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Politique

Samira Messouci : “Si on doit négocier quelque chose, c’est le départ du système et rien d’autre”

Bouzid ICHALALENE

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© INTERLIGNES | Samira Messouci, et ses deux soeurs, le jour de sa sortie de prison, le 30 décembre 2019.
© INTERLIGNES | Samira Messouci, et ses deux soeurs, le jour de sa sortie de prison, le 30 décembre 2019.

Dans cet entretien, Samira Messouci, détenue politique qui a quitté la prison d’El Harrach le 30 décembre 2019, revient sur son incarcération. Elle dit être plus déterminée qu’avant, et “s’il y’a une chose à négocier avec ce système, c’est bien son départ”. 

 

Vous êtes assise devant l’emblème national et on vous accuse d’atteinte à l’unité nationale, qu’est ce que ça vous fait ?

Ça me fait rire. C’est à cela qu’on voit que la bêtise du pouvoir n’a pas de limites. Ils ont paniqué au point de ne pas savoir ce qu’ils doivent faire. Ils n’ont trouvé que ça comme argument. On a été les premiers à être arrêtés pour port de l’emblème Amazigh, mais après il y a eu d’autres arrestations avec d’autres accusations, qui n’ont aucune base juridique.

Quant à l’unité nationale, je dis que le seul danger pour l’unité nationale c’est ce système. C’est le système actuel, c’est cette justice qui bafoue toutes les lois de la République, en se soumettant devant un système que tout le peuple rejette.

 

Ils vous ont mis en prison dans le but de vous neutraliser. Quel est votre commentaire, comment vous interprétez cette arrestation, quelle est votre motivation après être sortie de prison ?

Nous avons été arrêtés pour que notre révolution soit affaiblie, pour nous faire peur, pour faire peur aux gens parce que on a été arrêtés à 40 la première fois. Donc 40 devant 40 millions. C’est un chiffre minime, mais ça a été fait justement pour faire peur aux manifestants. Arrêter ces marrées humaines qui sortaient chaque semaine, certaines fois deux fois par semaine, dans toutes les wilayas du pays, est une preuve qu’à chaque fois le pouvoir essaye de trouver un moyen machiavélique pour casser la révolution ça se retourne contre lui.

Comme ça a été le cas quand ils ont insulté les personnalités politiques ou tenté de les faire renoncer de participer à ces marches, en envoyant leurs relais. Le peuple s’est opposé à cette démarche en protégeant les personnalités visées. Ça s’est encore une fois retourné contre lui (le pouvoir Ndlr). Nous étions déterminés depuis le 22 février d’en finir avec ce pouvoir. Mais maintenant qu’on a subi directement l’arbitraire de ce pouvoir, on est déterminés davantage. C’est un système qu’on a achevé politiquement le 22 février quand on est sortis dans la rue. C’est également un système qui est fini biologiquement et sur tous les plans. Il est condamné devant l’Histoire.

 

Quand vous étiez en prison, est-ce que vous aviez peur que le mouvement s’essouffle ?

Au départ oui. Ce n’est pas un manque de confiance en le peuple, mais il y avait cette appréhension qui est tout de suite partie après le premier vendredi. Ça n’a pas duré, mais j’avais peur qu’ils réussissent leur coup (affaiblissement du mouvement par le pouvoir, Ndlr), mais au fond je m’interdisais d’y croire.

 

Comment receviez-vous les informations à l’intérieur de la prison et comment viviez-vous, au jour le jour, l’évolution du mouvement populaire ?

 Alors… L’évolution du mouvement populaire… Je tiens à remercier les avocats, le collectif qui a fait un travail exceptionnel avec nous. Ils ont été des psychologues, la famille et des facteurs. Ils ont été pour beaucoup dans notre combat. C’étaient les seuls qu’ont pouvait voir, mis à part notre famille. Ils nous tenaient au courant de tout ce qui se passait. Donc, malgré qu’on était en prison, on savait tout ce qui se passait dehors.

