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LIBERTE, une semaine pour les adieux

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Encore une semaine et le journal Liberté disparaitra du paysage médiatique algérien. Le quotidien sera encore étalé dans les kiosques du samedi 9 au jeudi 14 avril. Les actionnaires de la société éditrice ont acté mercredi la liquidation du journal.

Après avoir accompagné le lectorat algérien, en particulier francophone, pendant 30 longues années, Liberté ne sera plus qu’une histoire à raconter. Devant ses journalistes, mais aussi ses correcteurs, techniciens et totes celles et tous ceux qui travaillent pour offrir la meilleure édition du jour possible, une semaine pour faire leurs adieux. De quoi serra-t-elle faite ?

Dans son numéro de ce jeudi, sous le titre de une «L’ultime semaine», ont peut lire que «les journalistes et autres employés qui, au fil des années et des éditions, ont noué un lien affectif avec ce qui est devenu leur maison, vivent cette semaine dans la douleur».

L’article en question est construit sous forme d’hommages à celles et ceux dont le lecteur ne connait pas les visages. Avant de conclure par une note plutôt pessimiste sur les conséquences de cette mise à mort. «Ceux qui pensent que nous sommes un journal qui dérange et qui mérite sa mort peuvent nous supporter encore une petite semaine. Ils pourront ensuite “dormir” tranquilles. Mais, qu’ils sachent que l’Algérie ne peut se réjouir d’une telle fin. Parce qu’elle sait que la mort d’un journal est souvent suivie de la naissance d’un démon».

Encore six éditions pour dire et écrire tout ce que la société perdra avec la disparition de Liberté. Six éditions pour alerter sur le vide que laissera Liberté pour la presse nationale. Six éditions pour dire et écrire les tares d’un capitaine d’industrie à enterrer d’un revers de la main ce que des femmes et des hommes ont construit durant trois décennies au prix de sang, de pressions, de menaces, de suspensions et d’emprisonnements. Six éditions pour dire et écrire l’idéal pour lequel Liberté s’est battu et se bat toujours. Six éditions pour dire et écrire ce que la démocratie, très jeune soit-elle en Algéie, aura à perdre avec la mort de Liberté…

D’ailleurs, dans l’édito d’aujourd’hui, le journaliste met en garde contre ce vide. «La dissolution anticipée de Liberté dépasse tout entendement et nous rappelle, si besoin est, le manque de discernement et de sagesse quant aux conséquences post-traumatiques que cela pourrait provoquer, à long terme, sur la scène médiatique et que, pour le moment, la main qui a signé son acte de décès ne mesure pas».

Pour sa part, l’ecrivain Kamel Daoud, dans sa tribune hebdomadaire ‘’L’Autre Algérie’’, attire l’attention sur ce qu’est un journal. Sur ce qu’est Liberté. «Ce n’est peut-être pas l’heure de dire tout cela, mais l’heure n’est jamais heureuse pour aucune vérité dure. Liberté ce n’est pas seulement un journal, c’est aussi une manière d’écrire, de penser, de modérer, de donner voix, de faire barrage à la radicalité et aux “séparatismes”, aux délires et hystérie de castes et de régions, au faux militantisme pour la liberté, etc.» C’est dire du trou que la disparition du journal laissera sur divers plans.

Les journalistes de Liberté continueront, sans doute, à rejoindre La Rédaction chaque matin jusqu’à mercredi prochain. Du moins pour confectionner l’édition du lendemain. Ses fidèles lecteurs, eux, continueront à l’acheter pour lire les derniers articles de presse dans le style Liberté et, eventuellement sauvegarder l’un des derniers exemplaires d’un journal qui, dans quelques années, sera une histoire à raconter. Issad Rebrab, lui, (voire même ses héritiers), s’attèlera à finaliser toutes les procédures administratives liées à cette liquidation radicale.

Pour les journalistes et les lecteurs de Liberté, ce sera coutre semaine. Pour son propriétaire, ce sera une longue et épuisante semaine. Mais, dans tous les cas, ce sera une semaine pour dire adieu Liberté !

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