Mokrane Ait Larbi: « La solution à la crise politique réside dans la réponse aux revendications populaires et la libération des détenus d’opinion »

L'avocat et militant politique, Mokrane Ait Larbi

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L’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Mokrane Ait Larbi, a estimé, ce mardi 20 août, que la libération des détenus d’opinion et la réponse aux autres revendications populaire portée depuis le 22 février pourraient constituer une porte d’issue à l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays.

 

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Me Ait Larbi estime que des solutions juridiques existent. « Les juges peuvent de leur propre initiative, ou à la demande de la défense ou du parquet, prononcer le non-lieu du fait que l’acte de port du drapeau amazigh n’est pas criminalisé ». Preuve en est qu’une juge près le tribunal d’Annaba a prononcé la relaxe pour un jeune porteur du drapeau amazigh, écrit l’avocat dans un communiqué.

« Le drapeau amazigh est un symbole de la culture et l’identité amazighes (…) il ne peut entrer en conflit ou en compétition avec le drapeau national symbole de la souveraineté nationale », a rappelé l’avocat soulignant que « l’emblème amazigh est une partie intégrante des éléments constitutifs de l’identité nationale que l’Etat se doit de protéger conformément à la Constitution ».

Pour le défenseur des droits de l’homme, « la prise de décisions rapides et courageuses dans un objectif d’apaisement n’est pas une faiblesse comme le pensent certains, mais elle traduit la force de tout Etat à répondre aux revendications légitimes du peuple et sa capacité à résoudre les conflits par les moyens civilisés ».

Et d’ajouter: « en dépit de ces dispositions claires (citant l’article 160 de la Constitution et l’article 79 du code pénal), des dizaines de jeunes ont été emprisonnés pour avoir brandi ou même possédé tout simplement le drapeau amazigh. En l’absence d’élément légal des poursuites, ils ont été accusés d’atteinte à l’intégrité du territoire national, en invoquant l’article 79 du Code pénal « .

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