Projet de loi de finances 2019 : La planche à billets continuera de couvrir les déficits

Malgré la hausse des recettes budgétaires, le solde global du Trésor public devra afficher un déficit de près de 2 200 milliards de dinars en 2019, selon les projections du projet de loi de finances, adopté mercredi dernier en Conseil des ministres.

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Malgré la hausse des recettes budgétaires, le solde global du Trésor public devra afficher un déficit de près de 2 200 milliards de dinars en 2019, selon les projections du projet de loi de finances, adopté mercredi dernier en Conseil des ministres.

Un tel niveau de déficit laisse prévoir d’importants recours aux financements monétaires par la Banque d’Algérie (BA), c’est-à-dire à la planche à billets, alors que le niveau d’inflation projeté pour l’exercice prochain est de l’ordre de 4,5 %, selon les cadrages macroéconomiques du PLF 2019. Prévoyant des recettes budgétaires en légères hausse, à 6 508 milliards de dinars, dont 2 714 milliards de dinars de recettes fiscales pétrolières.

Recettes de l’Etat

Le PLF s’appuie pourtant sur des projections très prudentes, en étant basé sur un prix de référence du baril de pétrole de seulement 50 dollars. Or, si les recettes de l’Etat s’inscrivent à la hausse, les dépenses budgétaires prévues sont maintenues dans des proportions très importantes, ce qui ne manque pas de nourrir les déficits publics et d’appuyer par conséquent leur couverture sur les instruments monétaires de financement interne non conventionnel.

Ainsi, le PLF 2019 prévoit des dépenses globales de l’ordre de 8 557 milliards de dinars, dont un budget de fonctionnement en hausse à 4 954 milliards de dinars, tandis que celui affecté à l’équipement marquera un léger recul avec des enveloppes de quelque 3 600 milliards de dinars en crédits de paiements et de 2600 milliards de dinars en autorisations de programmes pour financer de nouveaux projets ou réévaluer ceux en cours.

« situation sécuritaire aux frontières»

Aussi, si le recul des dépenses d’investissement public par rapport à l’exercice précédent est justifié par la baisse des crédits consacrés auparavant à l’assainissement des créances détenues sur l’Etat, la hausse du budget de fonctionnement découle, elle, «de la situation sécuritaire aux frontières», mais aussi est surtout du «relèvement des transferts sociaux», selon les précisions du Conseil des ministres.

transferts sociaux

Atteignant une part de près de 21% du budget global de l’Etat, le montant des transferts sociaux sera ainsi porté en 2019 à plus de 1760 milliards de dinars, repartis notamment entre les soutiens aux prix, le système des retraites et les politiques publiques de logement et de la santé.

Bien qu’il améliore les dépenses sociales, tout en évitant l’instauration de nouvelles taxes, le projet de loi de finances de 2019 induit néanmoins une politique budgétaire plutôt expansionniste, ce qui ne favorise pas la résorption des déficits encore abyssaux du Trésor et du budget de l’Etat.

Planche à billets

Des déficits qui ne pourront être financés, dans le contexte actuel, que par des recours importants à la planche à billets, avec des périls inflationnistes très évidents. Ce qui risque en définitive de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages.