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Politique

Peine de mort: Belkacem Zeghmati remet en cause le moratoire de 1993

Melissa NAIT ALI

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© DR | Belkecem Zeghmati, ministre de la justice, garde des sceaux

Le ministre de la justice, Belkacem Zeghmati, veut rétablir coûte que coûte la peine de mort en Algérie. Il multiplie, en tout cas, les déclarations dans ce sens. On ne sait dans quel objectif, le garde des sceaux n’a pas cessé, depuis quelques semaines, de lancer des messages pour un éventuel retour à l’exécution de la peine capitale suspendue depuis près de 30 ans.

Plus grave encore, Belkacem Zeghmati tente, seul et sans débat, de remettre en cause le moratoire sur la peine de mort observé par l’Algérie depuis 1993. Alors que ce dernier est considéré comme un engagement de l’Etat algérien envers la communauté internationale, le ministre estime que “rien n’empêche l’Algérie d’appliquer la peine de mort”.

“Il n’y a aucun empêchement, ni au niveau local, ni au niveau international, d’appliquer la peine capitale”, affirme-t-il lors de son intervention, aujourd’hui, à l’APN.

Selon lui,”l’Algérie est libre et souveraine et la peine de mort sera appliquée, en cas de nécessité”. Poursuivant il invoque la souveraineté.

“L’Algérie est un Etat souverain et libre d’appliquer la peine de mort. Il n’y a aucun empêchement, ni au niveau local, ni au niveau international, d’appliquer la peine capitale, en cas de nécessité”, ajoute-t-il.

Pour lui, la législation nationale, notamment en son volet pénal, est “l’une des caractéristiques de la souveraineté nationale car ayant un lien direct au maintien de l’ordre public, un exercice de souveraineté”.

Sur sa lancé, il affirme que jusqu’à ce jour, “l’Algérie n’a signé et n’a ratifié aucun accord ou convention ou traité internationaux interdisant le recours à la peine capitale, qu’il s’agisse de législation ou d’exécution”.

Dans ce sens, il estime que la recommandation de 2007 de l’Assemblée des Nations unis “n’est pas contraignante car étant une obligation morale et éthique uniquement”.

Drôle de raisonnement pour un ministre. Comment une recommandation des Nations Unies n’est pas contraignante pour les États ? Belkacem Zeghmati veut-il faire des cadeaux aux partis islamistes, dont les représentants à l’APN sont à l’origine de ce débat ?

En tout cas, il a outrepassé ses prérogatives. Il tente à travers ses multiples réactions sur ce sujet de replacer l’Algérie dans la case des pays où la vie humaine n’a au aucun sens. Sera-t-il encouragé dans cette entreprise ? Il n’est pas Badinter qui veut. Pour rappel, ce dernier, ministre de la justice français de François Miterrand, Badinter a réussi à le convaincre d’abolir la peine de mort en France, alors que 80% des français étaient pour son maintien.

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