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Politique

Procès de Drareni, Hamitouche et Belarbi: le RAJ dénonce des peines “injustes et condamnables”

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Khaled Drareni portant une pancarte en soutien à Samir Belarbi, Slimane Hamitouche et Toufik Hassani

L’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ) a réagi ce lundi au verdict du tribunal de Sidi M’hamed qui condamne le journaliste Khaled Drareni à trois ans de prison ferme et les deux militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche à deux ans de prison dont quatre mois ferme.

“La “justice” a encore une fois sévit contre le droit à l’expression libre et contre la parole libre. Le verdict de l’affaire de Khaled Drareni, Slimane Hamitouche et Samir Belarbi est tombé, 3 ans de prison ferme pour khaled Drareni et une amende. 2 ans de prison dont 4 mois ferme pour Slimane Hamitouche et Samir Belarbi”, a écrit l’association sur Facebook.

“De lourdes peines, injustes et condamnables”, a regretté l’association. “Par ses agissements, le pouvoir met en veille la justice et instrumentalise davantage le système judiciaire pour museler et intimider les militants.es, acteurs et dynamiques de la société et pour criminaliser la liberté de la presse et d’expression. Il vise à faire taire toutes les voix libres et réduire au silence le droit à la libre information et à la liberté de la presse et d’expression”, a-t-elle poursuivi

“Le RAJ condamne la volonté du régime de poursuivre sa politique de musellement de toutes les voix libres et l’interpelle sur les répercussions dangereuses de cette approche sécuritaire qui peut y avoir dans la société”, a-t-elle ajouté.

Ce lundi, 10 août à 10h, le tribunal de Sidi M’hamed a rendu son verdict dans l’affaire du journaliste Khaled Drareni et des deux militants Samir Belarbi et Slimane Hamitouche, tous arrêtés le 07 mars dernier et poursuivis pour “incitation à un rassemblement non armé” et “atteinte à l’unité nationale”. Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme et 50.000 DA tandis que ses co-accusés ont écopé de deux ans de prison dont 4 mois ferme.

Une fois le verdict prononcé, les messages d’indignation et de colère ont commencé à pleuvoir sur les réseaux sociaux comme dans la vraie vie.

Devant le tribunal de Sidi M’hamed, les journalistes et activistes, partis pour entendre le verdict, ont tenu un sit-in de protestation. Des slogans comme “un état civil non militaire” et “Khaled Drareni est un journaliste libre” ont été scandés.

Les avocats ont, quant à eux, dénoncé la discrimination entre les trois prévenus pourtant poursuivis pour les mêmes chefs d’accusation affirmant qu’ils feront appel du verdict.

Sur le réseau social Facebook, l’avocat Abdelghani Badi a dénoncé “un piétinement de la Justice”.

“La condamnation du journaliste Khaled Dareni à trois ans d’emprisonnement est à la fois un piétinement de la justice de la presse et du citoyen, qui se fait sous l’influence des caprices du pouvoir. Il ne faut pas rester les bras croisés, car on en a assez”, a-t-il écrit.

L’organisation non gouvernementale, reporters sans frontières (RSF) a également réagi à la condamnation de son correspondant. “La justice algérienne vient de condamner le journaliste Khaled Drareni à une peine de trois ans de prison ferme. Cette décision soulève le cœur et l’esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent”, a écrit le président de RSF, Christophe Deloire.

“Il s’agit clairement d’une persécution judiciaire contre un journaliste qui est l’honneur de son pays. Une justice aux ordres vient de faire de Khaled Drareni un symbole qui va susciter une indignation et une mobilisation mondiales”, a-t-il ajouté.

De son coté, la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, “inquiète” et “scandalisée” a estimé que la condamnation de Khaled Drareni est “un précédent grave qui augure un sale temps pour les journalistes et les libertés”.


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