Malgré la pluie, plusieurs centaines de milliers de manifestants sortent à Alger

Crédit photo : INTERLIGNES MEDIA | Manifestants dans la rue Hassiba Ben Bouali à Alger

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Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de la capitale, Alger, malgré le mauvais temps qui a marqué le début de l’après midi de ce 22 mars, pour exprimer leur rejet aux propositions faites par Bouteflika, et demander le départ de tout le système qui dirige le pays depuis des décennies.

 

« Contrairement aux semaines passées, les manifestants arrivent très tôt au centre de la capitale, pourtant, le climat n’est pas du tout favorable à une manifestation » nous déclare Hadj Said, habitant de la rue Didouche Mourad qui observe les manifestants de son balcon au deuxième étage.

Avec un drapeau autours du cou, Hadj Said suit les événements de très près. « À 80 ans, j’ai assisté à deux moment comme celui là durant toute ma vie: les jours après l’indépendance et ce mois ci. C’est vraiment très touchant, car j’espère que ça sera l’indépendance de l’Algérie, et on aura une vraie république » nous confie Hadj Said qui a toujours les yeux sur les foules.

Vers 13 heures, l’afflux des manifestants n’affaibli pas malgré la pluie. Sous les drapeaux, ou avec des poubelles transformés en tenue imperméables, les opposants de Bouteflika ne veulent reculer devant rien. « Ce ne sont pas ces deux goutes de pluie qui vont nous arrêter. Si nous avons tenu tête à un système aussi mafieux, c’est qu’on est déterminés. Au contraire, cette pluie pourrait être un bon signe » nous confie Rachid, 23 ans qui se précipite pour exhiber sa pancarte sur laquelle on peut lire : « Pas de conférence et pas de d’ajustement, dégagez et c’est tout ».

mouvement populaire est encore en bonne santé

Au cinquième vendredi consécutif, le mouvement ne risque pas de s’affaiblir. Une source sécuritaire nous a assuré que le nombre de manifestants se compte en centaines de milliers. « On n’est pas loins du million de manifestants à Alger, car les gens sont sortis juste après la pluie ». Hommes, femmes, vieux ou jeunes, les algériens ont démontré une fois de plus que le mouvement populaire est encore en bonne santé, malgré « les tentatives des gens du cachir (Pro Bouteflika Ndlr) qui essayent à tout prix de salir l’image » explique un manifestant.

À 15 heures, il est pratiquement impossible de se déplacer dans le centre de la capitale, même à pied. Pour traverser la place Audin, une équipe de télévision de le télévision française a mis au moins 30 minutes.

Au marché Closel, des cafés et quelques restaurants sont restés ouverts afin de permettre aux manifestants de reprendre leurs forces. Certains jeunes profitent aussi de cette « occasion » afin de mettre sur pied « un petit commerce ». Sur des tables, ils mettent en ventre des masques, drapeaux et châles aux couleurs de l’emblème national. « Les gens cherchent chaque vendredi ou acheter des drapeaux et des châles. C’est pour ça que nous avons ramener ça. ça rend service et ça nous permet de gagner un peu d’argent » nous déclare un des vendeurs.

manoeuvre

Le pouvoir politique qui est encore entrain de manoeuvrer afin de déminer le mouvement populaire ne semble pas aboutir dans sa démarche malgré les propositions qu’il a fait. Après cinq imposantes manifestations dans le pays, les manifestants innovent dans la conceptions de visuels et de slogans hostiles au système en place.

Après une autre  manifestation dans tout le territoire national, les décideurs feront-ils une autre offre? En tous cas, malgré les quelques échauffourées rapidement maitrisés au Boulevard Mohamed 5, la caractère pacifique de la manifestation ne peut pas être remis en question.

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