétiques », précise, Docteur Laribi, médecin spécialiste en pédiatrie.

Comment aider un enfant en surpoids ?

Quand on est parent d’un enfant en surpoids, on ne sait jamais ce qu’il faut dire ou ne pas dire, de peur de le stigmatiser. Comment peut-on alerter un enfant que l’on voit grossir ? Un enfant peut-il comprendre un discours de prévention ? Comment agir sur ses comportements alimentaires ? Comment gérer un enfant en surpoids ?

Devant ces inquiétudes des parents, les médecins présents à cette rencontre qui s’est tenue ce matin à l’Institut de Formation Supérieur Paramédicale d’Oran, ont tenté de fournir des explications. « Avant d’alerter l’enfant, il faut le laisser s’exprimer. Il ne faut pas créer un problème lorsque l’enfant n’en a pas parce que quelles que soient les bonnes intentions des parents, on ne pourra pas l’aider contre son gré », affirme Docteur Laribi. « Si l’enfant exprime une souffrance, on peut lui proposer de l’aider, d’aller rencontrer un professionnel, un médecin, un diététicien ou psychologue. On peut aussi rassurer l’enfant sur le fait que la porte est ouverte, qu’on est présent pour l’aider et qu’on trouvera quelqu’un de bien, s’il en fait la demande. On lui rend à la fois sa liberté et sa responsabilité sur son corps », insiste Docteur Laribi. Comment aider un enfant en surpoids ? « L’activité physique est la principale dépense d’énergie. C’est la seule sur laquelle il est possible d’agir. Les jeux et les activités sont de plus en plus sédentaires : regarder la télévision ; jouer à une console de jeux ou sur un ordinateur ; téléphoner…Au cours de ces activités, les enfants ne bougent pas, ne dépensent pas d’énergie et ont tendance à grignoter des aliments gras ou sucrés (cacahouètes, chips, bonbons…) Chez un enfant, le fait d’être inactif entraîne une augmentation de la masse grasse et favorise le surpoids », affirme Docteur Laribi. « Des études ont démontré que les risques de surpoids sont accrus chez les enfants qui ne dorment pas assez. Une alimentation trop riche en aliments gras et sucrés, ou gras et salés, est la principale cause du déséquilibre alimentaire. Ce déséquilibre est une des causes du surpoids et de l’obésité chez l’enfant », tranche ce pédiatre qui souligne qu’«en plus du manque d’exercice physique, le grignotage s’installe et favorise des apports caloriques non dépensés».

Graves conséquences

« L’obésité entraîne des problèmes de santé comme l’hypertension artérielle, des troubles du métabolisme des lipides, des glucides, des troubles orthopédiques, respiratoires, des problèmes cutanés. Au delà de ces conséquences physiques, s’ajoutent les conséquences psychologiques. Chez les enfants en surpoids des troubles psychiques peuvent apparaitre tels que la tendance à la dépression, les troubles alimentaires, l’altération de l’estime de soi. Ils sont souvent victimes de moquerie », alertent les médecins présents à ce séminaire. En pratique, comment prévenir l’obésité de son enfant ? « Il faut se contenter de trois vrais repas et un goûter. Ne pas manger assez lors des repas pousse à grignoter n’importe quoi plus tard, sous l’emprise de la faim. Il faut apprendre à votre enfant à manger correctement et suffisamment à table, avec beaucoup plus de légumes et de fruits », conseille Docteur Laribi. « Il faut exercer des activités physiques ludiques en plus des heures de sport obligatoires à l’école », souligne encore ce médecin. « Les friandises (en boissons ou en aliments) ne sont pas interdites, mais réservées aux occasions spéciales : anniversaires, fêtes, etc. En aucun cas il ne faut faire suivre un régime alimentaire à un enfant. Le contrôle de son poids passe uniquement par une éducation nutritionnelle, une alimentation équilibrée et diversifiée, davantage d’activité physique et, éventuellement une prise en charge psychologique », conclut ce médecin.

A Oran une campagne de dépistage sera lancée lors de la prochaine rentrée scolaire. Elle touchera tous les enfants scolarisés.

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