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Politique

Mort d’un homme à Annaba : Bavure policière ou légitime défense ?

Bouzid ICHALALENE

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© DR | Siège de la Direction Génértale de la Sureté Nationale

La Ligue Algérienne des Droits de l’Homme ( LADH ) a demandé “à ce que toute la lumière soit faite” sur la mort d’un homme âgé de 28 ans par “balle en caoutchouc” dans la cité Sidi Amar, à El Hadjar ( Annaba ), lors de l’arrestation, hier 20 mai, d’un “repris de justice”, soupçonné d’être impliqué dans des affaires de drogue” selon la version de la DGSN.

Selon les témoignages collectés sur place par nos confrères du journal local, Le provincial, “les policiers auraient tenté de procéder à une perquisition au niveau du domicile d’un présumé narcotrafiquant. Ce dernier, ayant refusé d’obtempérer tout en utilisant la violence, a poussé les forces de l’ordre à réagir. Des coups de feu auraient été tirés. Des informations font état de la mort du père du présumé narcotrafiquant ainsi que l’hospitalisation de l’un de ses «complices»».

La Direction Générale de la Sureté Nationale ( DGSN ) précise que “lors de l’arrestation du suspect, qui se trouvait dans sa voiture devant sa résidence, des membres de sa famille et un groupe de résidents du quartier, entre 50 et 69 personnes, ont attaqué le régiment de police à l’aide de pierres, d’armes blanches et d’un fusil de chasse sous-marine, ce qui les a forcés à se retirer du quartier après l’arrestation du suspect qui a été transféré au siège de la BMPJ de Sidi Amar”, informe le communiqué. 

La DGSN assure aussi que « devant l’ampleur de la violence utilisée contre les éléments de la police, ces derniers ont été obligés d’utiliser des balles en caoutchouc pour se défendre, ce qui a provoqué des blessures à l’un des assaillants qui a été transporté à au CHU Ibn Rochd où il a succombé à ses blessures».

Mais la ligue algérienne des droits de l’Homme tient “attire l’attention” sur de nombreuses vidéos réalisées et postées en direct par des citoyens de cette localité. “Sur ces publications, on voit clairement des douilles (que les citoyens présentent comme celles laissées par les forces de l’ordre) qui sont, selon des experts nationaux en armements, celles de balles réelles et non de balles en caoutchouc, comme l’affirme le communiqué de la DGSN”.

La LADH va plus loin, car “selon des sources médicales, la balle a pénétrée le thorax de la victime. Ce qui est loin de conforter l’hypothèse de la balle en caoutchouc”.

Une balle en Caoutchouc peut-elle tuer ?

Une victime sur 37 d’une balle en caoutchouc tirée par une arme de type Flash-Ball et gomme-cogne meurt des suites de ses blessures, selon des chercheurs américains qui appellent à limiter le recours à cette arme par les forces de l’ordre.

L’étude, publiée 19 décembre 2017 dans la revue médicale britannique BMJ Open, analyse 26 articles qui rapportent 1.984 cas de blessés, « en majorité de jeunes adultes » et des hommes, entre 1990 et 2007 (manifestations, émeutes, événements sportifs, mutineries, arrestations…). Elle exclut par définition ceux qui ont été touchés sans gravité, et qui n’ont donc pas vu de médecin.

Infirmité permanente pour une victime sur six

Sur cet ensemble, 53 personnes (3 %) « sont mortes des suites de leurs blessures », avec plaie ouverte pour plus de la moitié d’entre elles (56 %) et contusion pour près d’un quart (23 %).

Parmi les blessés, les dégâts sont considérables, avec 71 % qui le sont grièvement, le plus fréquemment touchés « à l’épiderme ou aux extrémités » (mains et pieds). Et près d’un sur six (15,5 %) subit une infirmité permanente, affectant le plus souvent la tête et le cou (notamment des éborgnements) ou le thorax.