On nous parlait de la solidarité qui s’est constituée autour de nous (détenus). Il y avait aussi les journaux. Le premier mois je n’avais pas le droit d’avoir un abonnement car j’étais arrivée en retard et on m’a dit que c’était des journaux politiques. Mais à partir du deuxième mois, j’ai pu avoir un abonnement aux quotidiens Liberté et El Watan. Donc j’étais au courant de ce qui se passait et je tiens à remercier la presse qui a fait le choix d’assumer ouvertement notre combat pour la dignité et la liberté.

 

Il y a de cela dix jours, j’avais rencontré votre maman. Nous étions assis dans ce salon en compagnie de vos deux sœurs, Fadila et Amina. Elle m’avait raconté une anecdote selon laquelle vous lui aviez dit que vous alliez être arrêtée et condamnée à six mois de prison et quand vous alliez sortir, Gaid salah serait mort. Est-ce vrai ?

Oui ! Pour les six mois de prison, c’était un pur calcul mathématique, du moment qu’il y avait des élections prévues pour le 12 décembre et considérant qu’on était des otages. Quand quelqu’un prends un otage, c’est pour un objectif. On a été pris en otages pour que le pouvoir passe son élection, donc une monnaie d’échange. Ils ont cru pouvoir faire de nous une monnaie d’échange, et c’était clair qu’on n’allait pas sortir avant le 12 décembre et comme les six mois allaient jusqu’à après le 12 décembre, j’ai dit six mois.

Et au sujet de la mort de Gaid Salah, j’avais dit cette phrase dans le sens que, l’article 79 invoqué pour nous accuser, me condamnerait d’un à dix ans de prison fermes. J’ai dit aux avocats même si le verdict était de dix ans de prison, on sortirais jeunes de la prison. Moi, je serais sortie à 35 ans, mais une chose est certaine, c’est que Gaid ne serait pas vivant d’ici dix ans. Finalement, il n’a pas tenu six mois. Bon, il est mort, notre combat doit continuer. Gaid Salah n’était qu’une figure de tout un système qui doit partir

 

Quel avenir pour Samira Messouci avec le mouvement populaire ?

Samira reste comme elle l’était avec le mouvement populaire, avec un petit peu plus de détermination. Je vais continuer le combat parce que j’estime qu’on n’a pas le droit de faire marche arrière, on n’a pas le droit de s’arrêter même si on nous jette encore en prison. Avant, ils pouvaient nous faire peur avec l’emprisonnement. Maintenant, pour nous arrêter, ils doivent nous tuer. La prison ne nous fait plus peur, on s’est habitués.

 

Que pensez de la proposition de dialogue du pouvoir ? 

Il ne peut pas y avoir de dialogue avec un pouvoir rejeté par tout le monde, qui n’a aucune légitimité. Ce n’est pas sûr que le pouvoir veut aller vers le dialogue. Il ne faut pas se focaliser sur la feuille de route qu’ils veulent nous imposer, mais il faut qu’on ait notre propre feuille de route, nos propositions. Il faudra aller vers une période de transition, en dehors du système, en dehors du pouvoir. Si on doit négocier quelque chose avec eux, c’est leur départ et rien d’autre.

 

Un dernier mot ?

 Merci à vous, merci au peuple, merci à toutes les personnes qui nous ont soutenu. On a reçu beaucoup de lettres en prison. A un moment, on a arrêté de les recevoir. On m’a dit qu’il y a eu beaucoup de lettres qui ne sont jamais arrivées. Les quelques lettres que j’ai reçu, j’ai essayé d’y répondre tant bien que mal. Mais aujourd’hui, j’ai su que mes réponses n’arrivaient pas à destination. Après, ça nous faisait chaud au cœur de savoir qu’on est soutenus par des personnes qu’on ne connaissait pas. C’étaient des anonymes pour nous, des inconnus, qui ont épousé notre combat et ça nous a beaucoup, beaucoup aidé.

Politique

Le journaliste Khaled Drareni arrêté

Yasmine Marouf-Araibi

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Le journaliste Khlaed Drareni a été arrêté et conduit au commissariat, ce vendredi 27 mars. Il sera présenté demain devant la près la Cour d’Alger pour exécuter son placement sous mandat de dépôt, décidé le 25 mars, a annoncé le comité national pour la libération de détenus (CNLD)

Alors que les avocats de Khaled Drareni avaient introduit un appel pour annuler son placement sous contrôle judiciaire décidé contre lui, la chambre d’accusation près la Cour d’Alger a décidé, contre toute attente, d’annuler le contrôle judiciaire et d’ordonner son placement sous mandat de dépôt pour “incitation à attroupement non armé et d’atteinte à l’unité nationale”.

