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Politique

Publicité-presse: 15 000 milliards de centimes distribués par l’ANEP en 20 ans

Melissa NAIT ALI

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© DR| Larbi Ouanoughi, PDG de l'ANEP


On connait désormais certains chiffres officiels. Ils donnent déjà le tournis. De nombreux patron de journaux ont gagné le jack pote sous le règne du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. Pendant 20 ans, l’ANEP qui a toujours servi de moyen de pression du pouvoir sur les médias, a été transformé en une boite à sous à des patrons de presse qui se sont remplis les poches.


En effet, le PDG de l’ANEP, Larbi Ouanoughi, vient de lever le couvercle sur ce qui sera peut être le prochain grand scandale. Dans des déclarations aux deux quotidiens El Khabar et El Watan (paru aujourd’hui 6 août), le nouveau patron de l’ANEP fait des révélations fracassantes.

A commencer par la manne financière ayant transité par cet organisme durant les deux dernières décennies. Selon lui, l’ANEP « a eu à gérer un portefeuille de plus de 15 000 milliards de centimes ces 20 dernières années ». Une grande partie de cette manne, gérée de manière occulte, a servi à l’engraissement de la clientèle médiatique du pouvoir.

Les bras médiatiques du pouvoir choyés

Poursuivant, le PDG de l’ANEP, révèle l’ampleur de la manne publicitaire brassée par de nombreux titres de la presse écrite, fondés particulièrement depuis le début des années 2000. Grâce à la complaisance des tenants du pouvoir et des gestionnaires de cette boite, des clients médiatiques du pouvoir ont été choyés.

C’est le cas d’Echourouk (140 milliards de centimes entre 2012 et 2015 et plus de 39 milliards entre 2016 et 2019), Ennahar (120 milliards de centimes entre 2012 et 2015 et 115 milliards de centimes, entre 2016 et 2019, soit 235 milliards de centimes) et El Bilad (40 milliards de centimes entre 2016 et 2019).

Même s’il est de création récente, El Hayat et Habet Hannachi, patron aussi d’une chaîne de télévision portant le même titre, a déjà accaparé 12 milliards de centimes. Affirmant que l’entreprise a perdu 5000 milliards de centimes de créances, le PDG de l’ANEP affirme aussi que les pouvoirs publics ont accordé, depuis 2012, 347 agréments de création des organes de presse. Parmi ces agréments, 40 titres appartiennent à des prête-noms, alors 107 autres ont fermé boutique.

Poursuivant la série de ses révélations, Larbi Ouanoughi affirme aussi que depuis 2016, 4000 milliards de centimes ont été distribués sur la presse écrite. C’est ainsi que le journal El Balagh a bénéficié de 30 milliards de centimes, la Dépêche de Kabylie (23 milliards de centimes) et Reporter (54 milliards de centimes).

Si Affif s’empare de 110 milliards

Dans cette listes, il y a des bénéficiaires pour le moins étranges. C’est le cas du député du FLN, au parlement depuis plus de 20 ans, Abdelhamid Si Affif. Ce dernier est le propriétaire des deux quotidiens La Tribune des lecteurs (francophone) et Manbar El Koraa (arabophone) qui ont siphonné entre 2012 et 2019 110 milliards de centimes.

D’autres patrons ont également joué avec des milliards durant cette période. C’est le cas du journal El Adjouaa, appartenant à des proches de l’ancien député du RND décédé, Miloud Chorfi, a bénéficié, lui aussi de 6 milliards de centimes. Le quotidien le Jour d’Algérie a brassé aussi près de 46 milliards de centimes entre 2016 et 2019 et 46 milliards entre 2012 et 2015. Les débats, une publication appartenant à la même propriétaire que Le jour d’Algérie, a disposé de 43 milliards de centimes entre 2016 et 2019.

Le quotidien La Tribune, fermé en 2017, a bénéficié aussi de 56 milliards entre 2012 et 2015. La Nouvelle République, d’Abdelouhab Djakoun, a empoché 43 milliards de centimes entre 2012 et 2015. Le quotidien El Khabar qui a commencé à bénéficier de la publicité ANP depuis 2016, il a été destinataire de 35 milliards de centimes.

Le PDG de l’ANEP ne communique par les sommes obtenu aussi par l’Expression d’Ahmed Fatani, le journal région Edough du fils d’Ahmed Gaïd Salah, ex-chef d’état-major de l’ANP, et la manne distribué aussi aux journaux publics (El Moudjahid, l’Horizon, Echaab, Ennasr et El Djemhouria).

