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Politique

Prison d’El Harrach : La lettre d’Ali Ghediri à Abdelmadjid Tebboune

Yasmine Marouf-Araibi

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L’ancien candidat à la présidentielle du 18 avril 2019 et général à la retraite, Ali Ghediri, a adressé, depuis sa cellule à la prison d’El Harrach, une lettre ouverte à Abdelmadjid Tebboune. A travers cette lettre le détenu accuse le Président “d’instrumentaliser” les institutions de l’Etat dont le système judiciaire “et d’en soumettre le fonctionnement à leur seul bon vouloir”.

Voici le texte intégral de la lettre.

« Après une année de détention, l’on est venu me signifier, pour la quatrième fois consécutive, la prorogation, nonobstant la forme, de la durée de « confinement politique » auquel je suis soumis et désigné par euphémisme mandat de dépôt, cette mesure exceptionnelle que le législateur, conscient de l’usage abusif qui pourrait en être fait, a, par prévenance, soumise à des conditions strictes et bien définies. Et c’est précisément cet abus que je suis en train de subir dans ma chair, dans les geôles d’El Harrach au motif inavoué que ma présence sur la scène politique n’était pas sans incommoder certains décideurs.

Il en va ainsi, monsieur le Président de la République, dans tout pays où les garde-fous institutionnels font défaut ; sans de telles conditions, les ressentiments personnels et les ambitions inhibent les consciences et laissent libre cours à l’omnipotence pour s’imposer aux lieu et place des lois et règlements régissant l’ordre républicain. Il devient alors loisible aux maîtres du moment d’instrumentaliser les institutions et les organismes de l’Etat et d’en soumettre le fonctionnement à leur seul bon vouloir.

Telle est la vérité, monsieur le Président. Et ce serait, en effet, attenter à la compétence et à l’intégrité du corps des magistrats que d’admettre qu’il puisse s’agir d’une décision judiciaire prise sur la base de faits et charges dûment établis. C’est d’une décision éminemment politique dont il s’agit car seule la politique se considère, quand elle est pratiquée dans de pareilles conditions, aux règles morales, non tenue. De la sorte, d’honorables citoyens, serviteurs toute une vie durant de l’Etat, autant moralement intègres que patriotes engagés, se retrouvent arbitrairement taxés de traîtres à la Nation et, par la seule omnipotence des décideurs, sont jetés sans preuve aucune en pâture à la vindicte populaire, coupables de crimes qui n’ont d’existence que dans l’imaginaire des commanditaires.

Les charges les plus dénuées de sens et les plus irréelles sont alors avancées pour servir d’habillage juridique à une accusation qui prend racine dans le terreau fertile des pulsions individuelles, des calculs de basse politique et du besoin vital de satisfaire certains égos hypertrophiés n’obéissant qu’à leurs instincts. Dans de pareils cas, l’avis contraire est perçu comme forcément subversif et tout opposant politique comme traître en puissance ; il en a été ainsi de ma candidature aux élections présidentielles avortées du 18 avril 2019: un droit citoyen appréhendé, par les décideurs du moment, comme un crime de lèse-majesté, une outrecuidance, un défi à leur suprême autorité en tant que gardiens autoproclamés du temple. Ils ne pouvaient ni ne sauraient admettre cette manière d’envisager la politique. Ils ont trouvé en mes positions contre le cinquième mandat et en mon engagement ferme et résolu pour une nette rupture avec le système en place prétexte pour m’accabler d’accusations d’extrême gravité relevant de la haute trahison.

C’est partant de ces seules considérations que s’est montée la cabale contre ma personne à laquelle les charges contenues dans mon dossier font figure de couverture judiciaire éhontée à des fins politiques et personnelles. Un véritable montage de mensonges grotesques et sans intelligence aux relents de règlement de comptes dans le seul but de me salir et me tenir éloigné du processus des élections présidentielles. Pour ce faire, les décideurs ont pêché par excès de confiance en la puissance que leur offrait la conjoncture qu’ils pensaient éternelle et, à ce titre, à même de forcer à leur seul profit les portes de l’histoire afin qu’elle soit écrite à leur guise.

Par devers leurs certitudes, les générations à venir retiendront -dans le détail parce que l’histoire obéit à ses seules lois- les postures des uns et des autres. Ces postures seront alors appréciées par rapport, en premier lieu, aux tentatives de maintien du système politique qui a mené le pays à l’impasse et qui était en phase de lui donner l’estocade en imposant au peuple le cinquième mandat et, en second lieu, par rapport au mouvement citoyen, El hirak, véritable ressac de l’aspiration démocratique novembriste, désormais grand ‘‘marqueur’’ de notre Histoire nationale. Pour ma part, mes idées et mes positions politiques, je les ai assumées spontanément au moment où l’évidence n’était pas de mise. Je continuerai à les assumer tant elles n’émanent point de revirement de circonstance ou de ralliement de dernières minutes dictés par un rapport de forces défavorable. Elles tirent plutôt leur essence de convictions si profondes qu’elles justifient, à mes yeux, tous les sacrifices de ma part, jusqu’au sacrifice suprême. En vérité, telle est la vocation de tous ceux qui ont embrassé le métier des armes au sein d’l’honorable Armée Nationale Populaire à laquelle j’ai consacré, sans regret, les deux tiers de ma vie ne m’attendant point à ce que d’aucuns osent m’accuser d’en saper le moral une fois à la retraite. Je laisse le peuple seul juge…

Cela étant monsieur le Président de la République,  j’ose dire, malgré mon état de « confiné politique » et face à l’acharnement dont je fais l’objet, que je ne suis pas sans croire que l’on ne saurait assurer une transcendance politique réelle -indispensable élan salvateur pour l’édification d’une république nouvelle authentiquement démocratique- sans liberté et sans justice ; elles en sont le socle.

