Mohcine Belabbas: « la justice est mise sous la tutelle de l’armée en violation de la Constitution »

Le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) appelle à tirer les conclusions de la grande mobilisation d’hier 22 février. Dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, le parti que préside Mohcine Belabbas appelle indirectement au report de l’élection des élections et l’ouverture d’un dialogue en vue d’aller vers une période de transition.   

Crédit photo : DR | RCD : Mohcine Belabbas élu pour un deuxième mandat

Grand Angle (300x600)

Le Président du RCD, Mohcine Belabbas, a réagi peu de temps après le discours du chef de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah prononcé lors d’une visite de travail à la 3e région militaire dans lequel il a réitéré son appel au dialogue et l’organisation des élections présidentielles dans les plus brefs délais pour élire un nouveau président de la République pour sortir de la crise que traverse le pays.

 

Le président du RCD a affirmé dans un communiqué rendu publique aujourd’hui que  » la sortie de crise ne peut être réduite à un simple scrutin pour élire un nouveau président de la République ».

« Nous venons à peine de sortir d’un cycle d’élections présidentielles truquées qui ont traumatisé les populations et qui ont produit une issaba qui a régné pendant deux décennies sans foi ni loi et qui a failli faire sortir l’Algérie de l’Histoire », rappelle Mohcine Belabbas dans un communiqué rendu publique ce lundi.

« Dans ces conditions vers quelles élections faudra t’il retourner, monsieur Gaid Salah?, s’interroge le président du RCD. « Celles de 1999 qui ont vu le retrait de tous les candidats sérieux parce que les dirigeants officiels notamment militaires avaient décidé d’introniser celui qui avait quelques années auparavant été condamné par la cour des comptes ? ou bien celles de 2004 qui ont suivi l’assassinat de 128 jeunes à balles réelles sans que la  justice ne soit encore rendue ? ou plutôt celles de 2009 qui ont suivi le viol de la constitution avec la caution intéressée de tout l’entourage du chef de l’État parce que l’argent coulait à flot et qui ont permis à des prédateurs d’accéder au rang de décideurs ? ou enfin celles de 2014 qui ont permis à un grabataire inaudible d’accéder pour la quatrième fois consécutive à la magistrature suprême sur un fauteuil roulant ? », a-t-il ajouté.

 » Comment croire en la sincérité de la démarche quand, dans le même temps, le chef de l’État-major assume dans son discours d’aujourd’hui la mise de la justice sous la tutelle de l’Armée en violation des lois et de la constitution qu’il dit vouloir respecter ?« , s’est-il encore interrogé.

Adsence Milieu article