Djamel Kaouane taclé

Larbi Ouanoughi évoque aussi, dans cette intervention médiatique, de nombreuses anomalies dans la gestion de l’ANEP et l’existence d’un conflit d’intérêt. Il tacle, dans ce sens, son prédécesseur à ce poste, Djamel Kaouane, devenu par la suite ministre de la communication.
Le nouveau patron de l’ANEP affirme que l’IGF et la gendarmerie enquête actuellement sur la gestion précédente de l’entreprise. Doit-on s’attendre à des procès

Politique

Détenus du Hirak et journalistes condamnés : des personnalités de renom lancent un appel

Melissa NAIT ALI

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© DR | Khaled Drareni, condamné à 2 ans de prison ferme

Plusieurs personnalités nationales et internationales, dont le philosophe et linguiste américain Noam Chomsky, l’historien Mohammed Harbi, le Sociologue Nacer Djabi et Pierre Audin, fils du martyr Maurice Audin, viennent de réagir à la situation en Algérie.

Ils ont signé appel à la libération des journalistes, Khaled Drareni et Abdelkrim Zeghilèche, ainsi que tous les détenus du Hirak. « La condamnation à deux ans de prison ferme de Khaled Drareni ce 15 septembre 2020, ainsi que celle d’Abdelkrim Zeghilèche à la même peine, sont l’ultime démonstration de cette justice aux ordres. Les peines écopées par ces deux journalistes, punis pour avoir exercé avec honnêteté, responsabilité et engagement leur travail d’information, sont les plus lourdes prononcées contre des journalistes depuis l’indépendance de l’Algérie », condamnent les signataires, parmi lesquels figurent également des universitaires libanais, marocains, français, syriens, égyptiens, sénégalais et espagnole.

Rappelant le combat du peuple algérien pour la conquête de ses droits légitimes mérite la solidarité agissante de toutes les femmes et de tous les hommes épris de justice et de liberté, les signataires dénoncent notamment « la politique répressive menée par le pouvoir algérien envers le Hirak pacifique et responsable, qui est un espoir de libération et d’émancipation citoyennes ».

Ce faisant, ils exigent la libération « immédiate et sans condition de tous les journalistes et de tous les détenus politiques et d’opinion ». Les signataires alertent aussi les différentes organisations internationales pour exiger de l’Etat algérien le respect de tous les traités et conventions de défense des droits humains ratifiés par l’Algérie.

« Faire respecter les droits et libertés des citoyens »

« Nous appelons solennellement le chef de l’Etat algérien à faire respecter, effectivement, les droits et libertés des citoyennes et des citoyens établis par les conventions internationales et dûment ratifiées par l’Algérie », lancent-ils.

Faisant un rappel des revendications du mouvement du populaire depuis le 22 février 2019, ces personnalités rejettent l’attitude du pouvoir face à ces revendications. « Au lieu de suivre la voie de la sagesse et le sens élevé des responsabilités montrés par les acteurs du soulèvement et de répondre à leurs aspirations légitimes, les dirigeants algériens, toujours préoccupés par leurs luttes internes de pouvoir, échafaudent des feuilles de route remplies de promesses visant la sauvegarde de leurs propres intérêts », soulignent-ils.

Afin de répondre aux aspirations populaires exprimées depuis février 2019, ajoutent-ils, « la voie est dans l’ouverture des scènes politiques et médiatiques, débarrassées de la surveillance des services de sécurité ». « Elle est dans l’engagement, par le dialogue et la négociation avec les acteurs du Hirak, d’une véritable transition démocratique, pouvant assurer un Etat de droit, garant des libertés individuelles et collectives », indiquent-ils.

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Politique

Coronavirus en Algérie: 219 nouveaux cas, 05 nouveaux décès

Yasmine Marouf-Araibi

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219 nouveaux cas de coronavirus et 05 décès supplémentaires ont été signalés ces dernières 24h sur le territoire national, indique ce vendredi le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie en Algérie.

Ces nouveaux chiffres, précise le comité, portent le bilan national à 49413 cas et 1659 décès.

En outre, le bilan du comité fait état de 143 nouvelles guérisons ce qui porte le nombre total à 34687.

