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Politique

Militants et activistes relaxés par la justice : est-il le début des signes d’apaisement ?

Melissa NAIT ALI

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© INTERLIGNES |33e vendredi de manifestations a Alger

L’ancien député et militant politique, Khaled Tazaghart a quitté, ce dimanche 22 novembre, la prison après deux mois de détention. Il est relaxé. La Cour de Bejaia a donc remis en cause les accusations « d’incitation à attroupement non armé », « publications sur Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national » et « violation des mesures de confinement sanitaire » pour lesquelles il a été condamné en première instance au tribunal d’Akbou à un an de prison ferme.

Souhaitée par ses proches, amis et ses avocats qui se sont constitués massivement, la semaine dernière, pour le défendre, cette décision est quand même surprenante. Pas parce que l’homme politique le plus actifs ces derniers temps sur la scène nationale mérite une condamnation.

Mais, la justice a été, ces derniers mois, prompte à condamner toute expression libre et tout exercice du droit constitutionnel à la manifestation pacifique.

La décision d’aujourd’hui mérite des interrogations, surtout qu’elle intervient quelques jours après des décisions similaires prononcées, jeudi dernier, par le tribunal de Sidi M’hamed.

En effet, 17 activistes du Hirak, dont des militants du RCD, ont été également relaxés, après cinq mois de détention provisoire (ils n’ont été libérés qu’en début du mois de janvier dernier) et onze mois d’attente d’un procès. Eux aussi, ont vu les chefs d’accusation pour lesquels ils ont été poursuivis tomber.

Le même jour, le tribunal de Relizane a également relaxé un détenu d’opinion, tout en condamnant Abdallah Benaoum à un an de prison pour « atteinte à corps constitué ». Ce dernier devra quitter la prison, le 11 décembre prochain.

Des relaxes ont été aussi prononcées par des tribunaux à Oran, Annaba et Boumerdes. Est-il le début des mesures d’apaisement attendues depuis près d’une année ? Fort probable. L’avenir donnera une réponse. Mais il ne faut crier victoire sitôt. Car la listes des détenus d’opinion est encore longue. Ils sont environ 90 personnes à croupir des les geôles pour leurs opinions.

Parmi eux, il y a des journalistes, dont Khaled Drareni, condamné à deux ans de prison ferme pour avoir simplement exercer son travail en assurant la couverture d’une marche du Hirak. De plus, la campagne d’arrestation et d’emprisonnement des activistes du Hirak se poursuit toujours.

Le comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD) fait, quotidiennement, part de nouveaux cas d’arrestation. A Bouira, par exemple, 23 personnes, dont des élus locaux, sont convoqués par la justice pour les prochains jours pour des faits en lien avec la présidentielle du 12 décembre 2019.

Même s’ils ne sont plus en détention, des acteurs politiques sont aussi sous la menace d’une épée de Damoclès. Ils sont toujours poursuivis et ils risquent d’être condamnés à nouveau. C’est le cas du porte-parole de l’UDS, Karim Tabbou, qui attend la programmation de ses deux procès, après avoir été remis en liberté en juillet dernier.

Le journaliste et activiste, Foudil Boumala est aussi dans la même situation. Le militant politique, Hakim Addad, libéré en janvier dernier avant d’être arrêté à nouveau au printemps, est placé sous contrôle judiciaire. La mesure n’est toujours pas levée et l’homme voit ainsi sa liberté bridée pour avoir seulement exprimé ses opinions sur les réseaux sociaux. Le pouvoir fermera-t-il le dossier des détenus politiques et d’opinion ? Comment ? Wait and see…

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