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Said Sadi : la présidentielle a pour vocation de désigner «un nouveau dictateur»

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L’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Said Sadi, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la contre-révolution «managée» par le pouvoir en place qui tente, par tous les moyens, d’essouffler le mouvement populaire afin d’assurer sa pérennité. Said Sadi a estimé «que la présidentielle telle que tracée par les tenants du pouvoir n’a pour objectif que de régénérer le système» à travers la désignation d’un «autre potentat».

 

Dans une conférence qu’il a animé, samedi à Montréal (Canada), l’ancien président du RCD a souligné que «toutes les annonces lancées avec la bénédiction de l’état-major réfutent la transition préparant le changement, pour aller vers une élection présidentielle avec les prérogatives constitutionnelles actuelles, ce qui revient à désigner un nouveau dictateur». L’orateur n’a pas manqué de saluer au passage «le refus de la rue de céder sur l’avènement d’un État civil, un rêve des pères fondateurs de la Révolution du 1er Novembre 1954».

«Le système, à travers l’état-major de l’armée ou via ses affidés en civil, tente de faire taire la rue par la répression ou, plus sournoisement, par des actions visant à altérer les objectifs revendiqués par le peuple. Des séries d’initiatives tendant toutes à réduire la mobilisation citoyenne à une alternance clanique apparaissent régulièrement», a-t-il ajouté. Selon lui, «ces initiatives endossant la feuille de route du chef d’état-major de l’armée renie l’idée fondamentale de la période de transition démocratique».

Pour Said Sadi, «celles et ceux qui rejettent la phase de transition démocratique au profit de l’élection présidentielle sont la feuille de vigne qui cherche à faire avaler les turpitudes de l’état-major», a martelé le conférencier ajoutant que «beaucoup furent de ceux qui ont crié avec les loups pour décréter que le multipartisme était une trahison, que l’amazighité était une plaie défigurant la nation, que les droits de l’homme sont une notion polluante de l’Algérie révolutionnaire, que la démocratie était une perfidie occidentale…».

«Quand j’entends le chef d’état-major traitant les manifestants de traîtres, j’entends les accusations du journal El moudjahid de 1980. Quand des affidés autoproclamés “représentants de la société civile” condamnent la transition démocratique pour appliquer la feuille de route des militaires qui veut régénérer le système par une présidentielle ayant vocation à désigner un autre potentat, je revois les organisations de masse du FLN lancées derrière nos revendications pour en déformer la nature et la portée», a dénoncé Said Sadi.

«Primauté du politique sur le militaire». Une revendication phare qui fédère tout le peuple algérien. «Depuis maintenant cinq mois, les Algériens (…) manifestent pacifiquement pour exiger un État civil et non militaire avec comme préalable le départ du système qui sévit depuis 1962», a-t-il ajouté, précisant que ce rejet, «préalable à toute solution, est inlassablement martelé par un vigoureux et constant “Système dégage”». Pour l’ancien président du RCD, s’il y a une leçon à tirer de la révolution du 22 février, c’est qu’«un peuple qui honore sa mémoire ne sort jamais de l’Histoire».

Pour lui, la révolution du 22 février «n’est pas tombée du ciel. Elle est la résonance massive et nationale des audaces de 1949, de la ferveur de 1954, de la vision républicaine de 1956, de l’insoumission de 1963, de l’innovation d’Avril 1980, du cri d’Octobre de 1988, du sacrifice de 2001 et tous les murmures des humbles trop faibles pour se faire voir mais trop fiers pour renoncer».

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