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Politique

Lettres anonymes: le communiqué intégral

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Crédit photo : DR | Ouverture du capital des entreprises

La présidence de la République a rendu public vendredi un communiqué concernant les lettres de dénonciation anonymes, dont voici la teneur :

“Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé, dans son allocution d’ouverture prononcée lors de la deuxième rencontre Gouvernement-walis de cette année, tenue les 12 et 13 août dernier, de ne plus tenir compte des lettres anonymes dans les poursuites judiciaires. Une semaine après cette rencontre, le président de la République a adressé une instruction aux membres du Gouvernement et aux responsables des corps de sécurité, dont voici le texte intégral :

Des rapports parvenus à la présidence de la République font ressortir que certains cadres de l’Etat et responsables à différents niveaux ont fait l’objet de poursuites judiciaires, sur la base de simples lettres anonymes adressées aux différents services de sécurité et institutions de l’Etat. Nombre de cadres ont ainsi été privés de liberté sur la base de ces lettres qui, le plus souvent, se sont avérées dénuées de tout fondement. Outre l’injustice subie par ces derniers-sus-cités, cet état de fait a entraîné une paralysie de l’activité des administrations et des entreprises publiques, à cause de la crainte, la peur et l’angoisse d’être poursuivi sur la base d’une simple lettre anonyme.

Alimenté par la rumeur, un climat de crainte et de suspicion s’est installé auprès d’autres responsables qui, par crainte d’éventuelles poursuites judiciaires, se limitent à un minimum d’obligations et ne développent aucun esprit d’entreprise. C’est ainsi que le traitement d’importants dossiers, revêtant parfois un caractère d’urgence, est renvoyé à des dates ultérieures, causant ainsi de graves préjudices au fonctionnement de ces institutions.

Il est de ce fait impératif de différencier les fautes de gestion dues à une erreur d’appréciation des actes volontaires qui ne profitent qu’à leurs auteurs ou à des tiers malintentionnés. Pour ce faire, l’administration judiciaire dispose de tous les moyens légaux pour mener des investigations en la matière.

Si la lutte contre la corruption est irréversibles et nécessaire, elle ne doit, en aucun cas, prendre la forme d’une campagne de déstabilisation des outils de réalisation et de concrétisation des missions de l’Etat et de ses différentes structures d’exécution.

Ce climat malsain est naturellement alimenté par des rumeurs souvent distillées par les tenants de l’argent sale, des corrompus, ceux qui veulent à tout prix déstabiliser l’Etat et ses structures pour échapper à leur sort inéluctable.

De ce fait, il est impératif, dès la réception de cette circulaire, de faire la différence entre:

a- les actes qui, bien que condamnables, ne tiennent qu’à l’incompétence ou à la mauvaise appréciation, qui sont démunis de tout esprit ou de volonté de corruption, passive ou active, et ne profitent pas à l’agent incompétent, a- les actes qui, bien que condamnables, ne tiennent qu’à l’incompétence ou à la mauvaise appréciation, qui sont démunis de tout esprit ou de volonté de corruption, passive ou active, et ne profitent pas à l’argent incompétent, ni directement, ni indirectement, ni à sa famille, ni à ses amis ou connaissances. Ces actes seront sévèrement sanctionnés administrativement.

b- Les actes ayant été à l’origine de pertes économiques ou financières à l’Etat dans le but d’accorder des avantages indus à des tiers, en infraction aux lois et règlements et sans consultation écrite de la hiérarchie. Dans ce cas, le doute est permis et l’investigation doit être orientée vers la recherche de preuves tangibles de corruption active ou passive.

Par contre, toute aide apportée par les citoyens, directement ou à travers les médias avec les preuves nécessaires, doit être prise en compte pour des investigations éventuelles. Il est clair que dans ce cas, le citoyen doit être protégé par l’Etat de toute forme de représailles.

De même que toute personne détenant des informations dans ce sens est invitée à se rapprocher directement des autorités habilitées, conformément aux procédures en vigueur ou, le cas échéant, s’adresser expressément aux organes de la presse, la liberté de cette dernière étant consacrée par la Constitution.

Aussi, Monsieur le ministre de la Justice et Messieurs les responsables des services de sécurité, en charge des procédures préliminaires et judiciaires, vont être instruits, chacun dans son domaine de compétence, de ne plus tenir compte, à l’avenir, des lettre de dénonciation anonymes, celles-ci ne pouvant en aucun cas constituer une preuve d’imputabilité de faits qualifiés de crime ou de délit.

J’accorde le plus grand intérêt à la stricte application de la présente instruction”.

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