Said sadi: Gaid Salah est « la pire séquelle du Bouteflikisme »

L’ancien président et fondateur du RCD, Saïd Sadi livre son analyse de la situation nationale à la veille du scrutin présidentiel d’avril 2019. Attendu par certains observateurs comme un candidat à cette joute, l’homme met fin à toute les supputation.

Crédit photo: DR | Said Sadi , ancien président u Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD)

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L’ex président du RCD, Said Sadi, a battu en brèche le chef de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah auquel il impute les « abus qu’il a ordonnés » qui ne sont pas seulement « dangereux pour la patrie, la paix civile et la démocratie » mais sont aussi d’une « irresponsable vulgarité puisqu’à la violence hors la loi, désormais assumée, ils additionnent l’ignorance et l’aveuglement sectaire».

 

Said Sadi ne s’est pas encombré de faux semblants en s’adressant au patron de l’armée. Dans un long message publié ce samedi 29 juin et intitulé «Quand la peur et le chantage alimentent la folie», l’ancien président du RCD a qualifié Gaid Salah, non à mot couvert, de la « pire des séquelles du bouteflikisme ».

« Finalement, la pire des séquelles du bouteflikisme porte un nom : Gaid Salah. On peut même dire que le disciple a amélioré la recette de son mentor puisqu’en plus du despotisme, il placera, à partir du 9 juillet, l’Algérie dans une situation de complète illégalité constitutionnelle », estime-t-il.

Said Sadi souligne que depuis la chute de Bouteflika, le chef d’état-major « affiche la même arrogance, sévit dans la même opacité et confisque autant de pouvoirs que son ex parrain en y ajoutant une brutalité stigmatisante officialisée ».

La preuve en est que des citoyens sont « arrêtés et brutalisés avant d’être livrés à des magistrats- vite rentrés dans les niches de la soumission- pour avoir porté l’emblème nord-africain », regrette-t-il.

Poursuivant ses vifs reproches adressés au premier militaire du pays, Said Sadi, évoque les agissements « inadmissibles » du pouvoir à l’encontre des citoyens, médias et partis politiques.« Les médias publics sont à nouveau muselés. Des sièges de partis investis sans mandat ni notification officielle. Des barrages interdisant l’accès à la capitale pour des voyageurs venant de Kabylie… », souligne-t-il.

Constatant les graves dérives de l’état-major, l’ex patron du RCD s’interroge: « Où s’arrêtera cette folie que seules une peur irraisonnée et les pressions de puissances étrangères tutélaires peuvent expliquer ?  »

Said Sadi explique que l’emblème « pourchassé par les sbires de Gaid Salah appartient autant aux Kabyles qu’aux Chaouis, aux habitants de l’Ouarsenis, ceux de Skikda, de Médéa ou de Tlemcen. Les Rifains du Maroc, les fils de Titaouine en Tunisie ou les fiers montagnards de l’Adrar Nefoussa de Libye le revendiquent et le font partager à leurs compatriotes arabophones dans l’entente et la convivialité. ».

« L’affirmation symbolique de l’Afrique du Nord fraternelle et démocratique qui anticipe son avènement institutionnel. entité historique voulue par les inspirateurs des mouvements de libération des trois pays que les Emiratis et leurs congénères ordonnent de rayer de la carte géopolitique», précise Said Sadi.

« Frasques prédatrices de Bouteflika »

Pour ce dernier, le pouvoir cherche à travers ces «attaques» et ces arrestations de manifestants à rouvrir « des fractures provoquées de longue date par le système FLN pour empêcher la cohésion de la Nation de se faire dans le respect général par et pour tout un chacun. Jusque là, la maturité et la générosité du peuple ont fait échec à ces manœuvres criminelles ».

Said Sadi espère que «ces ratonnades, il n’y a pas d’autres termes,  amèneront certains acteurs à pondérer l’euphorie qui les a poussés à s’empresser de créditer le pouvoir de volonté de dialogue».

« Il y a quelques semaines de cela, la question de savoir si l’autoritarisme primaire de Gaid Salah n’allait pas finir par faire regretter les frasques prédatrices de Bouteflika était apparue, pour certains, comme une radicalité provocante », écrit-il.

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