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Mémoire Amel Zanoune: Avons-nous perdu la raison ?

Lynda Nait Ali

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Aujourd’hui on m’a battue sous les cieux. On m’a battue lorsque pour la dignité je me suis battue. Quel était mon pêché si ce n’est celui d’être femme ? Un péché que je n’ai pas commis. Un péché qui m’a été choisi et imposé par cette force qui, finalement s’est remise en cause et ordonne de me pourchasser.

Aujourd’hui on m’a battue sous les cieux. On m’a battue lorsque pour la dignité je me suis battue. Quel était mon pêché si ce n’est celui d’être femme ? Un péché que je n’ai pas commis. Un péché qui m’a été choisi et imposé par cette force qui, finalement s’est remise en cause et ordonne de me pourchasser.

 

Je le voyais en humain. Mais qu’est-ce qu’un humain ? Un cerveau et une morale avant tout, un cœur qui bat délicatement lorsque la morale est de fer, puis s’imprime la sensualité des sens qui viennent tenir en transe le cœur quand il bat fort, si fort de bonheur. Mon compatriote est dispensé de réfléchir, son cœur ne soutient aucune euphorie. Ses sens quand ils s’exhibent c’est souvent pour un geste disloquant. Et oui !

En le voyant ce matin, tout comme lui ; je me rendais à mon affaire. Tout comme lui je me suis vêtue de liberté, celle qui m’a été donnée par dieu et par les droits humains. Tout comme lui, enfin j’avais cru, je ne me souciais pas des passants. Suis-je juge, bourreau, police des mœurs, état de sécurité, dieu des terres et de cieux ? A toutes ses interrogations, la raison répond par une négation. Je ne suis qu’un citoyen disposant de droits et d’obligations.

Ces hommes sans foi ni loi

Mais je suis une entité qui n’aime pas fléchir devant la connerie, celle que certains se sont donnés pour appliquer un état sauvage. Cet état qui dispose d’une seule loi : quand on ne convient pas à leurs idéaux le lynchage est de droit. Oui ! Aujourd’hui on m’a battue, quand j’ai, cheveux au vent, « osé » rire dans ces rues irriguées de sang au nom de la liberté. Aujourd’hui on m’a battue, non encore pire, on m’a abattue.

Individuellement ? Non ! Collectivement. Aujourd’hui mon peuple m’a battue en silence. Ils sont passés tête baissée devant l’injustice de ces hommes sans foi ni loi. Ils m’ont insultée, injuriée et tabassée. Ils ne sont pas arrêté là, mon cher peuple, ils m’ont même lu mes droits, ont levé la séance et appliqué la sentence ; m’égorger, comme une pauvre bête. Oui c’est le bon terme quand le monde est si bas.

Mon peuple parle de pudeur, de dignité, du droit à la vie et surtout de sa peur sans limité pour l’omnipotent. J’étais fière de cela jusqu’au matin où tout a basculé. Ce matin j’ai vu des têtes penchées vers le bas par peur du bourreau- celui qui a fait son droit sur moi- et non de Dieu. Je n’arrive toujours pas à faire mon deuil, je pleure ma mort, je pleure aussi la vie si elle m’était, donnée, si, encore, aujourd’hui je pouvais (ou j’aurais pu) être parmi vous.

Haine

Je te pleure frère, ami, voisin. Je te pleure peuple. Toi qui m’a délaissée, toi qui n’a pas appris ta leçon ; celle de l’humanisme ni même celle du nationalisme. Mon peuple, je te vois trainer les pieds, je te vois encore soumis. Je t’observe et je plains cette lâcheté qui se dessine sur tes épaules écrasées par la peur et l’ignorance. Je ne voudrais pas que ce fascisme te détruise mais dans ces sombres nuits, l’insulte, le mépris, l’intimidation subis, femme que je suis les larmes remplissent les trempes. Les flots de mes yeux s’écoulent et mon espoir s’écroule avec, en aucun cas pour l’ignorance du bourreau. Quelle société n’a pas connu de fous ? Aucune.

Le silence de mon peuple, l’indifférence générale devant le crime, voilà ce qui peut endurcir une âme humaine. Toi frère, père concitoyen qui soutient toute forme de violence, qui face à mes courbes tergiverse de haine, n’as-tu donc pas de sœur, de femme, de mère ? As-tu été engendré par erreur pour me porter tant de haine ? N’as-tu jamais tété le sein pour ressentir l’amour d’une mère, n’as-tu jamais essuyé les larmes d’une sœur pour comprendre son amertume ? N’as-tu jamais pris entre tes bras une femme pour être bercé sur les battements de son cœur. Ta dignité se limite-t-elle à une fatwa ? L’amour est-il une théorie qui ne verra jamais l’aube de tes jours ?

Pourquoi me baignes-tu dans du sang, alors que l’amour fait vivre éternellement.

Mon peuple, réveille-toi de ton sommeil, il a tant durée. Je t’invite à lire des songes déjà écrits, à voir la beauté de la vie, et éviter de la noircir. Je t’invite à contempler ces visages blanchis par l’espoir de la réussite et l’amour partagé. Mon Algérie, pourquoi me baignes-tu dans du sang, alors que l’amour fait vivre éternellement.

J’aurais eu 44 ans aujourd’hui, j’aurais transmis l’amour et même la vie si on ne m’avait pas comptée mes jours un 26 janvier de l’année 1997.

