Connect with us

Accueil

«Main tendue» de Tebboune: Rahabi suggère des «mesures de confiance»

Published

on

La démarche de «rassemblement» préconisée par le pouvoir à travers «une main tendue» du Président Abdelmadjid Tebboune, en direction de la classe et de tous les acteurs politiques, exige la mise en place de certaines «conditions», estime Abdelaziz Rahabi.

L’ancien diplomate a réagit à ce qui semble être une nouvelle initiative des tenants du pouvoir, dans une longue tribune publiée mardi soir, sur sa page facebook. Soulignant que la société dans ses composantes civile et politique «a toujours montré son aptitude au compromis et sa disposition à accompagner tout effort pour sortir du statu quo», Rahabi rappelle toutefois que le pouvoir politique «s’était toujours enfermé dans sa logique de rapports de forces». Cette attitude «a d’ailleurs fragilisé l’Etat», regrette-t-il, avant d’admettre que ce risque «justifie à lui seul, toute initiative de dialogue et de concertation -quelle qu’en soit l’origine- entre le pouvoir Exécutif et les forces politique, sociale et économique».

Le 3 mai dernier, l’APS a publié une dépêche dans laquelle elle qualifiait le chef de l’Etat de «Président rassembleur» dont la main est «tendue» à tous. Il n’y est fait référence à aucun événement. La classe politique n’avait pas saisi les contours de l’initiative. Mais, le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, a appelé, dans une interview accordée à la télévision publique à la veille de la commémoration de la Journée de la Mémoire, 8 mai, la classe politique, «à adhérer à la démarche du Président». 

Pour Rahabi, la question qui se pose de façon récurrente «est celle de savoir comment mettre en place des mesures de confiance de nature à rendre possible et concrète la volonté de rassemblement exprimée dans le discours politique et comment la décliner de façon concrète dans la vie politique quotidienne?». Cette proposition indirecte du chef de l’Etat, «gagnerait à être expliquée pour qu’elle soit comprise et entendue».

Une proposition indirecte qui gagnerait à être expliquée

Sans douter du fond de la démarche, Rahabi estime qu’à ce stade, «il est nécessaire de réunir certaines conditions politiques». «Les plus urgentes sont liées au libre exercice de la politique par les partis, les syndicats, le mouvement associatif et la société civile», suggère-t-il, car «l’on ne peut valablement et sérieusement envisager un intérêt pour le dialogue sans la levée des entraves à l’exercice de l’action politique partisane et les contraintes imposées à l’exercice du droit constitutionnel à une information objective, libre et responsable», soutient l’ancien ministre de la Communication.

D’ores et déjà, Abdelaziz Rahabi voit dans la date du 5 juillet 2022, l’occasion pour le chef de l’Etat, de prouver sa bonne foi, en procédant à la libération des détenus d’opinion et du Hirak. «La prochaine célébration du 60ème anniversaire de l’indépendance peut aussi constituer un rendez-vous avec l’histoire pour parachever la libération de la terre par celle des hommes», pense l’auteur. C’est aussi, «une opportunité pour protéger les libertés individuelles et collectives et se réconcilier avec notre histoire de pays d’hommes libres».

Libération des détenus d’opinion

Un seul homme est à même de marquer cette date: Abdelmadjid Tebboune. «Seul le Président de la République peut décider de cette nouvelle mesure d’élargissement», affirme Rahabi. Malgré qu’en libérant les détenus politiques, Tebboune prendra selon lui «le risque, -tout comme ses prédécesseurs qui ont engagé des réformes politiques audacieuses-, de ne pas être pleinement accompagné par une administration tentaculaire qui a fini par se substituer à l’Etat, se nourrit de ses propres peurs et résiste encore à toute forme de changement pour garder des positions de rente».

Par ailleurs, l’ancien ministre de la Communication a insisté sur la nécessité pour l’Etat de s’engager dans «la promotion de la liberté d’expression», d’autant plus que le pays a besoins de médias «crédibles » pour accompagner un tel projet politique. A ceci s’ajoute «la souveraineté populaire» sur la richesse nationale, à travers le contrôle, comme condition à une adhésion à l’offre de rassemblement.

Pour des médias crédibles   

Plaidant enfin pour «une large concertation» qui associerait acteurs politiques, monde académique et médias, Rahabi conclut que le Président qui, pour lui, incarne constitutionnellement la défense des intérêts diplomatiques de l’Algérie, «dispose à ce titre des pouvoirs et des outils pour agir pour la construction, la préservation et la consolidation d’un consensus national sur les questions de politique étrangère et de défense nationale».

Continue Reading
Advertisement
Comments
INTER-LIGNES

GRATUIT
VOIR