Cet ordre est intervenu une journée après la condamnation de Karim Tabbou à six mois de prison ferme supplémentaires alors qu’il devait quitter la prison hier, jeudi 26 mars. Suite à ces deux décisions, plusieurs avocats, organisations locales et internationales ainsi que des partis politiques ont dénoncé cette “dérive judiciaire” et ont accusé la Justice de profiter de la situation sanitaire actuelle pour condamner les détenus d’opinion et politiques.

Rappelons que Khaled Drareni a été arrêté le 07 mars dernier alors qu’il couvrait une manifestation à Alger centre. Après trois nuits en garde-à-vue le journaliste a été libéré sous contrôle judiciaire.

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Politique

Coronavirus : L’équipe médicale chinoise atterrit à Alger avec des aides médicales

Yasmine Marouf-Araibi

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© DE | équipe médicale chinoise arrivée à Alger

L’avion d’Air Algérie transportant l’équipe médicale chinoise de Pékin à Alger a atterri ce vendredi, peu avant 17h.

Comme nous l’avons rapporté hier, une équipe médicale composée de 21 personnes dont 13 médecins et 08 infirmiers, tous spécialistes dans la lutte contre le coronavirus, a été mobilisée afin d’aider le corps médical algérien à contenir la pandémie mondiale.

L’avion d’Air Algérie a également transporté le premier lot des dons effectués par la Chine. L’aide est composée de kits de dépistages, gans médicaux, respirateurs artificiels, masques, entre autres matériels médicaux.

Le coronavirus continue à progresser dans le sol algérien. Le dernier bilan communiqué par la commission de suivis de l’évolution du Covid-19 en Algérie indique 42 nouveaux cas et un décès, 409 cas dont 26 décès au total.

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Covid-19 : Boukadoum dit suivre de près la situation des Algériens bloqués à l’étranger

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | ministre des Affaires Etrangères

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé, jeudi, dans un communiqué que ses services centraux “suivent de près”, et “24 heures sur 24”, la situation des Algériens bloqués dans certains pays suites à la suspension des liaisons internationales comme mesure préventive contre la propagation du coronavirus.

“Le ministère des Affaires étrangères annonce que ses services centraux suivent de près , et 24 heures sur 24, la situation des Algériens bloqués dans certains pays, en coordination permanente avec nos représentations diplomatiques et consulaires et les autorités des pays concernés, et avec la même démarche adoptés pour le rapatriement des citoyens algériens vers le territoire national suite à l’apparition du coronavirus, et ce en application des instructions du président de la République”, affirme le communiqué du ministère.

S’agissant de la situation des Algériens bloqués en Turquie, le ministère des Affaires étrangères a assuré que “toutes les mesures ont été prises en coordination et en coopération avec les autorités turques pour leur prise en charge, en attendant de confirmer l’identité de nombre de personnes parmi les citoyens bloqués”, en ajoutant que ceux-ci seront rapatriés en Algérie, une fois la période de quarantaine achevée et leurs identités vérifiées.

Le ministère a en outre précisé que le nombre des personnes bloquées augmente quotidiennement, ce qui suscite des doutes et des interrogations, d’autant que beaucoup d’entre eux ne sont pas en possession de billets d’avion ni encore moins de documents de voyages officiels.

A ce titre, le ministère rappelle “le rapatriement de tous les citoyens bloqué à l’étranger, dont le nombre a atteint, jusqu’au 21 mars courant, 1811 personnes, à travers six vols consacrés dans ce sens”.

Rappelons que un millier d’algériens bloqués au niveau de l’aéroport international d’Istanbul pendant plus d’une semaine ont été pris en charge, hier jeudi, par les autorités turques. Ils on été conduits vers les cités universitaires de Karabük à Ankara où ils seront hébergés jusqu’à ce qu’ils puissent retourner en Algérie.

Avec APS.

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