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Rencontre Poutine-Erdogan sur fond de crise libyenne

Achour Nait Tahar

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La Turquie et la Russie, deux acteurs majeurs sur l’échiquier moyen oriental procéderont, aujourd’hui 8 janvier, à la mise en service du gazoduc TurkStream qui alimente la Turquie et l’Europe du sud en gaz naturel en provenance de Russie, a annoncé l’AFP. 

Le conflit libyen s’invite à cette cérémonie qui réunira les deux chefs d’Etat, Reccep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, étant donné que les deux puissances se trouvent dans des camps opposés en Libye.

L’inauguration du gazoduc met en évidence le caractère pragmatique qu’adoptent les deux partenaires dans leur conception des relations diplomatiques. Les deux chefs d’Etat mettent les intérêts de leurs pays au dessus de toute autre considération. Cette entente est tout de même émaillée par la résurgence des tensions en Libye et en Syrie où Moscou et Ankara s’opposent.

la Turquie a commencé cette semaine à déployer ses soldats en Libye pour venir en aide à Fayez El Serradj, chef du gouvernement d’union nationale (GNA), établi à Tripoli et en guerre contre le Maréchal Khalifa Hafter dont les troupes se trouvent à l’est de la capitale libyenne.

“2500 mercenaires du groupe wagner”, qui est une société militaire privée russe se battent aux cotés du maréchal Hafter, affirme le président Erdogan. Hafter est également soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. Hier mardi, la Turquie a appelé à l’arrêt des hostilités et exhorté le maréchal Hafter de mettre un terme à son offensive sur la capitale Tripoli et de retirer ses troupes à leur position initiale avant le déclenchement de l’opération.

Les chances d’affrontement entre les soldats des deux puissances sont réelles. Mais les deux pays sont contraints de coopérer pour parvenir à gérer la situation explosive qui prévaut dans ce pays déchiré par une guerre civile depuis 2011.

En Syrie, les deux pays sont engagés dans des camps opposés. La Russie soutient le régime Bachar Al Assad tandis que la Turquie soutient les djihadistes qui combattent le régime syrien. Le président Turc a appelé à l’arrêt des bombardements, intensifiés ces dernières semaines par l’armée syrienne, visant la ville d’Idlib, dernier bastion des djihadistes provocant ainsi un afflux de déplacés en direction de la Turquie.

Les deux pays ont connu une crise diplomatique aiguë en 2015 lorsque l’armée turque a abattu un avion russe à la frontière syro-turque. Les deux pays ont surmonté cette crise à travers la signature d’accords de coopération dans différents domaines énergétiques et militaires. La Russie a construit la première centrale nucléaire en Turquie en 2016 et s’est attelée à la livraison des systèmes de défense S400. Un projet qui a provoqué le courroux des Etats-Unis.

Avec l’entrée en service de ce gazoduc dont les travaux ont démarré en 2017, la Turquie sécurise ses besoins en gaz naturel et s’impose comme un carrefour énergétique important. Quant à la Russie, elle alimente l’Europe en contournant l’Ukraine.

Le gazoduc long de 900 kilomètres, relie la ville d’Anapa en Russie à Kiyiköy en Turquie (nord-ouest). Au total, ces tuyaux pourront acheminer quelque 31,5 milliards de mètres cubes de gaz pompé en Russie chaque année. Trois autres pays vont être alimentés également, il s’agit de la Bulgarie, la Hongrie et la Serbie.

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