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Mohamed Hennad, politologue: “Gaid Salah tient à ce que le prochain président soit de son fait”

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Le politologue Mohamed Hennad estime, dans cet entretien, que le dernier discours du chef de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah a été “celui d’un chef d’Etat” avec avec une feuille de route bien précise. Pour le politologue, il s’agit là d’un forcing que l’on ne voit pas comment l’opinion publique pourra s’y résigner.

 

Gaid Salah suggère de convoquer le corps électoral le 15 du mois en cours. Comment analysez-vous cette déclaration?

 

De fait, son discours a été celui d’un chef d’Etat, avec une feuille de route bien précise. D’abord, la création de l’instance électorale, cette semaine, suivi de l’amendement de « quelques articles seulement » de la loi électorale, la semaine prochaine, puis la convocation du corps électoral le 15 du mois courant pour avoir une élection présidentielle prévue pour la mi-décembre. Tout ça au nom d’une prétendue « revendication populaire » ! C’est une voie de fait qui ne respecte pas la mission de l’Instance pour la médiation et le dialogue à laquelle M. Gaïd Salah demande, quand même, de continuer ses travaux !

 

Comment la situation peut-elle évoluer après cette annonce ? 

 

Manifestement, il s’agit d’un forcing que l’on ne voit pas comment l’opinion publique pourra s’y résigner. Il faut s’attendre, donc, à des marches énormes le vendredi prochain pour marquer un refus total de ladite feuille que le Hirak assimilera comme une simple tentative de faire revenir le système ancien avec de nouveaux visages. Et pourtant le temps nous est compté !

 

Pourquoi Gaid Salah insiste-il sur cette la date du 15 septembre pour la convocation du corps électoral qui coïncide avec la rentrée sociale?  

 

L’explication de cette précipitation me parait très simple, comme l’atteste, d’ailleurs, le bâclage qui a caractérisé les travaux du Panel. M. Gaïd Salah dit vouloir déjouer le complot de la “bande et ses acolytes pour perturber la prochaine rentrée scolaire… ». Toutefois, il semble que le haut commandement militaire est fatigué de la gestion de la vacance du pouvoir présidentiel, doublée de probables pressions étrangères. Mais parce que ce commandement tient aussi à ce que le prochain président soit de son fait.

 

L’état-major a t-il les prérogatives de prendre une telle décision alors même qu’il réitère sa non volonté de s’embourber dans les affaires politiques du pays? 

 

Force est de constater que le haut commandement militaire a tenté de sauver la face avec la création du Panel mais il n’a pas pu aller au bout de sa logique. Étonnamment, il déclare ne s’en tenir qu’à ses missions constitutionnelles, mais, en même temps, c’est lui qui « préconise » la manière dont la crise politique devrait être résolue !

 

Cette annonce va-t-elle perturber les travaux de l’Instance de dialogue?

 

Malheureusement pour cette instance qui devient, de plus en plus, un faire valoir inutile. En fait, avec le  temps, elle s’est muée en une simple caisse de résonance pour le haut commandement militaire. Elle va, donc, perdre le peu de crédit qui lui reste et va sûrement connaître des défections les prochains jours.

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