« M. Bouteflika, n’avez-vous pas entendu parler de la jeunesse qui vous fuit? »

Le réveil en Algérie devient, jour après jour, infernale. Le ressentez-vous, citoyen ? Vous aussi, vous trouvez que chaque jour qui nous sépare du fameux jour est difficile à vivre, voire insupportable. Je ressens ce poids sur mes épaules comme une menace de mort collective. Le jour, dont je rêvais devient un enfer que je redoute et qui me chasse, qui arrive vers moi comme une comète ayant déjà une destination et une trajectoire impossible à dévier.

Crédit photo: DR | Abdelaziz Bouteflika, président de la république Algérienne

Le réveil en Algérie devient, jour après jour, infernal. Le ressentez-vous, citoyen ? Vous aussi, vous trouvez que chaque jour qui nous sépare du fameux jour est difficile à vivre, voire insupportable. Je ressens ce poids sur mes épaules comme une menace de mort collective. Le jour, dont je rêvais devient un enfer que je redoute et qui me chasse, qui arrive vers moi comme une comète ayant déjà une destination et une trajectoire impossible à dévier.

Je ne parle pas du jugement dernier que subira l’humanité, mais seulement du 18 avril 2019. Jour des élections, dit-on. Jour du changement, du renouveau, d’un possible espoir, dit-on, aussi.  Oui, on ose alors, une dictature. Non pardon ! Je voulais dire plutôt une candidature à un 5ème mandat, à cinq autres années, après une vingtaine d’autres qui se sont déjà écoulées.

Mensonge ! Mr Bouteflika, que voulez-vous nous apporter de plus, après ce que vous croyez avoir déjà apporté auparavant ? N’avez-vous pas entendu parler de la jeunesse qui vous fuit, comme une « peste », vous et vos collaborateurs zélés ? N’avez-vous pas entendu parler des morts que les vagues de la mer rejettent. N’avez-vous pas entendu le cri de cette jeunesse perdue, qui préfère mourir dans la mer que sur cette terre que vous empestez ?

Vous n’avez pas encore compris que durant toutes ces années vous n’avez fait que tuer cette pauvre Algérie que vous gouvernez sans partage? Non, Mr Bouteflika, vous avez tort ! votre politique a failli, votre santé aussi. Rentrez chez vous pour mourir en paix.

Rentrez chez vous, qu’importe où, au Caire, à Oujda, en France ou à Tlemcen. Qu’importe. Partez seulement ! Rompez avec votre égoïsme, Mr, abandonnez le pouvoir que vous tenez si mal. Abandonnez votre vanité, l’amour du trône et de l’argent. Cédez le passage à d’autres, à un autre qui pourrait, souhaitons-le, mieux guider la barque qui risque de couler. Laissez cette Algérie, qui n’ira que mieux sans vous.

Vingt années d’amertume, de mésaventure, d’angoisse, de stagnation. Je porte la honte de vos erreurs. Le citoyen, que je suis, est devenu la risée du monde. Mon pays est devenu une pièce de théâtre, une raillerie, une tragédie, un mélodrame, oui on en rit et on en pleure. Une fatalité qui nous menace, nous emprisonne et nous achève.

«El IZA et Karama »

Stop ! non à un cinquième mandat. On n’en veut pas. Nos rues sentent le déni, le désespoir et l’amertume. Nos vies ressemblent à celles de ceux déjà enterrés. L’esclavage et la peur nous guettent. La mort rode partout Mr « le président ». Celle que vous repoussez dans les hôpitaux de France, nous guette dans la rue, nous suit même dans nos lits, dans nos maisons.

Votre insécurité Mr, tue partout, dans les écoles sous la menace du fanatisme, dans les rues, dans les mosquées au nom d’un extrémisme que vous avez applaudi au nom d’une réconciliation nationale nourrie depuis des années, et même dans nos foyers ; des jeunes, des familles, à Alger, à Skikda, partout, périssent sous un gaz que votre Algérie d’«El IZA et Karama » n’a pas pu encore sécuriser. Votre Algérie, celle dont vous nous parlez dans des conférences de presses, ou dans les journaux télévisés est virtuelle, inexistante, incohérente et mensongère.

Mr, je vous parle de cette Algérie où je vis. Je vous parle de cette Algérie ou vivent des citoyens déshonorés. Je vous parle de cette Algérie des oligarchiques. Mr, je refuse de vous appeler Président. Vous ne présidez plus personne même plus vous-même, vos doigts, vos yeux, n’en parlant pas de vos jambes, rien en vous, ne vous obéis, comment souhaitez-vous au juste qu’une nation vous suive ? Comment souhaitez-vous guider un peuple vers la réussite alors que votre propre être est en dysfonctionnement ?

Rendez les armes, tous ! Rentrez chez vous ! Avouez-le, vous n’avez rien réussi de promettant. Il n’y a qu’un échec criard. Et au nom du peuple, rendez les armes ; il n’y a plus d’inconscient parmi nous, même les fous, les malentendants, les non-voyants ont fini par voir claire dans votre jeu. Vos fourberies et vos manigances n’ont laissé personne d’inconscient. De grâce, Mr Bouteflika laissez cette Algérie prospérer.

 

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