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Said Sadi: “L’heure des grands choix a sonné”

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L’ancien président et fondateur du RCD, Saïd Sadi livre son analyse de la situation nationale à la veille du scrutin présidentiel d’avril 2019. Attendu par certains observateurs comme un candidat à cette joute, l’homme met fin à toute les supputation.

L’ancien président du RCD, Said Sadi accusé, ce mercredi 8 mai, certains responsables de vouloir rejouer l’expérience calamiteuse de la mauvaise transition qui a suivi les événements dramatiques d’octobre 1988 pour tenter une fois de plus de dévier le mouvement populaire de son objectif principal qu’est la satisfaction de ses revendications.

 

Said Sadi estime qu’il  Il y a “comme une volonté de rejouer le match et enfermer une dynamique citoyenne libératrice dans des réseaux ou des opérations relevant des chausse-trappes et perceptions passéistes”, écrit-il dans une nouvelle contribution intitulée “l’heure des choix”publiée sur sa page Facebook.

Pour ce qui est des élections présidentielles du 4 juillet, l’ex président du RCD évoque “un désastre politique pour le pays”. “Ces mêmes intervenants, sincères ou intéressés, sont unanimes pour dire qu’il faut aller rapidement vers une élection présidentielle avec les dispositions constitutionnelles actuelles”, a-t-il indiqué soulignant que ce “serait un vrai désastre politique pour le pays. Si nul ne peut dire comment va se traduire concrètement le mouvement du 22 février, il faut être un dangereux aventurier pour croire que la société algérienne va encore se laisser canaliser dans les fosses politiques gérées par des hyperprésidents où on a fait macérer la génération d’après guerre”, a-t-il fait savoir.

Débat impossible avec ce pouvoir

Said Sadi considère que les tenants du pouvoir sont “hors service” et qu’il “n’y a pas lieu de leur livrer combat” car, selon Said Said, “leur monde est mort mais refusent de l’admettre”.

“Le débat est impossible. La seule réponse à opposer à ces prêches antiques est de les ignorer. Il s’agit de concevoir et de construire des solutions innovantes qui n’existent ni dans les pensées anciennes ni dans les instruments qu’elles ont sécrétés”, préconise-t-il

Said Sadi estime qu’il désormais “indispensable de placer des barrières étanches entre ceux qui adhèrent à la revendication du changement de système et ceux qui cherchent à le ressusciter ou à en proroger l’impéritie. Ces deux attitudes sont exclusives l’une de l’autre. Et opérer cette décantation est déjà une manière d’avancer et de gagner du temps”, a-t-il écrit dans sa longue contribution.

 

Said Sadi parle du mouvement populaire avec optimisme. “Emmené par un élan dominé par les jeunes, parmi lesquels les étudiants ne tarderont pas à être le fer de lance, le mouvement du 22 février a pu se donner, grâce aux réseaux sociaux, un minimum de lisibilité politique ; ce qui lui a permis de gagner l’ensemble du pays, entraînant derrière lui la quasi-totalité des catégories sociales », souligne Said Sadi.

“La cible du mouvement qui demeure le démantèlement du système est à la fois stratégiquement pertinente, elle soulève le vrai problème du pays, et tactiquement efficace puisqu’elle fédère le plus grand nombre. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis, jusque-là, de déjouer toutes les manœuvres de provocation et de division », ajoute-t-il.

Said Sadi se dit opposé une structuration du mouvement populaire. « Ce serait une erreur. En tout cas pour l’instant. Tant que l’état-major ruse en feignant de croire qu’il y a possibilité de trouver dans le cadre d’institutions caduques une issue à une impasse qui en est la conséquence, le mouvement doit demeurer une puissance collective insécable fixée sur son objectif premier : la sortie d’un système politique obsolète et prédateur », développe-t-il.

« On ne part pas de rien. Dans le feu de la mobilisation citoyenne des propositions réalistes et judicieuses ont émergé. Une présidence collégiale dont le nombre et la composition reste à définir est une garantie de sa résistance contre les pressions ou les tentations. Un gouvernement de transition formé de techniciens chargés des affaires courantes, une commission dont la mission est de convoquer les acteurs politiques et sociaux devant prévoir et gérer les mécanismes d’une transition démocratique, l’organisation des élections législatives avant la présidentielle font consensus dans les rangs du mouvement…. C’est déjà beaucoup. D’autres sujets peuvent venir s’ajouter à ce viatique. La mobilisation populaire doit rester de mise pendant toute cette période pour dissuader ou neutraliser les manœuvres contre-révolutionnaires », poursuit Said Sadi.

“Dans la foulée de la révolution citoyenne, la situation est donc bien plus claire que ne le laissent sous-entendre les apparatchiks recyclés en arbitres autoproclamés ou suggérés par le pouvoir réel. Il reste à dissiper les malentendus, évacuer les confusions et prévenir les pièges. L’heure des grands choix a sonné”, conclut-il

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