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Liste des détenus d’opinion arrêté(e)s durant le Hirak (CNLD)

Le Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD) a rendu public aujourd’hui 26 septembre la liste des détenus arrêté durant le mouvement populaire. Le comité précise que cette liste n’est pas complète et sera mise à jours dès que les avocats leurs signalent un nouveau cas.

Bouzid ICHALALENE

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Arrestation de manifestants qui portent le drapeau Amazigh à Alger.
© Interlignes MEDIA | Arrestation de manifestants qui portent le drapeau Amazigh à Alger.

1/ Arretés le vendredi 21 juin 2019:

Kamel BELEKEHAL;
Akli OKBI;
Ali IDIR;
Mohamed BOUDJEMIL;
Hamza KAROUNE;
Bilal BACHA;
Djaber AIBECHE;
Messaoud Leftissi;
Khaled OUDIHAT;
Hamza MEHARZI;
Tahar SAFI ;
Mouloud CHATRI ;
Samir idir GERROUDJ ;
Nacer TIMSI ;
Amine OULD TALEB ;
Abderrahmane BOUDRAA ;
Khaled OUIDIR;
Makhlouf BIBI;

2/ Arrétés le vendredi 28 juin 2019:

Mohamed AGOUAZI;
Hafid BARACHE;
Bakir BETLICHE;
Aala DEROUICHE;
Arezki AZOUG;
Samira MESSOUCI ;
Amokrane CHALLAL ;
Elhadi KICHOU ;
Mustapha Hocine AOUISSI ;
Amar ACHERFOUCHE ;
Arezki CHAMI ;
Hilal YAHIAOUI ;
Abdelbasset KHEBANI ;
Mohand Ameziane BELHOUL ;
Nabil BOUNOUH ;
Kamel BOUALOUACHE ;
Ghimouz AKRAM ;
Abdelkader Toufik BACHA ;
Kheiredine BENZINE ;
Fazil DECHICHA ;

3/Arrétés le vendredi 13 Septembre 2019:
Rachid HIRET;
Sammy ABBAS;
Boualem OUAHABI;
Mohamed SMALLAH;
Menad TISSEMLAL ;
Menaouar OUAÂZANE ;
Rachid SADAOUI ;
Sadek LOUAIL ;
Mohamed DAADI ;
Nabil BOUALAKMAH ;
Réda BOUARISSA ;
Bilal ZIANI ;
Mohamed Amine CHELALI;
Ahcene HAMZA;
Kheireddine MEDJANI;
Bachir ARHAB;
Kader RASSELMA;
Hakim MIHOUBI;
Sid Ahmed BOUHRAOUA;
Rabah MAHROUCHE;
Wafi TIGRINE;
Laamouri BELAIDI;
Toufik DJILALI;
Mohamed GADI;
Hamidou GARIDI ;
Fatehi DIYAOUI;
Mohamed BOUHERAOUA ;

4/ Arrétés le mardi 17 septembre 2019:
Nour Houda DAHMANI;
Salah MAATI;

5/ Arrêté le mercredi 19 septembre à Constantine actuellement à la prison de Tidia (Constantine). Son procès fixé pour mercredi 2 Octobre : Semmani Amazigh.

Sadeddine Youcef islam ;
Zineddine Bouguetaya.
Lakhdar BOURAGÂA, arrété le samedi 29 juin 2019;
Samir BELARBI arrété le lundi 16 septembre 2019;
Fodil BOUMALA arrété le jeudi 19 septembre 2019;
Khaled ChOUITER, arrété le lundi 24 juin 2019;
Hamza DJAOUDI, arrété le jeudi 22 aout 2019;
5/ Détenus libérés :
*Salim Ihaddaden et Ait yahia Ali smail (Chlef, arrétés le vendredi 21 juin et libérés le 28 juillet 2019;
*Nadir Fetissi (Annaba , le jeudi 8 aout 2019) ;
*Hakim Aissi (Mostaganem; arrété le vendredi 5 juillet et libéré le mercredi 09 septembre 2019)
*Benhabib Madjid et Sayah Aissam (Tlemcen, le mardi 24 septembre 2019) ;
*Karim TABBOU arrété le mercredi 11 septembre 2019 et libéré (provisoire) le mercredi 25 septembre.

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L’ancien président Français Jacques Chirac est mort

L’ancien président de la République Jacques Chirac est mort jeudi matin à l’âge de 86 ans, a annoncé son gendre Frédéric Salat-Baroux à l’AFP.

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Le président Jacques Chirac le 22 février 2005
© Dr | Le président Jacques Chirac le 22 février 2005

« Le président Jacques Chirac s’est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement », a déclaré M. Salat-Baroux, époux de Claude Chirac.

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Boudjemaa Talaï devant la Cour suprême ce lundi

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L’ancien ministre des transports et des travaux publics, Boudjemaa Talaï, comparait ce lundi, devant le juge enquêteur près la Cour suprême pour être entendu sur des affaires liées à la corruption.

 

Boudjmaa Talaï qui est cité dans des affaires de malversation enregistrées dans le secteur des travaux publics, doit répondre aux chefs d’accusation d’octroi d’indus avantages dans les marchés et contrats publics, de dilapidation de deniers publics, d’abus de fonction et conflit d’intérêt et corruption dans l’octroi des marchés publics.

Pour rappel,  le ministère de la Justice avait demandé, en juin dernier, la levée de son immunité parlementaire.

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