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Politique

L’ordre des avocats appelle à une marche nationale jeudi prochain à Alger

Dénonçant « les arrestations qui ont visé des manifestants pacifiques » lors de son conseil tenu à son siège sis à la cour suprême à Alger, l’Ordre National des Ordres des Avocats a appelé pour « une marche nationale des avocats pour le 24 octobre à 10 h à Alger ».

Achour Nait Tahar

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Manifestation des avocats à Alger centre le 23 mars 2018
© INTERLIGNES | Manifestation des avocats à Alger centre le 23 mars 2018

L’ordre qui « dénonce toutes les atteintes sur la liberté d’expression, la liberté de manifestation pacifique et la liberté de circulation », réclame toutefois « la libération de tous les détenus d’opinion sans aucun préalable », ces « arrestations sont une violation des droits et libertés constitutionnelles et des conventions internationales que l’Algérie a ratifié » dénonce l’ordre des avocats dans un communiqué parvenu à notre rédaction.

L’ordre qui « dénonce les entraves faite aux avocats dans leur mission de défense des détenus » fait appel « aux juges afin de se conformer aux lois et à leur conscience ».

Et afin de peser face à l’institution et défendre ses droits, l’ordre a constitué une commission « d’encadrement des avocats désignés pour la défenses  des détenus d’opinion composé de Me Brahimi Salah, Me Khatri Salem, Me Medjdouba Abdelaziz et Me Ben Antar Ahmed » annonce l’organisation des ordres des avocats. Cette initiative va appuyer celle lancée par le Comité Nationale pour le Libération des Détenus (CNLD), qui suit de très prêt les arrestations.

L’ordre réclame « le retrait de la loi controversée sur Hydrocarbures et exige de laisser cette décision à un gouvernement légitime pour statuer sur cette loi ».

L’Ordre des avocats n’a pas oublié de « dénoncer toute forme de violence et d’atteinte à la marche des étudiants ».

Politique

Le journaliste Said Boudour placé sous mandat de dépôt

La chambre d’accusations du Tribunal d’Oran vient d’ordonner l’incarcération du journaliste Said Boudour mis en liberté provisoire la semaine dernière par la juge d’instruction du tribunal Cité Djamel à Oran.

Bouzid ICHALALENE

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Le journaliste Said Boudour lors d'un rassemblement à la maison de la presse à Alger

Selon l’avocat Belkacem Nait Salah, « la chambre a ordonné l’incarcération de Said Boudour suite à l’appel fait par le procureur, qui a contesté la décision de sa mise en liberté provisoire par le juge d’instruction du tribunal cité Djamel la semaine dernière » précise l’avocat».

Rappelons le, Said Boudoir a été poursuivie pour « atteinte du moral des troupes, à l’unité nationale et appel à désobéissance civile », « chantage » et « insulte ».

Pour rappel, le bureau de la ligue Algérienne des Droits de L’homme (LADDH) à Oran a dénoncé dans un communiqué rendu public hier « l’harcèlement judiciaire » que subi le journaliste Said Boudour mis en liberté provisoire par le juge d’instruction du tribunal Cité Djamel à Oran le 07 octobre dernier.

Le lanceur d’Alertes Noureddine Tounsi a été lui aussi « mis sous contrôle judiciaire avec le retrait de son passeport » conclut l’avocat.

