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Rapport annuel sur les droits de l’Homme: Amnesty international accable l’Algérie

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Amnesty international a publié, ce mardi  29 mars son rapport annuel (2021-2022) sur la situation des droits humains dans le monde. Dans la partie qui concerne l’Algérie, l’ONG s’est montrée «fortement préoccupée» par l’utilisation de la justice pour museler la dissidence et par le « laxisme » face aux féminicides.

«Des dizaines de personnes, arrêtées pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions, sont en détention provisoire depuis plusieurs mois voire plus d’une année pour certaines», déplore AI dans un communiqué. Elle rappelle dans ce sens que toute personne placée en détention dans l’attente de son procès «a droit à ce que la procédure dont elle fait l’objet soit menée dans un délai raisonnable» et si ce n’est pas le cas, «elle a le droit d’être remise en liberté en attendant l’ouverture de son procès». Des centaines de détenus politiques et d’opinion se trouvent actuellement dans différentes prisons du pays, selon le CNLD.

Recours abusif à la détention provisoire

Pour Hassina Oussedik, directrice d’AI Algérie, «placer un individu en détention avant son procès ne doit jamais être utilisé à titre punitif car le fait de le maintenir en détention au-delà d’un délai raisonnable revient à le punir sans l’avoir condamné, ce qui est contraire aux normes internationales.».

Estimant que le «le recours abusif à la détention provisoire a des incidences conséquentes sur les droits fondamentaux des justiciables», Amnesty international explique que ce procédé «enfreint les normes internationales et la loi Algérienne qui consacrent le droit à un procès équitable». «Le non-respect de ce droit signifie porter atteinte au respect du principe de présomption d’innocence, aux droits effectifs de la défense, et au droit à la liberté», ajoute l’organisation, dont la directrice qualifie d’«inadmissible» la discordance entre les textes de loi et la réalité.

«C’est pourquoi, nous appelons à une réforme en profondeur de la législation et de la pratique des acteurs judiciaires, afin de réduire l’utilisation abusive de la détention provisoire», a déclaré Hassina Oussedik.

Dans son rapport, l’ONG revient aussi sur «les chefs d’inculpation vagues prêtant à de larges interprétations» qui servent de prétexte pour l’arrestation de centaines de personnes.

De vagues prêtant à de larges interprétations

«Depuis avril 2021, les tribunaux ont utilisé, de plus en plus, des accusations liées au terrorisme pour poursuivre et placer en détention des militants et des journalistes en raison de leurs liens présumés avec le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et Rachad, classées comme organisations terroristes par les autorités», constate Amnesty international, appelant à «la libération» de ces personnes emprisonnées simplement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions.

Rappelant, en outre, «la répression» qui s’est abattue sur les partis politiques et les associations (UCP, PST, RAJ), Amnesty international a appelé les autorités algériennes «à amender les lois qui restreignent les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association conformément aux normes internationales relatives aux droits humains».

Par ailleurs, AI a relevé qu’en 2021, les autorités «n’ont pas mis en place un plan d’action national pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes, notamment les féminicides». «Ces féminicides ont pris de l’ampleur en raison de l’absence d’une réaction forte des autorités, de l’impunité et de l’indifférence de la société vis-à-vis de toutes les formes de violences contre les femmes, écrit l’organisation» qui évoque «au moins 55 femmes tuées dans différentes wilayas, selon les chiffres de femenicides-dz». Alors que la gendarmerie nationale a fait état de 8000 cas de violences contre les femmes durant les huit premiers mois de l’année 2021.

Absence d’une réaction forte des autorités face aux féminicides

Rappelant le message du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des Femmes, sur «(…) la protection de la femme contre la violence sous toutes ses formes en tous lieux et circonstances dans l’espace public et dans les espaces professionnel et privé», consacrée dans la Constitution, la directrice d’AI Algérie estime que la cause des violences à l’encontre des femmes «réside dans les discriminations liées au genre et au refus de l’égalité entre hommes et femmes dans tous les aspects de la vie».

«C’est pourquoi la protection des femmes, garantie par la Constitution, doit être suivie par une approche globale intégrant la lutte contre toutes les formes de violences ainsi que l’égalité des droits entre hommes et femmes», insiste Hassina Oussedik.

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