Les cas rapportés viennent de pays très divers : Israël et les territoires palestiniens, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Turquie, l’Inde, le Népal et la Suisse.

Ces balles sont vendues par les fabricants comme des moyens dissuasifs, qui doivent causer des douleurs et des blessures légères à condition de respecter une certaine distance. Mais pour les chercheurs, elles « n’apparaissent pas comme un moyen d’avoir un recours à la force adapté dans les opérations de contrôle des foules »

Balles réelles

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrant des balles réelles ont fait le tour de la toile juste après les échanges qui ont eu lieu entre la police qui s’est repliée après l’arrestation du “repris de justice”, soupçonné d’être impliqué dans des affaires de drogue.

Pour le moment, nous n’avons pas pu authentifier ces vidéos, donc il est, pour l’heure, impossible de dire si les balles sont réelles ou pas.

Si la DGSN assure que “le procureur de la république près le tribunal d’El Hadjar, informé des faits, a ouvert une enquête”, la ligue algérienne des droits de l’Homme demande ainsi à ce que “toute la lumière soit faite sur cette affaire, à travers une enquête approfondie, dont les détails seront communiqués à l’adresse de l’opinion publique nationale”.

Dans le quartier, la situation reste très tendue suite à ce drame.

Politique

Décès de l’ancien Premier ministre marocain, Abderrahmane El Youssoufi

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L’ancien Premier ministre marocain, Abderrahmane El Youssoufi, bien connu pour sa vigueur à défendre le Grand Maghreb est décédé vendredi à Casablanca des suites d’une maladie, ont rapporté des médias marocains.

Natif de Tanger le 8 mars 1924, feu Abderrahmane El Youssoufi était l’un des artisans de la Conférence de Tanger (Maroc) ayant jeté les bases du projet du Grand Maghreb et ayant réuni, en 1958, les partis maghrébins nationalistes de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie à laquelle avait pris part une personnalité phare du Front de libération nationale (FLN), le moudjahid Abdelhamid Mehri.

L’homme qui a passé la plus grande partie de sa vie dans l’opposition, avait rejoint le parti de l’Istiqlal, alors lycéen. Dirigeant de l’aile gauche du parti, il sera parmi les fondateurs en 1959 de l’Union nationale des forces populaires (UNFP), qui va devenir en 1975 l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et rédacteur en chef de son organe “Attahrir” entre 1959 et 1965.

Compagnon de route de Mehdi Ben Barka (l’un des principaux opposants socialistes au roi Hassan II), il accepte après un long exil à Cannes (France), de mener un gouvernement en 1998 sous feu le roi Hassan II. Son gouvernement “d’alternance” constitué pour moitié (22 sur 41) par des ministres de la “Koutla”, regroupement de partis de l’opposition. Il restera en poste jusqu’aux législatives de septembre 2002. En 2003, il démissionne de son poste de Premier Secrétaire de l’USFP et quitte la scène politique.

Ses démêlés avec la justice marocaine

En 1959, il est arrêté pour offense au roi avant d’être relâché quelques jours plus tard. Ses années d’opposition seront marqués par plusieurs procès.

En 1963, il est condamné par contumace à 2 ans de prison. En 1965, après l’assassinat de Mehdi Ben Barka, il vient en France où il vivra en exil durant 15 ans. Nouvelle condamnation lors du grand procès de Marrakech où le procureur requiert la peine de mort.

Gracié en 1980, il rentre au Maroc. En 1992, après la mort d’Abderrahim Bouabid, il devient premier secrétaire de l’USFP.  Condamné à deux ans de prison par contumace en 1963, il quitte le Maroc en 1965 à la suite de la disparition de Ben Barka à Paris. Il restera en exil en France durant une quinzaine d’années. Entre temps, il sera condamné à la peine capitale en 1975.

Début des années 90, Abderrahmane Youssoufi rentre presque définitivement au Maroc. Il prend la direction de l’USFP en 1992 suite au décès de son Premier secrétaire de l’époque, Abderrahim Bouabid.