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Politique

Gaid Salah: « Quiconque ne respecte pas les lois de la République se verra infliger la sanction méritée » (Texte intégral)

Le Général de Corps d’Armée, accompagné du Général-Major Mohamed Larbi Haouli, Commandant des Forces Navales, s’est réuni avec les cadres et les personnels des Forces Navales, où il a prononcé une allocution d’orientation diffusée à l’ensemble des unités des Forces Navales, et à travers laquelle il a souligné que la locomotive de l’Algérie est bel et bien sur la bonne voie, orientée vers la bonne destination tel que voulu par les valeureux enfants de la patrie, grâce à la fédération des efforts et la confiance réciproque entre le peuple et son armée, rappelant que l’Armée Nationale Populaire continue, comme l’a toujours fait, à honorer les engagements qu’elle a tenus devant Allah, la patrie et l’histoire :

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«Aujourd’hui, nous pouvons dire, et nous en sommes entièrement convaincus, que la locomotive de l’Algérie est bel et bien sur la bonne voie, orientée vers la bonne destination tel que voulu par les valeureux enfants de la patrie, grâce à la fédération des efforts et la confiance réciproque entre le peuple et son armée, qui était son protecteur contre les nuisances de la bande et de ses relais, ainsi que grâce aux décisions courageuses prises par le Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire depuis le début de la crise, et qui ont prouvé leur justesse et leur crédibilité au fil des jours, car elles s’inscrivent toutes dans l’intérêt du peuple et de la patrie.

Dans ce contexte, il y a lieu de mettre en exergue les efforts soutenus et dévoués que l’Armée Nationale Populaire a consentis afin d’instaurer un climat de confiance et de quiétude, permettant de franchir de nombreuses étapes aux objectifs complémentaires, notamment suite à la tenue du Conseil des Ministres en date du 09 septembre 2019, sous la présidence du Chef de l’Etat, M. Abdelkader Bensalah, durant lequel plusieurs démarches, empreintes de sincérité et de bonne foi ont a été concrétisées, à travers l’amendement de la loi électorale et son adaptation de manière à répondre aux préoccupations et aux attentes des Algériens, et à satisfaire également les revendications pressantes du peuple, suivi de la mise en place de l’Autorité nationale indépendante des élections qui constitue, au regard des larges prérogatives qui lui ont été attribuées, la clé de la réussite de cette échéance présidentielle attendue et cruciale.

Pour ce faire, cette Autorité nationale indépendante a trouvé toute l’aide et le soutien auprès des différentes institutions de l’Etat, qui lui ont fourni tous les moyens et capacités et prodigué toute forme de facilitation, afin qu’elle s’acquitte de ses nobles missions et de son devoir national avec facilité et aisance.

C’est dans le prolongement des mêmes efforts et démarches, que s’inscrit la tenue du Conseil des Ministres en date du 13 octobre en cours, pour l’approbation de projets de lois importants, à l’instar des lois des finances et des hydrocarbures, qui constituent une véritable plus-value à même de relancer l’économie nationale et donner un nouveau souffle à l’investissement dans les différents secteurs économiques stratégiques.

Il a été également procédé à l’approbation du projet de loi complétant l’Ordonnance n°06-02 du 28 février 2006 portant statut général des personnels militaires, où il a été promulgué des dispositions restreignant le droit des militaires, admis à cesser définitivement leur service et versés dans la réserve, aux fins de ne pas exercer une activité politique partisane ou se porter candidat à une fonction élective publique, pour une période de cinq (05) années.

Cette disposition est justifiée par plusieurs motifs, entre autres, le fait que l’exercice d’une activité politique partisane ou la candidature à une fonction élective publique requiert nécessairement la tenue de déclarations et de débats qui peuvent mener à l’infraction du devoir de retenue et de réserve tel que stipulé par la Loi, ainsi que de l’obligation de préserver les secrets dont le candidat a pris connaissance dans le cadre ou à l’occasion de l’exécution de ses activités au sein de l’institution militaire».

Monsieur le Général de Corps d’Armée a affirmé que l’Armée Nationale Populaire demeure celle qui veille jour et nuit, et qui observe et scrute la voie qui mènera l’Algérie vers la destination voulue par le peuple, grâce à l’ensemble des mesures sécuritaires complémentaires à travers lesquelles il sera permis à personne de faire dévier le pays de cette voie tracée qui concrétise la démarche de l’Algérie et de son peuple:

«Je tiens également à rappeler que l’Armée Nationale Populaire continue, comme l’a toujours fait, d’honorer les engagements qu’elle a tenus devant Allah, la patrie et l’histoire, à travers son Haut Commandement, pour accompagner en permanence le peuple algérien, ainsi que tous les efforts consentis avec sincérité afin de faire sortir l’Algérie de sa crise et sécuriser de manière totale et globale toutes les étapes du processus électoral à travers tout le pays.

