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Politique

Marche des étudiants : la place des martyrs barricadée, les passants « chassés »

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© INTERLIGNES | Répression lors de la manifestation des étudiants à Alger (archives)
© INTERLIGNES | Répression lors de la manifestation des étudiants à Alger (archives)

Un impressionnant dispositif policier a été déployé aujourd’hui 27 avril à Alger, jour de la manifestation des étudiants. Des policiers en centaines et des fourgons cellulaires sont déployés sur tout le parcours habituel de la marche. « la police nous a chassé de la place alors que nous n’avons rien fait » nous a confié un passant.

« Impossible de prendre des photos. Ils (la police Ndlr) m’ont demandé de marcher sans m’arrêter et de ranger mon appareil » lança un photographe lors d’une discussion avec un groupe de journalistes regroupés au square port Said, quelques centaines de mètres de la place des martyrs, lieu du début de la marche des étudiants à Alger.

Les journalistes et tous les passants sont contrôlés, sacs fouillés et lancent des instructions fermes pour ne pas filmer les manifestations sous menaces d’interpellation. Lors du contrôle des cartes de presses, un policier en civil a collé sa caméra face à chaque visages pour les filmer. “On dirais que nous sommes des délinquants” lança l’un d’entre-eux.

« poussez-vous vers l’avant pour lui en faire de la place »

Sous un soleil de plomb, des centaines de policiers entourent la place. Appuyés sur les murs de la station de métro, ou bien sous les arcades de la rue, les policiers guettent tous les passants susceptibles d’être venus pour la marche des étudiants. Les interpellations se succèdent l’une derrière l’autre. Les fourgons cellulaires où sont maintenus les manifestants se relayent. Debout sur le marché pied à l’arrière le fourgon cellulaire, un policier en civil tente d’embarquer un manifestant.  « Vous n’êtes que huit, poussez-vous vers l’avant pour lui en faire de la place ».

Les étudiants ont tenté plusieurs fois de lancer la manifestation, mais ils n’ont pas réussi. La police a procédé à l’arrestation de plusieurs dizaines d’étudiants et de citoyens ainsi qu’un mineur relâché de suite. « J’ai vu les fourgons remplis des dizaines de citoyens » nous raconte un photographe de presse, tout en précisant que « la police n’a laissé aucun journaliste ni photographe travailler ». À vers 13 heures, il ne reste que la police à la place des martyrs.

Les marches ne le dérangeaient pas.

Sur le chemin habituel de la marche, les engins de police ainsi que les civils sont postés sur tout le parcours en passant par la place port Said, place de l’Emir Abdelkader en passant par la grande poste et Audin.

Depuis le retour des marches du Hirak, le 22 février dernier, la police n’a jamais procédé ainsi avec les manifestants surtout avec la déclaration du président de la république Abdelmadjid Tebboune qui avait annoncé lors d’un entretien avec la presse nationale que les marches ne le dérangeaient pas.  

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