Marches de ce vendredi : la mobilisation pacifique, objectif suprême

Carton rouge pour le président de la république. C'est ainsi que ces manifestants ont voulu exprimé leur rejet à la candidature de Abdelaziz Bouteflika.

« Marcher dans le calme », « gagner la bataille du pacifisme » et « déjouer toutes les tentatives de provocation »…Ce sont les conseils de tous les internautes aux marcheurs de ce vendredi. À la veille de cette deuxième manifestation nationale contre le passage en force des tenants du pouvoir, des milliers de messages de ce genre sont envoyé par Messenger à tous les Facebookers.

 

Face aux insinuations du premier ministre Ahmed Ouyahia qui « rappel l’issue de l’opposition au régime de Bechar Al-Assad en Syrie » et les mises en gardes des promoteurs du 5e mandat qui « s’attendent justement à l’échec de la mobilisation », les voix de la sagesse se lèvent pour appeler à la vigilance.

« Attention ! Donnez-leur la leçon de la maturité », « montrez au monde entier que le peuple algériens n’est plus mineur », lancent encore ces voix, qui sentent que le « bout du tunnel est tout proche ». Il suffit, pour eux, d’un peu plus de détermination et de retenue. Pas de place au dérapage.

Sur les réseaux sociaux, les mêmes appels sont relayés. En français, en Arabe et Tamazight…les messages portent, en effet, les mêmes significations. Des vidéos définissant les démarches à suivre par tous les manifestants ont été préparées et largement diffusées.

Dans l’une de ces vidéos, on demande aux manifestants de ramener un drapeau et de ne lancer aucun message religieux, idéologique ou identitaire. « Il ne faut surtout pas se tromper d’objectif », qui est, selon les mêmes enregistrements, « faire renaitre dans le pays ».

L’objectif sera-t-il atteint ? Les forces de l’ordre laisseront-elles les manifestations se dérouler normalement ? Les interpellations enregistrées dimanche dernier, lors de la manifestation organisée par le mouvement « Mouwatana » à Alger et la répression du rassemblement des journalistes, aujourd’hui, au niveau de la place de la liberté font craindre le pire pour cette journée de vendredi.

Amnesty : « s’abstenir de recourir à une force excessive »

Cette situation a suscité une première réaction de l’ONG Amnesty International qui affirme, dans un communiqué, que « les forces de sécurité algériennes doivent s’abstenir de recourir à une force excessive ou inutile pour disperser des manifestants pacifiques ».

«Tandis que la tension monte en même temps que la contestation, Amnesty International demande aux autorités algériennes de faire preuve de retenue, de respecter les droits des manifestants et de ne pas faire usage d’une force excessive ou inutile pour réprimer des manifestations pacifiques », affirme Magdalena Mughrabi, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, citée dans ce communiqué.

Et d’ajouter : « À l’instant présent, le monde a les yeux braqués sur l’Algérie, et la façon dont le gouvernement choisira de répondre à ces manifestations sera un indicateur crucial de la force de son engagement à respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les forces de sécurité ne doivent utiliser la force qu’en dernier recours et, même à ce moment-là, elle doit être proportionnée et absolument nécessaire ».

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