En effet, le Haut Commandement, qui a veillé et veille toujours vigoureusement à poursuivre les grandes missions assignées à l’Armée Nationale Populaire en toutes circonstances, accorde une grande importance à l’immense responsabilité qui incombe à nos Forces Armées, et rappelle encore une fois que l’Armée Nationale Populaire demeure celle qui veille jour et nuit, et qui observe et scrute la voie qui mènera l’Algérie vers la destination voulue par le peuple algérien. Ce sera une voie sûre, grâce à Allah Le Tout-Puissant, et à l’ensemble des mesures sécuritaires, multiples et complémentaires, à travers lesquelles nous ne permettrons à personne de faire dévier le pays de cette voie tracée qui concrétise la démarche de l’Algérie et de son peuple».

Monsieur le Général de Corps d’Armée a présenté, au peuple algérien, ses plus profondes marques de remerciements, de considération et de reconnaissance pour son sens patriotique élevé, qui s’est traduit par son affluence, en toute conviction et conscience, aux bureaux d’inscription, mettant en garde, en même temps, la bande et quiconque possède des liens organiques, partisans ou d’intérêt avec elle, que quiconque ne respecte pas les lois de la République se verra infliger la sanction méritée, et que la vague déferlante du peuple algérien engloutira tous ceux qui veulent s’accaparer la scène nationale et s’ériger en tuteur du peuple par le mensonge et la calomnie:

«Au moment où nous nous approchons de plus en plus des élections présidentielles, nous tenons à exprimer au peuple algérien, fier et conscient, les plus profondes marques de remerciements, de considération et de reconnaissance pour son sens patriotique élevé, qui s’est traduit par son affluence, en toute conviction et conscience, aux bureaux d’inscription, ce qui a permis la réussite de l’opération d’assainissement et de révision des listes électorales à travers toutes les communes du pays, et ce en totale adéquation avec les revendications populaires. Aussi, nous mettant en garde, encore une fois, cette bande et quiconque possède des liens organiques, partisans ou d’intérêt avec elle, ou encore toute autre forme de collaboration contre le peuple et la patrie, et nous rappelons que la justice a repris, grâce à Allah, la place qui lui sied après avoir récupéré toutes ses prérogatives et s’acquitte de ses missions avec sérieux et de manière normale, à l’instar de toutes les institutions de l’Etat. Quiconque ne respecte pas les lois de la République se verra infliger la sanction méritée. La loi sera appliquée avec toute la rigueur requise à l’encontre de toute personne qui tente d’entraver ce processus électoral décisif, ou d’influencer, désespérément, la conscience du peuple algérien et son empressement à participer massivement et avec détermination, aux prochaines présidentielles. Le peuple, conscient de tous les dangers qui guettent l’Algérie, estime, à juste titre, que le salut du pays passe par ses fidèles enfants, et ne permettra pas à cette minorité dépourvue de patriotisme, de faire usage de mensonge et de désinformation et de déformer la vérité, en croyant que cela lui permettra encore une fois de tromper tout le monde. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle ne trompe qu’elle-même. Le peuple algérien, conscient et dévoué, a infligé à cette bande la plus sévère des sanctions en l’écartant et en la rejetant.

