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Politique

Procès en appel de Khaled Drareni : “une opportunité pour les autorités algériennes de cesser leur fuite en avant”

Yasmine Marouf-Araibi

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L’organisation non gouvernementale Reporters Sans Frontières (RSF) a appelé les autorités algériennes à saisir l’opportunité représentée dans le procès en appel du journaliste Khaled Drareni, prévu pour le 08 septembre à la Cour d’Alger, afin de “cesser leur fuite en avant” et “revenir à la vérité des faits et au respect du droit, de la Constitution et des engagements internationaux du pays”.

Le procès en appel de Khaled Drareni sera une opportunité pour les autorités algériennes de cesser leur fuite en avant en matière de répression de la liberté de la presse“, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. “Ce sera l’occasion pour la justice algérienne de revenir à la vérité des faits et au respect du droit, de la Constitution et des engagements internationaux du pays”, ajoute-il.

Pour RSF, l’audience du procès en appel “va se dérouler dans un contexte de plus en plus détérioré pour  la liberté de la presse en Algérie”.

“Depuis la condamnation de Khaled Drareni, plusieurs décisions ont confirmé le durcissement du pouvoir algérien envers les journalistes et médias indépendants” poursuit l’ONG avant d’évoquer la condamnation du journaliste et militant Abdelkrim Zeghileche à deux ans de prison ferme. Elle mentionne également le cas du journaliste Mustapha Bendjama qui fait l’objet de harcèlement judiciaire. “Entre les mois de février 2019 et mars 2020, le journaliste a été interpellé à au moins neuf reprises à Annaba”, rappelle-t-elle.

Revenant sur la condamnation, le 10 août, de son correspondant Khaled Drareni à trois ans de prison ferme et 50,000 DA d’amende, RSF estime que ce verdict “viole de manière évidente la Constitution et marque une infidélité aux idéaux de l’indépendance algérienne, soulève le cœur et l’esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent”.

“Il s’agit clairement d’une persécution judiciaire contre un journaliste qui fait preuve d’une remarquable indépendance d’esprit et est l’honneur de son pays. Au-delà, c’est un message d’intimidation inacceptable contre la presse algérienne dans son ensemble. Cette décision qui relève d’une justice aux ordres vient de faire de Khaled Drareni un symbole qui suscite une indignation et une mobilisation mondiales”, fustige RSF.

Dans le même sillage, l’organisation reproche au Président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019, de ne pas avoir tenu sa promesse de répondre aux revendications du mouvement de protestation populaire. “Où est donc passée l’Algérie nouvelle ?”, questionne-t-elle.

“Le pays avait déjà perdu 25 places au Classement mondial de la liberté de la presse depuis 2015, dont cinq de 2019 à 2020. A la 146e place sur 180 pays, le régime s’enfonce encore dans une spirale de la répression”, regrette-elle.

Pour rappel, le journaliste Khaled Drareni a été condamné, le 10 août, à trois ans de prison ferme et 50,000 DA d’amende pour “atteinte à l’unité nationale” et “incitation à attroupement non armé”. Ses co-accusés, qui ont été libérés provisoirement le 02 juillet, ont été condamnés à deux ans de prison dont quatre mois ferme. Ils sont restés en liberté. le procès en appel des trois prévenus a été programmé pour le 08 septembre à la cour d’Alger.

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