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Saïd Sadi à propos de l’appel de Gaïd Salah: «une sortie inopportune !»

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L’ancien président et fondateur du RCD, Saïd Sadi livre son analyse de la situation nationale à la veille du scrutin présidentiel d’avril 2019. Attendu par certains observateurs comme un candidat à cette joute, l’homme met fin à toute les supputation.

L’ancien président du RCD, Saïd Sadi critique l’envahissement du terrain politique par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. Dans un texte publié, aujourd’hui sur sa page Facebook, il qualifie cette sortie « de grave en la forme et en son fond ».

 

« Le chef d’Etat major de l’ANP vient d’indiquer que l’application de l’article 102 consacrant l’incapacité du chef de l’Etat à exercer ses fonctions pourrait être une solution à la crise. Cette intervention est grave en la forme et en son fond», écrit-il.

Saïd Sadi explique d’abord pourquoi le recours à l’application de cette disposition constitutionnelle est une ruse. « Le recours à l’article 102 implique le transfert du pouvoir au président du conseil de la nation jusqu’à l’élection présidentielle, ce qui revient à enfermer la dynamique citoyenne qui a mobilisé des millions d’Algériens pour le changement radical dans des structures et des mécanismes obsolètes et condamnés par des marches historiques qui ont suscité l’admiration du monde », souligne-t-il.

Selon lui, quelles que soient les raisons qui l’ont inspirée, « cette sortie est inopportune ». « Car elle risque d’entraîner l’armée dans une spirale qui la mettrait en première ligne face au peuple. Or, fondamentalement, l’impasse algérienne n’est que la conséquence de la militarisation de la vie politique », précise-t-il.

Le failli ne peut pas gérer la faillite

 Précisant que la révolution citoyenne en cours impose de voir la réalité en face, Saïd Sadi affirme « qu’on ne peut pas sauver le régime et l’Algérie ». « Le failli ne peut pas gérer la faillite. Les artifices juridiques et administratifs propres à un régime moribond ne sont plus de mise dans un moment de vérité historique qui appelle au courage et à l’innovation pour engager un processus politique nécessairement extérieur aux us et pratiques qui ont conduit à la situation actuelle », tranche-t-il.

la transition démocratique reste la formule la plus crédible

Saïd Sadi salue ainsi des « propositions qui ont été avancées pour une transition démocratique consensuelle ». Pour lui, même si « la voie est étroite mais il n’y a pas d’autre issue ». « Comparée aux bricolages de structures provisoires qui se profilent, et qui ont été éprouvées avec les résultats que l’on sait dans le passé, ou aux tentations des coups de force dont le pays ne s’est jamais remis, la transition démocratique reste la formule la plus crédible et la plus viable », indique-t-il.

 Afin de donner le plus de chance de réussir, enchaîne-t-il, il est capital que la mobilisation citoyenne demeure et s’accentue au moins jusqu’à sa mise en œuvre. « Il y va de l’avenir du pays et de celui de nos enfants. Ils veulent et ont le droit de vivre libres et dignement dans leur pays », rappelle-t-il.

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