Cette minorité qui souffre intellectuellement et idéologiquement a été démasquée, quand la bande est tombée dans l’écueil de ses actes, de ses comportements sinistres et de ses pratiques traitres, contre le peuple et la patrie. Ses inféodés tomberont les uns après les autres au fil des jours, car un traitre sera démasqué par ses agissements un jour ou l’autre. C’est un atout devenu aujourd’hui l’indicateur juste qui permet au peuple algérien de soupeser les discours de certaines parties. Désormais la désinformation n’est plus tolérée et la vague déferlante du peuple algérien engloutira, avec l’aide d’Allah, tous ceux qui veulent s’accaparer la scène nationale et s’ériger en tuteur du peuple, par le mensonge et la calomnie.

Ils ont dévié du droit chemin, car cette fois ils sont face à des hommes qui ont foi en les principes et les valeurs de Novembre, Novembre de la détermination, de la résolution et du triomphe. Ils ont essuyé un échec cuisant en tentant de manipuler le peuple algérien et de le dévier de sa ligne nationale sincère. Ils ignorent que celui qui s’en remet à Allah en toute sincérité et qui fait du peuple algérien son unique enjeu, ne se verra jamais déçu dans sa démarche, car c’est la volonté d’Allah pour sa création».

Pour conclure, Monsieur le Général de Corps d’Armée a tenu à exhorter la jeunesse à emprunter la même voie que leurs ancêtres durant la glorieuse Révolution de Libération pour mener l’Algérie à bon port, et ce, à travers une affluence massive aux urnes le 12 décembre prochain. Il les a également prévenus de la présence de certaines parties insidieuses qui s’efforcent de surfer sur la vague de ces manifestations et consacrent l’argent sale afin d’amplifier le nombre de ces manifestations, en ramenant les citoyens des autres wilayas en dehors de la capitale :

«Je veille toujours à dire avec une immense fierté, lors de mes interventions, que l’Armée Nationale Populaire mérite amplement d’être la digne héritière de l’Armée de Libération Nationale et s’enorgueillit d’être issue de ce peuple authentique qui s’est toujours caractérisé par la conscience, la maturité et la rationalité lorsqu’il s’agit du destin de l’Algérie.

A la lumière de tout cela, j’accorde aujourd’hui et toujours, à cette jeunesse consciente toute l’attention, car elle la mérite. En effet, la Révolution de Libération s’est déclenchée, s’est poursuivie et a triomphé grâce aux efforts de la jeunesse et de la force de sa volonté et de sa détermination à atteindre les objectifs escomptés. L’Algérie qui a triomphé hier grâce à la conscience de sa jeunesse et de sa forte détermination, a aujourd’hui besoin de tous ses jeunes enfants conscients de la gravité des défis auxquels est confronté leur pays. Nous sommes pleinement convaincus que notre jeunesse aujourd’hui empruntera la même voie que ses ancêtres et mènera l’Algérie à bon port. Il est certain que l’affluence aux bureaux d’inscription sur les listes électorales est un présage prometteur que l’affluence aux urnes le 12 décembre prochain sera dense. Et comme les vaillants ancêtres ont porté le fusil hier pour effacer les traces de l’abject colonialisme français, nos jeunes devront aujourd’hui affluer vers les urnes pour voter, et infliger ainsi une gifle douloureuse à la bande et effacer ses traces dans tous les domaines.

Nous avons plus d’une fois averti cette bande contre laquelle les mesures requises ont été prises et dont la justice a pris en charge les affaires de certains de ses membres en vertu de la loi, et il est certain que le tour des autres éléments de cette bande viendra ultérieurement. Grâce à la volonté d’acier qui nous anime et anime tous les fidèles enfants de l’Algérie, nous préserverons la patrie de tout mal et nous poursuivrons, grâce à Allah Le Tout-Puissant, le combat contre cette bande jusqu’à son élimination totale, voire son éradication définitive et irréversible, afin de libérer l’Algérie des nuisances de ce groupuscule traitre et renégat.

