Manifestation à Paris : La diaspora algérienne en mouvement

Crédit Photo: Interlignes Algérie. Plusieurs centaines de manifestants ont protesté, dimanche 24 février à Paris contre un cinquième mandat que compte briguer le président Abdelaziz Bouteflika

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A quelques semaines des élections présidentielles, prévues le 18 avril prochain, des manifestations ne cessent de se tenir partout en Algérie. Celles du 22 février dernier ont démontré que les algériens sont déterminés à ce que la candidature de l’actuel président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ne soit pas maintenue. Ce jour restera historique !

 

Hier, la communauté algérienne en France a répondu à l’appel, à Paris – Place de la République. Ils étaient environ 4 000 à 5 000 à manifester contre le 5e mandat de Bouteflika et contre le système mis en place il y a 20 ans de cela.

C’est dans la joie, le respect et la convivialité que les algériennes et algériens issus de l’immigration ont joint leurs voix à celles de leurs compatriotes pour dire non au régime, non à ses pratiques, non à sa continuité, non à ses schémas machiavéliques et ses mascarades électorales. Le peuple, dans toutes ses composantes, a réaffirmé sa demande de changement et compte exercer sa souveraineté, faire respecter ses choix. Dans la foule, les revendications fusent, le peuple «étant le détenteur exclusif du pouvoir».

«Il faut que ce système parte !», «Pas de 5e mandat», «Y’en a marre de ce pouvoir», « Ni islamique, ni militaire, pour une Algérie démocratique, unissons-nous», des slogans d’un ras-le-bol général partagé entre jeunes et moins jeunes pour exprimer leur refus clair et catégorique du maintien du système. C’est un cri à la fois de colère et d’espoir d’une force consciente et effervescente qui se construit peu à peu en faveur d’un changement radical du système de gouvernance.

Maturité Politique

Ce que les algériens ont vécu, dimanche, 24 février à Paris, est un signe d’une maturité politique et d’un engagement serein de la jeunesse pour l’édification d’un État de droit, un État souverain, respectueux des droits et des lois.

« Cela fait plus d’un demi siècle que le parti unique, FLN, régit le système en place, effondré, encore plus depuis l’arrivé de Bouteflika en 1999. La corruption coule dans leurs veines, devant un peuple désemparé, livré à lui-même », dénonce rageusement Meriem, une ingénieure ressortissante algérienne, installée en France, avant de crier, au milieu de la foule «il faut que ce système totalitaire change, Basta, on en a marre de ce pouvoir».

«Il ne s’agit pas de rejeter seulement Bouteflika parce qu’il est vieux, malade et impotent. Il ne s’agit pas de peser pour déterminer un aménagement cosmétique du système. Non, l’impératif est à la conquête de notre souveraineté», nous dit Selma, experte en relations internationales, abordée au cœur de la manifestation.

Une manifestation est prévue la semaine prochaine, le 03 mars, même heure et même endroit (15h, Place de la République).

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