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Politique

Mostafa Bouchachi au Forum de RAJ: « L’institution militaire a préféré assurer la continuité du système »

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | L'avocat Mostafa Bouchachi au Forum de RAJ le 20 mars 2021
© DR | L'avocat Mostafa Bouchachi au Forum de RAJ le 20 mars 2021

L’avocat et militant des droits de l’Homme, Mostafa Bouchachi, critique sévèrement le pouvoir et l’institution militaire.Intervenant, ce samedi 20 mars, au Forum de l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) qui a repris ses droits après une suspension de plusieurs mois en raison de la pandémie et des arrestations qui ont ciblé ses militants, il pointe d’abord du doigt le pouvoir qui « n’a aucune volonté d’aller vers une démocratie ni d’écouter le peuple ».

« La feuille de route du système est l’opposé de la volonté populaire », déclare-t-il, lors d’une conférence débat animée conjointement avec Abdelouahab Fersaoui, président du RAJ autour le la thématique : « Etat du Hirak ».

Mostafa Bouchachi n’a pas épargné, dans son intervention, le commandement de l’armée qui a opté, selon lui, pour le maintien du système. « L’institution militaire avait la chance d’accompagner le peuple pour construire une Algérie nouvelle mais au lieu de lui tendre la main elle a préféré assurer la continuité du système en organisant les élections du 12 décembre sauf que ces élections n’ont pas résolu les problèmes de l’Algérie », regrette-t-il.



Pour lui, le système persiste dans sa réticence à aller vers un changement en voulant organiser des élections législatives, prévues le 12 juin prochain.“Il semblerait que le gouvernement a un penchant pour ce numéro”, ironise-t-il, avant d’ajouter que ce prochain rendez-vous électoral “n’aboutira à aucun changement”, mais il “assurera la continuité de ce système”.

“Le pouvoir aurait pu combler le manque de légitimité du 12/12 en appliquant des mesures concrètes mais ses actions contredisent ses paroles et traduisent sa réticence d’aller vers une démocratie ou écouter la voix du peuple”, indique-t-il.

De son coté, Abdelouahab Fersaoui, libéré en mai 2020 après plus de six mois de détention, estime que la sortie de crise ne peut pas avoir lieu si la voix du peuple n’est pas entendue.

« Le peuple algérien veut s’autodéterminer et de décider de son destin et ne nous pouvons pas construire un état de droit sans l’impliquer », dit-il.

Et d’ajouter : « Sauf que le régime étouffe toute voix opposante. Le RAJ a été victime d’une campagne de répression et 11 de ses militants ont fait l’objet de poursuites judiciaires ».

Ces poursuites, précise-t-il, « ne doivent pas nous affaiblir et nous faire dévier le peuple de son objectif ».

Pour Abdelouahab Fersaoui, ces arrestations “ont eu un effet contraire en renforçant le Hirak. La preuve il est toujours là malgré la répression et la fermeture de l’espace médiatique”.

“Nous devons protéger la révolution de nous-mêmes”

Sur ce sujet, Mostefa Bouchachi voit lui aussi un espoir en la reprise des marches hebdomadaires du Hirak depuis le 22 février dernier après une année de suspension à cause du coronavirus.
Cependant, met-il en garde, le Hirak fait face à des menaces “que nous devons éviter”.

« Nous avons une responsabilité déontologique et historique de protéger cette révolution de nous mêmes. Nous devons laisser les accusations de traitrise, les tentatives de division et les ambitions personnelles de coté et nous unir”, plaide encore l’avocat.

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