Dans ce contexte précisément, je tiens en cette occasion, à prévenir nos concitoyens qui font des marches pacifiques, de la présence de certaines parties insidieuses qui s’efforcent de surfer sur la vague de ces manifestations et que des entités inconnues ayant des objectifs malveillants consacrent de l’argent sale afin d’amplifier le nombre de ces manifestations, en ramenant les citoyens des autres wilayas en dehors de la capitale. Que ces personnes ne croient pas que nous ignorons leurs méthodes malveillantes et leurs dangereux comportements. Aussi, quiconque tente de créer la confusion et impacter le déroulement normal de la vie quotidienne des citoyens à travers des comportements et des attitudes abjectes, doit savoir qu’il sera poursuivi selon les voies légales, que tous ses plans seront avortés, grâce à la conscience du peuple algérien et sa capacité à déceler ces pratiques. Il doit également savoir que la citadelle de l’Algérie est imprenable, que les liens du peuple sont solides et homogènes et sa perception suffisamment forte pour que quiconque tente d’empêcher l’Algérie de poursuivre en toute sécurité son chemin avec confiance et constance».

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Politique

Des personnalités nationales appellent le pouvoir à faire « avec sagesse », une nouvelle lecture de la réalité (texte intégral)

Plusieurs personnalités nationales dont Ahmed Taleb  El Ibrahimi, Me Ali Yahia Abdenour, Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi, Nacer Djabi, et Me Abdelghani Badi, ont rendu publique une déclaration dans laquelle elles appellent le pouvoir à faire « avec sagesse », une nouvelle « lecture de la réalité » et de ne pas s’aventurer dans une échéance présidentielle « sans consensus national préalable ».

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Déclaration sur la situation politique actuelle (texte intégral)

Le blocage politique actuel dans lequel se retrouve le pays n’est autre que la conséquence des méthodes d’un pouvoir personnel qui a toujours compté sur la fraude dans toutes les consultations populaires pour proclamer des résultats programmés à l’avance. Malgré cela, ces méthodes n’ont pas réussi à cacher la défiance du peuple et sa perte de confiance dans la capacité de ses gouvernants à changer la réalité. Bien au contraire, celle-ci s’aggravait encore davantage après chaque parodie électorale. Aujourd’hui, force est de constater que parmi les résultats les plus manifestes de cette confiscation de la volonté populaire, le renforcement de la mainmise du pouvoir sur la vie politique, et sa persistance à vider les institutions nationales de leurs fonctions vitales, y compris celle du contrôle, et à écarter le peuple de l’exercice de sa mission principale qui est d’assurer la légitimité du pouvoir et de préserver la souveraineté nationale sacrée.

La poursuite de la mobilisation populaire et sa détermination à satisfaire ses revendications légitimes pour l’instauration de la souveraineté du peuple sur l’Etat et ses institutions indiquent clairement que le processus enclenché le 22 février ne s’est pas seulement limité à l’empêchement du 5ème mandat, mais il s’est étendu au rejet des pratiques ayant conduit le pays à la situation que nous vivons. Cette détermination exprime aussi l’aspiration à l’ouverture d’une ère nouvelle qui verra la mise en place d’un état de droit selon les critères contenus dans la Proclamation du 1er novembre 1954. Durant les huit mois de son existence, ce mouvement populaire est resté dans cette voie, sans reculer ou faiblir, ne faisant cas au passage, ni de ceux qui sèment le doute dans sa capacité, ni de ceux, dans ses rangs, qui changent de chemin en cours de route, ni enfin de ceux qui tentent de l’instrumentaliser, de le démobiliser ou de parier sur son essoufflement.

