Production de lait cru : le premier producteur national souffre d’embûches administratives

Une mission d'opérateurs économiques du secteur de l'agriculture s’est rendue, il y’a deux jours, aux Etats-Unis, a annoncé sur son site l’US-Algéria Business Council (USABC) pour « une visite d’étude sur l’agroalimentaire entre les USA et l’Algérie ».

Crédit photo: DR | traite de lait

Une mission d’opérateurs économiques du secteur de l’agriculture s’est rendue, il y’a deux jours, aux Etats-Unis, a annoncé sur son site l’US-Algéria Business Council (USABC) pour « une visite d’étude sur l’agroalimentaire entre les USA et l’Algérie».

 

 

l’APS a précisé que c’est pour s’enquérir du savoir-faire américain, notamment dans les filières de l’élevage et de l’agroalimentaire. Organisée par USABC et le Forum des chefs d’entreprises avec le soutien de l’ambassade d’Algérie à Washington, la délégation qui compte une « trentaine d’opérateurs privés », a été conduite par le ministre de l’Agriculture, du développement rural et de la pèche, M. Abdelkader Bouazghi, et le Président du FCE, M. Ali Haddad.

Le moment fort de la visite a indiqué Smail Chikhoune, le président d’USABC sera la « signature de quatre mémorandums d’entente avec des entreprises agricoles américaines, portant sur la création de trois fermes laitières de 30.000 vaches chacune et une unité de transformation de la pomme de terre». Sur le site du FCE , il n’est indiqué que la visite d’exploitations agricoles.

Podium

On insiste par contre sur le lancement d’un ouvrage sur les relations économiques entre les deux pays et une rencontre-débat au Congrès américain autour des opportunités de coopération qu’offrent le marché algérien et les relations transatlantiques. Fleuron de l’industrie agroalimentaire et première sur le podium de la production laitière, la Laiterie Soummam n’était pas de la délégation des opérateurs de la filière lait.

Avec 450 000 litres de lait cru collectés chaque jour en moyenne dans ses 44 centres de collectes répartis sur 38 wilayas et de 4300 éleveurs (fermes propres à Soummam et éleveurs partenaires) qui traitent autours de 50 000 vaches. C’est le tiers de la production nationale que fournissent les exploitations de Lounis Hamitouche le patron de la laiterie. 20 000 litres collectés dans 7 fermes de la Laiterie (sans le lait collecté chez les éleveurs partenaires)  d’une capacité de 40 000 l/j installées dans des wilayas du nord et de la steppe, à l’est comme à l’ouest du pays.

Avec 2000 tonnes de produits finis par jour, elle couvre 100% des régions du territoire national en yaourt et produits aux multiples variétés. En janvier 2018, El Hadj Hamitouche annonçait à Oran son intention d’investir 2 milliards de dinars dans de nouvelles fermes d’élevages laitières de 144 vaches chacune dans plusieurs wilayas du pays ; à Batna, Constantine et Oum El Bouaghi et une plus grande de 2000 vaches sur 423 hectares à Hassi Lefdoul dans la wilaya de Tiaret. Ce qui accroîtra les capacités journalières pour les porter à 150 000 l/j. Les besoins nationaux en lait sont de l’ordre de 2 millions l/j selon le ministère de l’agriculture, (lait de poudre importé compris).

Le patron de Soummam qui a également fait part de sons projet d’investir dans l’aliment du bétail avec une unité de production fourrage dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj et se libérer de la dépendance des importations. Selon une source proche de la laiterie « le projet a été abandonné par la suite pour « des raisons purement administratives ».

Zappée

La Laiterie, non sans une somme d’embuches comme on peut les deviner, est devenu un acteur incontournable de la filière. 38 millions d’euros de chiffre d’affaire consacrés aux investissements locaux et au développement de la filière sur tous ses segments. Toutes les opportunités d’affaires ont été saisies pour se réduire la facture de l’importation en devise du lait en poudre.

Le cœur de la stratégie est l’éleveur. Le crédo de l’entreprise « Si on ne vient pas en aide aux éleveurs, ils ne pourront jamais acheter les vaches, les nourrir correctement, produire un lait de qualité et le collecter jusqu’à l’usine ; tout en leur permettant de faire des gains substantiels, une fois notamment que les vaches sont totalement payées avec l’argent du lait » précise Seddik Saadi, directeur de la collecte de lait et de l’Agro-élevage de la laiterie Soummam.

Le plan, un vaste réseau de collecte qui aujourd’hui compte près de 5000 éleveurs facture des importations. Alors, s’interrogent-on, pourquoi le meilleur exemple de réussite national, tout en restant relatif, n’est pas associé aux actions de la promotion des opportunités d’investissement de la filière lait? Pourquoi Soummam a été zappée ? Seddik Saadi, nous explique que : « Soummam ne figure pas malheureusement dans la délégation et si nous sommes absents c’est tout simplement qu’on a jamais été invité ».

Bien que nous n’ayons pas pu joindre la personne apte au FCE à nous répondre pour nous donner une explication, il semblerait que les membres de la délégation seraient tous des adhérents à cette organisation patronale. Exit le Ministre de l’Agriculture bien entendu. Soummam n’est pas adhérente avons-nous appris.

«présents sur 37 wilayas» 

La laiterie Soummam, dans le peloton de tête des entreprises qui travaillent pour investir en Algérie, réduire le chômage et la facture des importations, développer une filière n’est pas au top et elle mérite des encouragements avec des appuis, des soutiens et des facilitations. « Bureaux du ministère » « Notre programme de développement n’avance pas comme on le souhaite » nous avoue M. Saadi. « Actuellement nous sommes présents sur 37 wilayas du pays et on ne collecte qu’environs 400 000 (chiffres décembre 2018) Litres par jour c’est 1/3 du lait cru national mais ça ne couvre que 1/4 de nos besoins. 80 % des charges de l’élevage sont les coûts de l’alimentation » précise-t-il en expliquant que le « programme de production de fourrage pour les 4200 éleveurs mais malheureusement les terres au sud du pays ne sont pas faciles à obtenir comme on le prétend. On a aussi un autre programme d’une ferme de 5 000 vaches laitières en partenariat avec des hollandais et ça fait plus d’une année que notre dossier fait le tour des bureaux du ministère ».

«Avec l’interdiction des importations, on n’arrive même pas à faire les extensions des 7 fermes opérationnelles actuellement. Le nombre de têtes bovin et d’éleveurs en Algérie est en chute libre vu qu’il n’y a pas de repeuplement et de remplacement des vaches réformées, mortes ou malades » nous a encore déclaré le Directeur de la collecte de lait et de l’Agro-élevage de la laiterie Soummam.

Une question demeure pour l’heure sans réponse : Pourquoi le gouvernement qui nous entonne à longueur de l’année sur la production nationale viole lui même la règle qu’il a fixé ? Pourquoi devons nous aller à l’autre bout du monde pour trouver des « partenaires » et importer « des compétences », où surtout, pourquoi ne pas ouvrir les portes aux gens qui travaillent ?

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