RCD: l’instance de dialogue et les appels à la désobéissance civile visent « à marginaliser la transition démocratique »

Au lendemain du dépôt de la candidature à la présidentielle du 18 avril prochain du président sortant Abdelaziz Bouteflika, le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) apporte une réponse des plus cinglantes au système algérien «autiste».

Crédit photo : DR | Mohcine Belabbes, président du RCD

Le RCD a estimé, hier vendredi, que l’installation de la commission de dialogue et de médiation coordonnée par Karim Younes et l’appel à la désobéissance civile n’est qu’une autre manœuvre du pouvoir qui vise à embarder l’option de la rupture, celle de l’organisation de « la transition démocratique ».

 

« L’installation d’une commission dite de dialogue national ou l’intrusion de mots d’ordre et de faux débats sur la désobéissance civile, en ce moment précis, visent à marginaliser la seule option de rupture viable, à savoir la transition démocratique et pacifique qui demeure la revendication de la majorité des animateurs et des acteurs du mouvement du 22 février », indique le RCD dans un communiqué qui a sanctionné la réunion de son secrétariat national.

pour le parti, « Le choix de créer des divergences artificielles entre les tenants d’une présidentielle sans conditions ni préalables avec un autre pôle du même système qui serait pour des mesures d’apaisements avant la fixation de la date d’un scrutin présidentiel ne trompe personne », souligne le parti ajoutant qu’ il s’agit, pour le pouvoir en place, « de focaliser le débat sur deux fausses solutions qui procèdent de cette même option, dans une situation de verrouillage du champ médiatique y compris par le blocage des sites d’information », soutient-il.

« Dans ce dernier secteur, c’est toujours la famille du président déchu qui veille à la censure, ce qui donne encore du crédit aux voix qui estiment que le 5e mandat est dans les faits en cours » rappelle le RCD faisant allusion aux dernières déclarations de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour. Ce dernier, avait déclaré que « le pays vit toujours sous le cinquième mandat, mais sans Bouteflika ».

 

De ce fait, il considère que « face à la contre-révolution enclenchée par le Haut commandement militaire avec ses manœuvres de division entre les enfants d’un même peuple millénaire, l’instrumentalisation de la justice pour sévir contre des manifestants pacifiques, la  criminalisation de l’opinion libre et de l’action politique et la mainmise sur les médias, le combat pacifique, au grand jour, demeure le seul rempart contre l’arbitraire et les tentations du pire ».

Toutefois, « le mouvement populaire n’est pas tombé dans le piège de l’option de la structuration verticale susurrée çà et là par nombre d’”experts”. L’alternative n’est pas le choix entre cette option suicidaire, irréalisable dans les faits et qui redonnerait la main aux chantres de la présidentielle, sponsorisée par les débris du système et l’autre option qui consiste en l’absence de toute centralisation du mouvement et qui tend aujourd’hui à donner du carburant à certaines dérives gauchistes ».

Enfin, le RDC, appelle « l’ensemble des acteurs de cette période cruciale pour l’avenir de notre pays à entendre les cris de l’Algérie profonde qui bat le pavé depuis bientôt six mois pour l’avènement d’un avenir meilleur pour les générations future, à privilégier le devoir patriotique pour hisser notre pays dans le sens de l’Histoire et à honorer les sacrifices de notre peuple pour retrouver le chemin de la liberté, du progrès et de la justice ».

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