De nombreuses initiatives ont été lancées sous différentes formes, émanant de partis politiques, de personnalités nationales, d’associations, et de forums. Toutes ces initiatives ont été ignorées par les autorités. Le système politique a répondu Harak conformément à ses anciennes pratiques, pensant à tort qu’il ne s’agissait là que d’un évènement conjoncturel. C’est pourquoi, il s’est contenté d’orienter les regards vers la lutte contre la corruption pour atténuer la colère populaire. Il est clair que la lutte contre ce fléau, quand bien même elle est capitale, nécessite d’abord la lutte contre l’autoritarisme politique à travers l’instauration d’un système démocratique basé sur l’alternance au pouvoir, la séparation des pouvoirs, le respect de l’indépendance de la justice, des droits de l’homme, des libertés individuelles et collectives et de la justice sociale.

Il n’est nullement de la responsabilité du Harak populaire de fournir des solutions politiques toutes prêtes pour une transition d’une période qui a trop duré à une ère dont l’avènement s’annonce difficile. Sa tâche principale consiste plutôt à modifier l’équilibre des rapports de force sur le terrain, pour permettre aux élites nationales, toutes spécifités confondues, d’élaborer une vision nouvelle complète d’un nouveau système de gouvernance qui repose sur le respect de la souveraineté du peuple à choisir ses représentants pour conduire les affaires de l’Etat et de la société.

Par cette vision objective, la majorité du peuple ne rejette pas de façon absolue les élections présidentielles car sa position s’érige sur de fortes convictions qu’elle partage, d’ailleurs, avec ceux qui se sont montrés au départ enthousiastes. Les uns et les autres ont évalué à sa juste mesure, la réalité du pouvoir. Celui-ci conserve encore sans partage, l’exclusivité de la gestion de la chose politique qui comporte dans son essence une mentalité tutélaire en opposition totale avec la constitution dans la définition même du concept de la souveraineté populaire. Et pour cause. La constitution est devenue par la force des choses le jeu préféré du pouvoir auquel il recourt, tantôt en procédant à l’interprétation restrictive de ses dispositions pour rejeter toute thèse qui prône un véritable changement, tantôt en se permettant une large interprétation de ses dispositions en fonction de ses exigences et besoins. Ainsi, cette loi fondamentale n’est-elle plus un terrain d’entente et un toit protecteur pour toute la société. Rien d’étonnant dès lors qu’elle devienne un simple moyen entre les mains des détenteurs du pouvoir, et un instrument pour freiner toute dynamique de changement pacifique.

Le pouvoir n’a trouvé d’autre issue à sa crise chronique que de tenter, au nom la légitimité constitutionnelle, un passage en force vers des élections, et de persister en imposant sa main de fer pour consolider sa tutelle permanente sur le peuple. C’est par cette démarche qu’a été mise en place la « commission nationale » du dialogue pour appliquer une feuille de route sans dialogue réel et sérieux. Aujourd’hui, le résultat est là: la création de l’Autorité nationale indépendante des élections s’est faite sans accord consensuel avec les acteurs politiques et les élites sociales. Ce faisant, le nouveau-né a perdu toute indépendance rien que par la désignation publique scandaleuse de ses membres Il aurait été plus juste de lui attribuer la prérogative de la convocation du corps électoral si elle était effectivement consensuelle et indépendante.

En dépit de toutes ces données qui dénotent clairement une volonté politique de répondre sélectivement aux revendications légitimes du Harak, nous continuerons d’espérer en la possibilité de parvenir à la solution de la crise politique actuelle. D’où notre appel à la poursuite du Harak, tout en saluant le degré élevé de conscience des manifestants pour leur pacifisme qui, par sa qualité d’acquis civilisationnel, soulève l’admiration de par le monde. En contrepartie, le pouvoir doit prendre les mesure d’apaisement suivantes pour réunir les conditions nécessaires au déroulement libre et transparent du prochain scrutin :

  • satisfaction des revendications relatives au départ des symboles restant du pouvoir déchu, et démantèlement des réseaux de la corruption sous toutes ses formes.
  • libération immédiate et sans condition des détenus d’opinion: jeunes et moins jeunes, étudiants et activistes du Harak,
  • respect du droit constitutionnel de manifester pacifiquement, levée de toute entrave à l’action politique, et à la liberté d’expression dans tous les média, notamment l’espace audiovisuel public et privé
  • levée des entraves aux marches populaires pacifiques et à l’accès à la capitale.
  • cessation des poursuites et des arrestations illégales d’activistes politiques.
  • invitation à un dialogue sérieux et responsable de toutes les parties favorables à ces revendications.

