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Economie

Pourquoi la dépréciation du Dinar est un mauvais choix pour l’économie nationale

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Croissance négative et pertes énormes pour les entreprises

Le dinars algérien poursuit sa dépréciation face aux devises. Selon les cotations interbancaires officielles de la Banque d’Algérie, le Dollar américain s’échange aujourd’hui 7 janvier 2021 contre 132 Dinars Algériens, tandis que l’Euro équivaut à 162 Dinars Algériens. Pour Brahim  Guendouzi, Professeur d’économie à l’université de Tizi Ouzou, cette chute ” est le résultat de la situation économique que traverse le pays”.

Cette crise qui ne date pas uniquement de l’époque du Coronavirus est entrain de dévaster l’économie nationale. Depuis le début du mouvement populaire en février 2019, l’économie nationale est frappée de plein fouet. Des milliers de salariés ont perdu leurs emplois et les usines tournent au ralenti après l’emprisonnement de plusieurs dirigeants de grands groupes industriels comme Condor, ETRHB, et pleins d’autres. Ajouter à cela la bureaucratie et la mauvaise gestion, cette crise pèse lourd sur l’économie nationale.

Selon l’économiste, le manque de stratégie de relance, c’est l’anarchie qui prend le dessus dans plusieurs secteurs, à l’exemple de l’automobile, géré par Ferhat Ait Ali Braham. Dans le secteur public, les département des finances risquent de ne pas pouvoir supporter les charges qui pèsent sur eux. “Nous traversons une récession économique. Les dépenses publiques sont restées en hausse”, explique Brahim Guendouzi.

“déficit de la balance courante”

“Donc il fallait trouver un financement qui permet d’améliorer les recettes de l’Etat”, poursuit-il tout en précisant que “soit indirectement à travers les droits et taxes douaniers, soit à travers la fiscalité pétrolière qui, grâce à la dépréciation du dinars va se rehausser un petit peu à partir de 2021. C’est un élément d’ajustement du déficit budgétaire mais également du déficit de la balance courante”, estime-t-il.

Pour le spécialiste, la dépréciation de la valeur du dinars face aux monnaies étrangères va se répercuter sur les prix des produits importés. “Cette dépréciation aura des conséquences aussi bien sur le plan de la hausse des prix des produits importés. D’ici une dizaine de jours ou d’ici la fin janvier, la plupart des produits importés auront des prix augmentés”, a indiqué M. Brahim Guendouzi. Mais une telle décision va directement impacter le portefeuille du dernier consommateur qui verra sont pouvoir d’achat, dégringoler encore une fois.

Sur le marché parallèle, le dollar américain s’échange contre 170 Dinars et l’Euro contre 210 dinars. Ces taux pourront être davantage impactés par la rouverture des frontières qui sont fermées depuis mars dernier en raison de la pandémie de coronavirus.

Aucun programme concret n’a été tracé

Les taux évolue en fonction de la situation sanitaire actuelle. “Il se pourrait que la valeur du dinars décline encore dans les semaines à venir. C’est un flottement au fur et à mesure de la conjecture, de l’offre et de la demande”, a-t-il expliqué. Autrement dit, si les frontières rouvrent et les commerces clandestins reprennent, la demande des devises va augmenter.

Face à cette crise, aucun programme concret n’a été tracé par l’exécutif qui rame encore, sans aucune stratégie ni vision pour sortir de cette crise dont les premiers signes commencent déjà à apparaitre.

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