Je reste par ailleurs convaincu que sans une solide détermination et sans un engagement sans faille pour la concrétisation de la rupture avec ce système, le risque est grand de perdre ce qui donne sens à notre existence en tant qu’individus, que génération et que nation.

Par le biais de cette lettre ouverte, j’espère, monsieur le Président de la République, vous avoir fait parvenir, à partir des geôles d’El Harrach, après une année de silence que je me suis imposé au seul regard de la situation du pays, non pas une imploration mais un appel pour une justice équitable, sereine et diligente qui puisse s’exercer sans injonctions d’où qu’elles puissent émaner. »

Respectueuses et fraternelles salutations.

Ali GHEDIRI,

Ex-candidat aux élections présidentielles du 18 avril 2019

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  1. Avatar

    Maknine

    16 juin 2020 at 10:04

    Une volonté de construire un état solide !
    😂😂😂😂😂😂

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Politique

L’Algérie condamne l’attaque terroriste au Niger

Achour Nait Tahar

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L’Algérie a condamné vigoureusement l’attaque terroriste qui a pris pour cible des civiles dans le sud du Niger, perpétré hier dimanche, exprimant son entière solidarité avec le gouvernement et le peuple de ce pays voisin, indique un communiqué du ministres des affaires étrangères rendu public ce lundi .

“L’Algérie condamne vigoureusement l’attaque terroriste qui a ciblé des civils dans la région de Koure au sud de la République de Niger, et exprime son entière solidarité avec le Gouvernement et le peuple nigériens et ses sincères condoléances aux familles des victimes de cet acte abject”, a précisé le communiqué.

“L’Algérie réitère sa ferme détermination à lutter contre le terrorisme et à soutenir les efforts internationaux et régionaux visant l’éradication de ce fléau”, a ajouté le MAE

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Politique

Il est condamné à 3 ans de prison ferme: TV5MONDE demande la libération de son correspondant Khaled Drareni

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Le journaliste Khaled Drareni

Le média télévisé TV5MONDE a demandé la libération de son correspondant Khaled Drareni à la suite de sa condamnation,lundi, par le tribunal de Sidi M’hamed, à trois ans de prison ferme et 50.000 DA d’amende.

“TV5MONDE s’étonne et s’indigne de ce jugement très lourd. Il sanctionne un journaliste reconnu qui a toujours réalisé son métier en toute indépendance et au nom du droit à informer”, a réagi le média via un communiqué intitulé TV5MONDE demande la libération du journaliste Khaled Drareni”.

TV5MONDE dit être “engagée”, aux “côtés de nombreuses organisations non gouvernementales et d’associations internationales pour la liberté d’information et la protection des journalistes”, dans le comité de soutien qui demande la libération sans attendre de son correspondant.

“La liberté de la presse dont Khaled Drareni est l’un des portes étendards est l’un des fondements de la liberté d’expression et de la démocratie. Elle ne peut être muselée, où que ce soit. Khaled Drareni, correspondant de TV5MONDE et de Reporters Sans Frontières, doit être libéré sans attendre”, a conclu le communiqué.

L’organisation non gouvernementale, reporters sans frontières (RSF) a également réagi à la condamnation de son correspondant. “La justice algérienne vient de condamner le journaliste Khaled Drareni à une peine de trois ans de prison ferme. Cette décision soulève le cœur et l’esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent”, a écrit le président de RSF, Christophe Deloire.

“Il s’agit clairement d’une persécution judiciaire contre un journaliste qui est l’honneur de son pays. Une justice aux ordres vient de faire de Khaled Drareni un symbole qui va susciter une indignation et une mobilisation mondiales”, a-t-il ajouté.

En détention à la prison de Koléa depuis mars dernier, Khaled Drareni a été condamné, lundi, par le tribunal de Sidi M’hamed à trois ans de prison ferme et 50.000 DA pour “incitation à attroupement non armé” et “atteinte à l’unité nationale”. Ses co-accusés, Samir Belarbi et Slimane Hamitouche ont écopé de deux ans de prison dont quatre mois ferme.




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Monde

Liban: le Premier ministre va annoncer la démission du gouvernement

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© DR |

Le Premier ministre libanais Hassan Diab doit annoncer lundi soir la démission de son cabinet, après les démissions successives de membres de son équipe sous le coup de l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, a indiqué à l’AFP un ministre qui a requis l’anonymat.

M. Diab, à la tête du gouvernement depuis près de sept mois, doit adresser un discours aux Libanais à 19h30 (16h30 GMT). Quatre membres de son équipe ont déjà démissionné depuis dimanche, à la suite de la terrible explosion du 4 août due à un énorme dépôt de nitrate d’ammonium, qui a fait au moins 160 morts et relancé la contestation populaire.

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