Autant nous insistons sur ces mesures préalables pour ouvrir la voie à une solution politique durable, autant nous invitons toutes les tendances du Harak à plus de retenue et de vigilance afin d’éviter tout slogan attentatoire aux personnes et aux institutions, et d’exclure tout ce qui constitue une source de fitna ou de haine préjudiciables à l’unité nationale.

Nous ne pouvons concevoir la prochaine échéance présidentielle que comme le couronnement d’un dialogue aboutissant à un consensus. Notre pays a en effet besoin de l’apport de tous ses enfants pour élaborer une vision commune dont l’objet ne sera nullement de reconduire le régime actuel même sous un habillage nouveau, mais d’être le point de départ d’une vie politique nouvelle dans le cadre d’une unité nationale renforcée par sa diversité politique et culturelle, et qui dissipe toute crainte de l’institution militaire d’une autorité civile constitutionnelle. Il est certain qu’une entente de cette importance, et un consensus de ce niveau épargneront au pays les risques de l’enlisement, et lui permettront de faire solidairement un saut qualitatif et non en rangs dispersés. Autrement dit, s’aventurer à organiser des élections présidentielles comme annoncées, sans consensus national préalable, attisera le mécontentement populaire et aggravera la crise de légitimité du pouvoir. Bien plus, cette décision pourrait servir de prétexte aux immixtions étrangères que nous refusons avec force dans tous les cas et sous n’importe quelle forme. Il est donc inconcevable d’envisager la tenue d’élections libres et transparentes dans de pareilles circonstances. Par conséquent, nous invitons le pouvoir de fait à procéder avec sagesse et objectivité, à une nouvelle lecture de la réalité afin de ne pas contrecarrer les revendications légitimes du peuple en faveur d’un changement pacifique des mécanismes et des pratiques de gouvernance, et pour ne pas frustrer les générations de l’indépendance emplies de patriotisme, de l’exercice de leur droit à l’édification d’un Etat moderne dans l’esprit rassembleur du 1er novembre. C’est précisément cet esprit qui nous anime toujours, à la veille de la célébration de l’anniversaire de notre glorieuse Révolution dont les valeurs de militantisme, d’abnégation et de rassemblement doivent nous guider pour rester fidèles au message de nos valeureux martyrs.
Alger, le 15 octobre 2019

Les signataires:
1- Ahmed TALEB-IBRAHIMI

2- Abdenour ALI-YAHIA

3- Ahmed BENBITOUR

4- Ali BENMOHAMED

5- Abelaziz RAHABI

6- Noureddine BENISAAD (LADDH)

7- Sadek DZIRI (syndicat national du personnel de l’éducation et de la formation UNPEF)

8- Dr.Iliès MRABET (syndicat national des praticiens de la santé publique(SNPSP)

9- Dr Arezki FERRAD (historien)

10- Cheikh Hédi HASSANI (asso. Des Ouléma)

11- Dr Nacer DJABI (sociologue)

12- Louisa AIT-HAMADOUCHE (prof. à l’univ. d’Alger)

13- Dr Farida BENFARRAG (prof. univ. Batna)

14- Abdelghani BADI (Avocat, Alger)

15- Dr El-hadj Moussa BEN AMOR ( prof. univ.Alger)

16- Nacer YAHIA (avocat Oran) –

17- Dr Seif el islam BENATTIA (maitre assistant, univ. Alger)

18- Dr Mouslem BABAARBI (prof. univ. Ouargla)

19- Hachem Saci avocat

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