Auteur de “récits du Passé”, dernière étape de sa carrière

La présentation en mars 2018 à Rabat de ses mémoires aura été sa dernière sortie médiatique. Dans son ouvrage intitulé “Récits du passé”, il atteste l’implication des services secrets marocains, français et israéliens dans l’affaire liée à l’assassinat, en France, de l’opposant marocain, Mehdi Benbarka.

L’ancien Premier ministre a décidé, au crépuscule de sa vie (94 ans), de dire sa version des événements vécus par le Maroc le long de la deuxième moitié du siècle passé.

Dans son ouvrage: ”Alhadith fi ma jara” (Récits du passé, en français), l’auteur a regretté que son pays “n’ait pas pu amorcer un virage démocratique pour plusieurs raisons”. Parmi ces causes, l’”incapacité” de l’élite politique marocaine elle-même à opérer cette transformation. A cela s’ajoutent une “mauvaise gouvernance” et “une administration archaïque”.

Ont été évoquées notamment, outre son enfance, les dessous de son retrait de la vie politique en 2003, des épisodes du mouvement national marocain, des premières heures de l’aube de l’indépendance, ses liens avec feu Mehdi Benbarka, son opposition au régime, sa prise de commandes de l’USFP et à sa pratique politique au sein du gouvernement de l’Alternance marocain.

Divisés en trois parties, les mémoires, rédigés par son compagnon de route Mbark Boudarqa, est une compilation en trois tomes d’éléments biographiques, d’entretiens et de discours de l’ancien opposant et chef du gouvernement.

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Politique

Affaire d’Abdelmalek Sahraoui : la mise au point de la gendarmerie de Bab Jdid

Yasmine Marouf-Araibi

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La gendarmerie nationale de Bab Jdid à Alger a démenti jeudi les “fausses” informations relayées sur les procédures de l’enquête préliminaire relative au dossier de l’homme d’affaires Abdelmalek Sahraoui.

Selon la cellule de communication de ladite institution, la police judiciaire qui a enquêté sur l’affaire sous la supervision directe de l’autorité judiciaire compétente confirme que le dossier d’enquête a été préparé et présenté au niveau de l’autorité judiciaire habilitée à statuer dans l’affaire.

Pour rappel, l’homme d’affaires et député du FLN de la wilaya de Mascara fait l’objet de plusieurs enquêtes anti-corruption depuis juillet 2019.

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Monde

Décès de George Floyd : Une équipe de CNN arrêtée en direct pendant les violences à Minneapolis

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Une équipe de la chaîne américaine d’informations en continu CNN a été arrêtée par la police vendredi matin alors qu’elle couvrait en direct à Minneapolis la troisième nuit de violences consécutives à la mort d’un Noir lors d’une interpellation musclée.

La scène a été retransmise en direct, peu après 05H00 heure locale (10H00 GMT), selon le bandeau de la chaîne.

On y voit le journaliste, Omar Jimenez, faire face à des policiers en tenue anti-émeutes.

“Nous pouvons reculer où vous voulez. Nous sommes en direct. Remettez-nous où vous le souhaitez”, dit-il calmement derrière son masque.

La caméra continue à tourner lorsque deux policiers se saisissent de son micro pour lui passer des menottes.

“Pourquoi suis-je en état d’arrestation?”, demande le journaliste noir avant que ses collègues soient à leur tour appréhendés et la caméra saisie.


“Un journaliste de CNN et son équipe de production ont été arrêtés ce matin à Minneapolis en faisant leur travail, malgré s’être identifiés – une violation manifeste du premier amendement” de la Constitution américaine garantissant la liberté de la presse, a dénoncé CNN dans un communiqué, appelant les autorités à la libération immédiate de ses employés.

La chaîne a fait savoir peu après 11H30 GMT que son équipe avait finalement été relâchée.

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